Corps purs et mélanges d'espèces chimiques
Espèces chimiques · Propriétés physiques · Solutions aqueuses · Dosages
I — Corps purs et mélanges au quotidien
1) Notion d'espèce chimique
Exemples :
- H₂O est la formule brute de l'eau
- Fe est la formule brute du fer
i) Définition
Exemples :
- à l'état solide : l'or (Au), le chlorure de sodium (NaCl)
- à l'état liquide : l'eau (H₂O), l'acétone (C₃H₆O)
- à l'état gazeux : l'hélium (He), le dioxygène (O₂)
ii) Corps purs simples et corps purs composés
• Lorsque les atomes formant un corps pur sont différents, c'est un corps pur composé (eau H₂O, dioxyde de carbone CO₂…)
iii) Récapitulatif
i) Définition
%m(A) = m(A) / m × 100
Exemples :
- Une poêle en fonte de masse m = 3,6 kg pour la cuisine contient une masse de fer m(Fe) = 3,42 kg.
%m(Fe) = 3,42 / 3,6 × 100 = 95 % - Le pourcentage massique de cuivre dans une pièce de 10 centimes d'euro de masse m = 4,14 g est de 89 %.
m(Cu) = 89/100 × 4,14 = 3,68 g
%V(A) = V(A) / V × 100
Exemples :
- Le volume d'acide éthanoïque dans 200 mL de vinaigre blanc est V(A) = 16 mL.
%V(A) = 16/200 × 100 = 8 % - Le pourcentage volumique de O₂ dans un ballon de football rempli d'air de V = 5,58 L est de 20 %.
V(O₂) = 20/100 × 5,58 = 1,12 L
ii) Mélanges homogènes
Remarque :
• Mélange homogène avec des gaz/solides → on dit qu'ils sont solubles dans le solvant
• Mélange homogène avec des liquides → on dit qu'ils sont miscibles entre eux
iii) Mélanges hétérogènes
Remarque :
• Mélange hétérogène avec gaz/solides → ils sont insolubles dans le solvant
• Mélange hétérogène avec liquides → ils sont non miscibles entre eux
iv) Récapitulatif
• Un mélange est hétérogène lorsqu'on peut en distinguer à l'œil nu les constituants
• Dès qu'un mélange contient de l'eau, on parle de mélange aqueux
• La composition d'un mélange est donnée par le pourcentage massique ou volumique de chaque espèce
2) Propriétés physiques des espèces chimiques
i) Masse volumique
ρ = m / V
Unité légale : kg·m⁻³. Autres unités usuelles : g·L⁻¹ ou g·mL⁻¹.
Quelques valeurs de masse volumique :
| Corps pur | État | ρ (g·mL⁻¹) | ρ (kg·m⁻³) |
|---|---|---|---|
| Air | gaz | 0,0013 | 1,3 |
| Hélium | gaz | 0,00017 | 0,17 |
| Eau | liquide | 1,0 | 1 000 |
| Eau (glace) | solide | 0,92 | 920 |
| Fer | solide | 7,9 | 7 900 |
| Aluminium | solide | 2,7 | 2 700 |
| Polystyrène | solide | 0,015 | 15 |
| Béton | solide | 2,5 | 2 500 |
ii) Densité
d = ρcorps / ρeau
La densité est sans unité. Elle est d'autant plus grande que la masse volumique du corps est importante.
Exemple 1 : ρeau = 1 g·mL⁻¹. Si ρfer = 7,9 g·mL⁻¹, alors dfer = 7,9 / 1 = 7,9.
Exemple 2 : à 25 °C, l'éthanol a une densité d = 0,780. À la même température, ρeau = 1,00 g·mL⁻¹. On en déduit :
ρéthanol = d × ρeau = 0,780 × 1,00 = 0,780 g·mL⁻¹
d = ρcorps / ρair
Exemple 3 : ρair = 1,3 g·L⁻¹. Si ρhélium = 0,17 g·L⁻¹, alors dhélium = 0,17 / 1,3 = 0,13.
Exemple 4 : le diazote a une densité d = 0,97 par rapport à l'air. On détermine :
ρdiazote = 0,97 × 1,3 = 1,26 g·L⁻¹
À pression donnée, la température de changement d'état entre deux états physiques donnés est identique pour les deux transformations réciproques.
• Température d'ébullition Téb — passage liquide → gazeux
Quelques exemples :
| Espèce chimique | Tfus (°C) | Téb (°C) |
|---|---|---|
| Eau | 0 | 100 |
| Acétone | −95 | 56 |
| Menthol | 38 | 234 |
| Fer | 1 535 | 2 750 |
| Plomb | 328 | 1 740 |
| Mercure | −39 | 357 |
Exemples :
- Solubilité du jaune de tartrazine (colorant alimentaire dans le sirop de menthe) : 0,11 g·L⁻¹ dans l'eau, 10× moins dans l'éthanol
- Solubilité du diiode dans le cyclohexane : 28 g·L⁻¹ à 25 °C, plus du double à 50 °C
Une espèce chimique dont la solubilité est presque nulle est qualifiée de non soluble dans ce solvant.
• sa masse volumique ρ (en g·L⁻¹) ou sa densité d (sans unité)
• sa température de fusion Tfus ou d'ébullition Téb
• sa solubilité
3) Identification des espèces chimiques
Exemple 1 — Test à l'eau : le sulfate de cuivre anhydre est blanc, mais au contact de l'eau, il devient bleu.
Exemple 2 — Tests d'identification d'ions : formation de précipités caractéristiques (vidéo en Ressources).
Exemple 3 — Tests d'identification des gaz :
| Gaz | Test | Test positif |
|---|---|---|
| Dihydrogène H₂ | Allumette enflammée | Détonation (« pop ») |
| Dioxygène O₂ | Bûchette incandescente | Ravive l'incandescence |
| Dioxyde de carbone CO₂ | Eau de chaux | Précipité blanc |
En revanche, elle varie lors du changement d'état d'un mélange : aucun palier ne peut être observé.
Exemple — eau pure vs eau salée : au chauffage, l'eau pure bout à 100 °C (palier), tandis qu'une eau salée a une température d'ébullition qui varie continûment.
i) Étapes d'une CCM
• un support = phase fixe (plaque d'aluminium recouverte de silice)
• un éluant = phase mobile (un solvant ou mélange de solvants)
Une ou plusieurs gouttes des substances à analyser sont placées sur la ligne de dépôt. La plaque est plongée dans l'éluant : c'est l'élution.
Étapes :
- Préparation — On dépose la substance à analyser à environ 1 cm du bord de la plaque
- Élution — La plaque est déposée dans la cuve à chromatographie. L'éluant monte par capillarité jusqu'au sommet
- Exploitation — On compare les hauteurs des taches obtenues
Remarque 2 : si les espèces sont colorées, on observe directement des taches. Sinon, il faut révéler (lampe UV ou réactif coloré).
Remarque 3 : il existe d'autres types de chromatographie (sur colonne, en phase gazeuse).
• On peut aussi mesurer une température de changement d'état et la comparer à une valeur de référence — un corps pur produit un palier, un mélange non
• La CCM permet de séparer et identifier les constituants d'un mélange homogène
II — Les solutions aqueuses, un exemple de mélange
1) Les solutions
i) Solution, soluté et solvant
Exemple : pour préparer une solution aqueuse de glucose, on utilise le glucose comme soluté (espèce dissoute) et l'eau comme solvant (espèce majoritaire).
ii) Dissolution d'une espèce moléculaire ou ionique
Espèce ionique : le chlorure de sodium NaCl(s), dissous, est présent sous forme d'ions chlorure Cl⁻(aq) et d'ions sodium Na⁺(aq).
iii) Solution saturée
Exemple : on ne peut pas dissoudre plus de 350 g de chlorure de sodium pour obtenir 1 L de solution à 25 °C.
Exemple : une ampoule de sérum physiologique contient une solution aqueuse de chlorure de sodium à 9,0 g·L⁻¹. Cela signifie que 9,0 g de NaCl sont dissous dans 1 L de solvant.
Cm = m / V
• m : masse de soluté (g)
• V : volume de solution (L)
• Cm : concentration massique (g·L⁻¹)
i) Par dissolution d'un solide
mS = Cm,S × Vsol
Exemple : on veut V = 100 mL d'eau sucrée à Cm = 5,5 × 10⁻¹ g·L⁻¹.
m = Cm × V = 5,5 × 10⁻¹ × 0,1 = 5,5 × 10⁻² g
ii) Par dilution d'une solution mère
• Solution mère S₁ : concentration Cm,1, volume V₁
• Solution fille S₂ : concentration Cm,2, volume V₂
m₁ = m₂ ⟺ Cm,1 × V₁ = Cm,2 × V₂
Facteur de dilution F = Cm,1 / Cm,2 = V₂ / V₁
Volume d'eau à ajouter : Veau = V₂ − V₁ = F × V₁ − V₁
Exemple : on veut diluer au cinquième une solution mère de Cm,1 = 2,0 × 10⁻² g·L⁻¹ à partir de V₁ = 10 mL.
• Cm,2 = 2,0 × 10⁻² / 5 = 0,4 × 10⁻² g·L⁻¹
• Veau = 5 × 10 − 10 = 40 mL
• Les espèces dissoutes sont les solutés, le liquide majoritaire est le solvant
• Une solution est saturée quand le solvant a dissous la quantité maximale possible
• Une solution peut contenir des molécules et/ou des ions
• Deux méthodes de préparation : dissolution ou dilution
2) Analyse d'une solution
• Dosages par étalonnage ou par comparaison (méthodes non destructives) — mesure d'une grandeur physique (absorbance, indice de réfraction, conductance) dont la valeur dépend de la concentration
• Dosages par titrage (méthodes destructives) — réactions chimiques qui consomment l'espèce à doser
On commence par préparer une échelle de teinte d'une solution contenant l'espèce à doser.
Exemple 1 — espèce chimique colorée : on dispose de 5 solutions de concentration connue. On mesure l'absorbance A de chacune avec un spectrophotomètre. On construit la courbe d'étalonnage A = f(Cm). On mesure Ainconnue et on lit Cm,inconnue par lecture graphique.
Exemple 2 — espèce chimique incolore (glucose) : on prépare 4 solutions de concentrations connues, on mesure leur masse volumique, on trace ρ = f(Cm), et on lit la concentration de la solution inconnue à partir de sa masse volumique mesurée.
Dans un dosage par étalonnage, on mesure une observable X pour la solution à doser et on compare la valeur Xinconnue avec celles obtenues à partir de concentrations connues constituant la courbe d'étalonnage.
Une bague en or 18 carats de masse 5,0 g contient 75 % d'or pur. Calcule la masse d'or pur dans la bague.
- m(Au) = %m(Au)/100 × m = 75/100 × 5,0 = 3,75 g
Pour chacun, dis si c'est un corps pur, un mélange homogène ou hétérogène : (a) eau du robinet ; (b) glace pure ; (c) jus d'orange avec pulpe ; (d) air ; (e) lingot d'or 24 carats ; (f) eau salée ; (g) granite.
- (a) Eau du robinet → mélange homogène (eau + sels minéraux dissous)
- (b) Glace pure → corps pur (H₂O)
- (c) Jus avec pulpe → mélange hétérogène
- (d) Air → mélange homogène (~78 % N₂, 21 % O₂, 1 % autres)
- (e) Or 24 carats → corps pur
- (f) Eau salée → mélange homogène
- (g) Granite → mélange hétérogène (cristaux visibles à l'œil)
Un échantillon d'aluminium a une masse de 81 g et un volume de 30 mL. Calcule sa masse volumique en g·mL⁻¹ et en kg·m⁻³.
- ρ = m / V = 81 / 30 = 2,7 g·mL⁻¹
- Conversion : 2,7 g·mL⁻¹ × 1000 = 2700 kg·m⁻³ (cohérent avec le tableau)
Un liquide inconnu a une masse de 78,5 g pour un volume de 100 mL. Calcule sa masse volumique, puis sa densité par rapport à l'eau. Peut-il s'agir d'éthanol (d = 0,79) ?
- ρ = m / V = 78,5 / 100 = 0,785 g·mL⁻¹
- d = ρliquide / ρeau = 0,785 / 1,00 = 0,785
- 0,785 ≈ 0,79 → oui, c'est cohérent avec de l'éthanol
On prépare une solution en dissolvant 8,0 g de sucre dans une fiole jaugée de 200 mL. Calcule la concentration massique en sucre.
- V = 200 mL = 0,200 L
- Cm = m / V = 8,0 / 0,200 = 40 g·L⁻¹
On dispose d'une solution mère de chlorure de sodium à Cm,1 = 50 g·L⁻¹. On en prélève V₁ = 10 mL et on complète avec de l'eau jusqu'à V₂ = 100 mL. Calcule (a) la concentration de la solution fille, (b) le facteur de dilution.
- (a) Conservation : Cm,1·V₁ = Cm,2·V₂ → Cm,2 = (50 × 10) / 100 = 5,0 g·L⁻¹
- (b) F = V₂/V₁ = 100/10 = 10 → dilution au dixième
Tu veux préparer V = 250 mL d'une solution aqueuse de glucose à Cm = 20 g·L⁻¹. Quelle masse de glucose peser ? Décris brièvement le protocole.
- m = Cm × V = 20 × 0,250 = 5,0 g
- Protocole : peser 5,0 g de glucose, transvaser dans une fiole jaugée de 250 mL, ajouter de l'eau distillée jusqu'au trait de jauge en homogénéisant.
Tu reçois trois flacons de solutions aqueuses (A, B, C). Tu fais les tests :
• A + nitrate d'argent → précipité blanc qui noircit à la lumière
• B + soude → précipité bleu
• C + soude → précipité rouille
Identifie l'ion principal de chaque solution.
- A contient des ions Cl⁻ (chlorures) — réaction caractéristique avec AgNO₃
- B contient des ions Cu²⁺ — précipité bleu à la soude
- C contient des ions Fe³⁺ — précipité rouille
On dose une solution colorée. La courbe d'étalonnage A = f(C) est linéaire et passe par les points (C = 1×10⁻⁵ mol·L⁻¹ ; A = 0,15) et (C = 5×10⁻⁵ mol·L⁻¹ ; A = 0,75). On mesure Ainconnue = 0,42. Calcule Cinconnue.
- Coefficient directeur (loi de Beer-Lambert) : k = (0,75 − 0,15) / (5×10⁻⁵ − 1×10⁻⁵) = 0,60 / 4×10⁻⁵ = 15 000 L·mol⁻¹
- Comme la droite passe par (0;0) approximativement : A = k × C
- Cinconnue = A / k = 0,42 / 15 000 ≈ 2,8 × 10⁻⁵ mol·L⁻¹
Modélisation de la matière à l'échelle microscopique
Atome · Élément · Configuration électronique · Mole · Masse molaire
I — De l'atome à l'élément chimique
1) Un modèle de l'atome
Depuis plus d'un siècle, de nombreux modèles d'atomes ont été proposés.
1904 — Modèle du « pudding de Thompson » : l'atome serait une sphère positive « fourrée » d'électrons négatifs comme des raisins dans un cake.
1912 — Ernest Rutherford découvre le noyau atomique : la charge positive et l'essentiel de la masse sont concentrées en un noyau quasi-ponctuel.
1913 — Niels Bohr propose un modèle planétaire : les électrons gravitent autour du noyau comme des planètes autour du Soleil. L'atome est essentiellement constitué de vide.
1927 — Erwin Schrödinger : les électrons n'ont plus de trajectoires définies mais des zones de probabilité de présence (nuage électronique).
• Ils tournent autour du noyau à très grande vitesse, sur des trajectoires aléatoires
• Chaque électron porte une charge électrique négative élémentaire, notée −e (la plus petite charge connue)
• Chaque type d'atomes est caractérisé par son nombre d'électrons
Toutes les positions possibles des électrons forment le nuage électronique.
• Son rayon est environ 100 000 fois plus petit que celui de l'atome
• L'atome est essentiellement constitué de vide
Ordres de grandeur :
| Rayon (m) | Masse (kg) | |
|---|---|---|
| Atome | 10⁻¹⁰ | 10⁻²⁷ à 10⁻²⁵ |
| Noyau | 10⁻¹⁵ | 10⁻²⁷ à 10⁻²⁵ |
| Électron | négligeable | 9,11 × 10⁻³¹ |
• Les neutrons sont électriquement neutres
• Les protons sont chargés positivement
• Le nombre de protons est caractérisé par le numéro atomique Z
Q = Z × e avec e = 1,60 × 10⁻¹⁹ C
• A = nombre de nucléons (protons + neutrons)
• X = symbole de l'atome
• Z = numéro atomique (nombre de protons)
Nombre de neutrons : N = A − Z
Exemples :
- Hydrogène 11H : 1 proton, 0 neutron (1 nucléon)
- Oxygène 168O : 8 protons, 8 neutrons (16 nucléons)
Remarque 2 — Masses :
• mproton ≈ mneutron ≈ mnucléon ≈ 1,67 × 10⁻²⁷ kg
• mélectron ≈ 9,11 × 10⁻³¹ kg (≈ 2000× plus petit qu'un nucléon)
• Donc : matome ≈ A × mnucléon
Remarque 3 : il n'y a aucun lien entre le nombre de protons et le nombre de neutrons d'un noyau.
→ Dans un atome neutre : nombre d'électrons = nombre de protons = Z
Quelques exemples :
| Élément | Symbole | Z = électrons = protons |
|---|---|---|
| Hydrogène | H | 1 |
| Carbone | C | 6 |
| Oxygène | O | 8 |
| Aluminium | Al | 13 |
| Chlore | Cl | 17 |
| Fer | Fe | 26 |
| Cuivre | Cu | 29 |
| Zinc | Zn | 30 |
| Or | Au | 79 |
• Un atome est électriquement neutre : autant de protons que d'électrons (Z)
• La structure de l'atome est lacunaire (essentiellement du vide)
• La masse d'un atome est pratiquement égale à celle de son noyau
2) Répartition des électrons en couches
En 1913, Niels Bohr propose un modèle où les électrons se répartissent en couches électroniques dans l'état fondamental (de plus basse énergie).
| Couche | Sous-couche | Max e⁻ | Total couche |
|---|---|---|---|
| 1 | 1s | 2 | 2 |
| 2 | 2s | 2 | 8 |
| 2p | 6 | ||
| 3 | 3s | 2 | 8 |
| 3p | 6 |
1s → 2s → 2p → 3s → 3p
Remarque : le remplissage maximal sur la n-ième couche correspond à 2n² électrons.
• Couche externe = dernière couche occupée → électrons de valence
• Couches internes = autres couches → électrons de cœur
Exemples :
1s² 2s² 2p⁴
• Couche 1 saturée : 2 électrons de cœur
• Couche n=2 externe : 2 + 4 = 6 électrons de valence
Silicium (Z = 14) — 14 électrons à répartir
1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p²
• Couches 1 et 2 saturées : 10 électrons de cœur
• Couche n=3 externe : 2 + 2 = 4 électrons de valence
• La répartition se nomme configuration électronique
• Jusqu'à 18 électrons, ordre de remplissage : 1s → 2s → 2p → 3s → 3p
• Pour Z ≤ 18, les électrons de valence sont ceux qui occupent la couche de nombre le plus élevé
3) Le tableau périodique des éléments
• Les premiers éléments (hydrogène et hélium) se sont assemblés il y a 13,7 milliards d'années
• Les éléments de Z plus élevé (carbone, oxygène, fer) sont nés au cœur des étoiles, dans des conditions extrêmes de pression et température
• En fin de vie, les étoiles massives explosent (supernovae) et dispersent ces éléments
• Le système solaire s'est formé par effondrement d'un tel nuage il y a 4,6 milliards d'années
Tout élément est représenté par un symbole (1 ou 2 lettres : 1ʳᵉ majuscule, 2ᵉ minuscule).
Exemple : l'élément fer a Z = 26 et symbole Fe. Les écritures Fe, Fe²⁺ et Fe³⁺ désignent un atome de fer et des ions fer — tous appartiennent à l'élément fer.
Il les range par masse croissante, en regroupant des éléments aux propriétés semblables.
Pour expliquer les vides, il prédit avec succès l'existence d'éléments encore non découverts.
• Les 118 éléments sont rangés en lignes par Z croissant
• Le remplissage progressif d'une ligne correspond au remplissage progressif d'une couche électronique
• Un changement de ligne correspond au début d'une nouvelle couche
• Les lignes sont aussi appelées périodes
• 1ʳᵉ ligne (n = 1) : 2 éléments
• 2ᵉ ligne (n = 2) : 8 éléments
• 3ᵉ ligne (n = 3) : 8 éléments
• La nature de la dernière sous-couche occupée détermine le bloc (s, p, d…)
• Le nombre d'électrons sur la dernière sous-couche détermine la colonne
• Les éléments d'une même colonne ont des propriétés chimiques semblables
• Ils possèdent le même nombre d'électrons sur leur couche externe
Exemple 1 — Halogènes : 17ᵉ colonne (avant-dernière). 7 électrons de valence. Membres connus : fluor F, chlore Cl, brome Br, iode I.
Exemple 2 — Gaz nobles : 18ᵉ colonne (dernière). Existence sous forme monoatomique et grande inertie chimique. Membres connus : hélium He, néon Ne, argon Ar.
• Dans une même colonne, les éléments ont le même nombre d'électrons sur leur couche externe
• La classification périodique compte 18 colonnes et 7 lignes
II — Quantités d'espèces chimiques
1) La mole
Exemple : un mousqueton en aluminium de masse m = 41 g.
Masse d'un atome d'aluminium : mAl = 4,484 × 10⁻²⁶ kg.
N = m / mAl = 41 × 10⁻³ / 4,484 × 10⁻²⁶ ≈ 9,1 × 10²³ atomes
Une mole d'entités est un « paquet » de 6,02 × 10²³ entités.
• Millimole : 1 mmol = 10⁻³ mol
• Micromole : 1 μmol = 10⁻⁶ mol
Elle représente le nombre d'entités par mole.
N = n × NA ⟺ n = N / NA
Exemples :
- 2 mol de molécules de diiode → 2 × 6,02 × 10²³ = 12,04 × 10²³ molécules
- Dans 1,25 mol de carbone : N = 1,25 × 6,02 × 10²³ = 7,53 × 10²³ atomes
- Dans le mousqueton (N = 9,1 × 10²³) : n = N/NA = 9,1 × 10²³ / 6,02 × 10²³ ≈ 1,5 mol
• Unité : la mole (mol)
• 1 mole = 6,02 × 10²³ entités
• Constante d'Avogadro : NA = 6,02 × 10²³ mol⁻¹
2) De la masse molaire à la quantité de matière
Notée M(X), exprimée en g·mol⁻¹.
Exemple : dans un échantillon naturel de cuivre, on trouve 69,1 % de 63Cu et 30,9 % de 65Cu.
M(Cu) = 0,691 × 63 + 0,309 × 65 = 63,6 g·mol⁻¹
Exemple — Urée CH₄N₂O :
M(C) = 12,0 ; M(H) = 1,0 ; M(N) = 14,0 ; M(O) = 16,0 g·mol⁻¹
M(urée) = 12,0 + 4 × 1,0 + 2 × 14,0 + 16,0 = 60,0 g·mol⁻¹
Exemple : M(Cl) = 35,5 g·mol⁻¹, donc M(Cl⁻) = 35,5 g·mol⁻¹.
Exemple — ion permanganate MnO₄⁻ :
M(Mn) = 54,9 ; M(O) = 16,0 g·mol⁻¹
M(MnO₄⁻) = 54,9 + 4 × 16,0 = 118,9 g·mol⁻¹
m = n × M ⟺ n = m / M
• n : quantité de matière (mol)
• m : masse (g)
• M : masse molaire (g·mol⁻¹)
Exemple : dans 5,0 g d'eau (M = 18,0 g·mol⁻¹) :
n = m / M = 5,0 / 18,0 ≈ 0,28 mol
m = ρ × V ⟹ n = ρ × V / M
Calcul :
• Atome → donnée dans la classification périodique
• Molécule → somme des masses molaires des atomes constituants
• Ion monoatomique → identique à l'atome correspondant
• N = n × NA (quantité ↔ nombre)
• m = n × M (quantité ↔ masse)
• m = ρ × V (masse ↔ volume)
L'atome 2311Na contient combien de protons, neutrons, électrons ?
- Protons = Z = 11
- Neutrons = A − Z = 23 − 11 = 12
- Électrons = Z = 11 (atome neutre)
Donne la configuration électronique du fluor (Z = 9) et identifie sa couche externe.
1s² 2s² 2p⁵ (2 + 2 + 5 = 9 ✅)
Couche externe = couche n=2 → contient 2 + 5 = 7 électrons de valence. C'est un halogène (17ᵉ colonne).
Calcule la masse molaire de l'éthanol C₂H₆O. Données : M(C) = 12,0 ; M(H) = 1,0 ; M(O) = 16,0 g·mol⁻¹.
- M(C₂H₆O) = 2 × 12,0 + 6 × 1,0 + 16,0 = 24,0 + 6,0 + 16,0 = 46,0 g·mol⁻¹
Combien y a-t-il de moles dans 36 g d'eau ? Combien de molécules d'eau ? On donne M(H₂O) = 18 g·mol⁻¹.
- n = m / M = 36 / 18 = 2,0 mol
- N = n × NA = 2,0 × 6,02 × 10²³ ≈ 1,2 × 10²⁴ molécules
On dispose de 100 mL d'éthanol (M = 46 g·mol⁻¹, ρ = 0,79 g·mL⁻¹). Combien de moles d'éthanol cela représente-t-il ?
- m = ρ × V = 0,79 × 100 = 79 g
- n = m / M = 79 / 46 ≈ 1,7 mol
Le potassium K (Z=19) appartient à la même famille que le sodium Na (Z=11). (a) Donne la configuration électronique de K. (b) Pourquoi appartiennent-ils à la même famille ?
- (a) K (Z=19) : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁶ 4s¹ (au-delà du programme strict mais cohérent)
- (b) Na (1s² 2s² 2p⁶ 3s¹) et K ont tous deux 1 électron sur leur couche externe → ils appartiennent à la même colonne (1ʳᵉ colonne, alcalins) → propriétés chimiques semblables
Estime la masse d'un atome d'oxygène (Z = 8, A = 16) en kg, sachant que mnucléon ≈ 1,67 × 10⁻²⁷ kg. Compare avec la valeur exacte M(O) / NA.
- Estimation : m ≈ A × mnucléon = 16 × 1,67 × 10⁻²⁷ ≈ 2,67 × 10⁻²⁶ kg
- Calcul exact : m = M / NA = 16 × 10⁻³ / (6,02 × 10²³) ≈ 2,66 × 10⁻²⁶ kg
- Les deux valeurs sont quasi identiques → la masse de l'atome vient bien essentiellement des nucléons.
Le bore (Z=5) existe sous deux isotopes naturels : 10B (19,9 %) et 11B (80,1 %). Calcule la masse molaire moyenne de l'élément bore.
- M(B) = 0,199 × 10 + 0,801 × 11 = 1,99 + 8,81 = 10,80 g·mol⁻¹
- C'est cohérent avec la valeur tabulée (≈ 10,81 g·mol⁻¹).
Stabilité des entités chimiques
Espèce vs entité · Ions · Duet/Octet · Liaisons covalentes · Lewis · Énergie de liaison
I — De l'espèce chimique à l'entité chimique
1) Changement d'échelle
Depuis le début du XXᵉ siècle, l'existence des atomes est confirmée et ils ont pu être observés dès les années 1950.
• Échelle macroscopique — une espèce chimique = collection d'un nombre très élevé d'entités chimiques identiques
• Échelle microscopique — une entité chimique peut être un atome, une molécule ou un ion
Exemples :
- Une barre en fer est une espèce chimique macroscopique composée d'atomes de fer (entités microscopiques)
- Un carreau de sucre est composé de molécules de saccharose
- De l'eau salée est composée d'ions sodium Na⁺ et d'ions chlorure Cl⁻
2) Entités chimiques
Une espèce chimique est une collection d'un très grand nombre d'entités chimiques identiques.
| Espèce chimique (macro) | Entité chimique (micro) |
|---|---|
| Fer (atomique) | Atome Fe |
| Eau (moléculaire) | Molécule H₂O |
| Chlorure de sodium (ionique) | Paire d'ions Na⁺ et Cl⁻ |
Exemple : le sel de cuisine NaCl est un solide ionique constitué d'ions Cl⁻ et Na⁺ en quantités égales.
II — Stabilisation par formation d'ions
1) Qu'est-ce qu'un ion ?
• Atome de Na (11p, 11e⁻) → perd 1 e⁻ → ion Na⁺ (11p, 10e⁻)
• Atome de Cl (17p, 17e⁻) → gagne 1 e⁻ → ion Cl⁻ (17p, 18e⁻)
Exemple — ion aluminium Al³⁺ : l'atome Al (13 p, 13 e⁻) perd 3 électrons. Le noyau garde 13 charges +, mais le nuage n'a plus que 10 e⁻ → 3 charges + en excès → Al³⁺.
Quelques cations à connaître :
| Nom | Formule |
|---|---|
| ion hydrogène | H⁺ |
| ion sodium | Na⁺ |
| ion potassium | K⁺ |
| ion calcium | Ca²⁺ |
| ion magnésium | Mg²⁺ |
| ion aluminium | Al³⁺ |
| ion cuivre (II) | Cu²⁺ |
| ion fer (II) | Fe²⁺ |
| ion fer (III) | Fe³⁺ |
| ion ammonium | NH₄⁺ |
Exemple — ion chlorure Cl⁻ : l'atome Cl (17 p, 17 e⁻) gagne 1 électron. Le noyau garde 17 charges +, mais le nuage en compte maintenant 18 → 1 charge − en excès → Cl⁻.
Quelques anions à connaître :
| Nom | Formule |
|---|---|
| ion fluorure | F⁻ |
| ion chlorure | Cl⁻ |
| ion hydroxyde | HO⁻ |
| ion permanganate | MnO₄⁻ |
| ion sulfate | SO₄²⁻ |
| ion nitrate | NO₃⁻ |
| ion carbonate | CO₃²⁻ |
| ion hydrogénocarbonate | HCO₃⁻ |
Sa formule chimique est appelée formule statistique. Le nom commence par celui de l'anion, suivi de celui du cation (avec « de » entre les deux).
Exemples :
- Chlorure de sodium NaCl — ions Na⁺ et Cl⁻ en proportions égales
- Fluorure de calcium CaF₂ — un ion Ca²⁺ pour deux ions F⁻ (neutralité électrique)
• Cation = perte d'e⁻ (positif) ; Anion = gain d'e⁻ (négatif)
• Un cristal ionique est un empilement régulier de cations et d'anions en quantités telles que le solide est globalement neutre
2) Règles du duet et de l'octet
• He : 1s² → couche externe à 2 électrons (« duet »)
• Ne : 1s² 2s² 2p⁶ → couche externe à 8 électrons (« octet »)
• Ar : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁶ → couche externe à 8 électrons (« octet »)
• Règle du duet — les atomes de Z ≤ 5 évoluent pour acquérir 2 électrons externes (comme He)
• Règle de l'octet — les atomes de 5 < Z ≤ 18 évoluent pour acquérir 8 électrons externes (comme Ne ou Ar)
Exemples :
- Aluminium Al (Z=13) : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p¹ → pour respecter l'octet, perdre 3 e⁻ (plus économique que d'en gagner 5) → forme Al³⁺ (1s² 2s² 2p⁶ comme Ne)
- Chlore Cl (Z=17) : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁵ → pour respecter l'octet, gagner 1 e⁻ (plus économique que d'en perdre 7) → forme Cl⁻ (comme Ar)
3) Utilisation de la classification périodique
• Atomes avant la 14ᵉ colonne (celle du carbone) → perdent des e⁻ → forment des cations
• Atomes après la 14ᵉ colonne → gagnent des e⁻ → forment des anions
Exemple : certaines eaux minérales sont riches en magnésium et calcium (2ᵉ colonne) : ils existent sous forme de cations doublement chargés Mg²⁺ et Ca²⁺.
| Famille | Colonne | Ion typique | Exemples |
|---|---|---|---|
| Alcalins | 1 | M⁺ | Li, Na, K |
| Alcalino-terreux | 2 | M²⁺ | Mg, Ca |
| Halogènes | 17 | X⁻ | F, Cl, Br, I |
| Gaz nobles | 18 | aucun | He, Ne, Ar |
III — Stabilité des atomes par formation de molécules
1) Comment se forment les molécules ?
Le nuage électronique entourant le noyau d'un atome de numéro Z contient Z électrons, répartis en couches (s, p…) — voir T1C2.
Quelques exemples :
| Élément | Symbole | Z | Configuration | e⁻ cœur | e⁻ valence |
|---|---|---|---|---|---|
| Hydrogène | H | 1 | 1s¹ | 0 | 1 |
| Hélium | He | 2 | 1s² | 2 | 0 |
| Lithium | Li | 3 | 1s² 2s¹ | 2 | 1 |
| Carbone | C | 6 | 1s² 2s² 2p² | 2 | 4 |
| Azote | N | 7 | 1s² 2s² 2p³ | 2 | 5 |
| Oxygène | O | 8 | 1s² 2s² 2p⁴ | 2 | 6 |
| Fluor | F | 9 | 1s² 2s² 2p⁵ | 2 | 7 |
| Magnésium | Mg | 12 | 1s² 2s² 2p⁶ 3s² | 10 | 2 |
| Chlore | Cl | 17 | 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁵ | 10 | 7 |
| Argon | Ar | 18 | 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁶ | 18 | 0 |
i) Définition
Le doublet d'électrons liant deux atomes est appelé doublet liant.
• Simple — 1 doublet liant : H−H, Li−Li
• Double — 2 doublets liants : O=O
• Triple — 3 doublets liants : N≡N
ii) Nombre de doublets liants et non liants autour d'un atome
| Élément | Z | Liaisons covalentes à former | Doublets non liants |
|---|---|---|---|
| Hydrogène H | 1 | 1 (duet) | 0 |
| Carbone C | 6 | 4 (octet) | 0 |
| Azote N | 7 | 3 (octet) | 1 |
| Oxygène O | 8 | 2 (octet) | 2 |
| Fluor F | 9 | 1 (octet) | 3 |
| Chlore Cl | 17 | 1 (octet) | 3 |
• 14ᵉ colonne (C) → 4 liaisons
• 15ᵉ colonne (N) → 3 liaisons
• 16ᵉ colonne (O) → 2 liaisons
• 17ᵉ colonne (F, Cl) → 1 liaison
iii) Méthode pour déterminer le nombre de liaisons d'un atome
2. Déduire le nombre d'électrons (= Z pour un atome neutre)
3. Écrire la configuration électronique
4. Appliquer la règle du duet (Z ≤ 5 → 2 e⁻ externes) ou de l'octet (Z > 5 → 8 e⁻ externes)
Exemple — Fluor F (Z = 9) :
9 électrons → 1s² 2s² 2p⁵ → 7 électrons sur la couche externe → il manque 1 e⁻ pour l'octet → 1 liaison covalente + 3 doublets non liants.
iv) Récapitulatif
• Un doublet non liant = 2 e⁻ externes non impliqués dans une liaison
• Au sein d'une molécule, chaque atome forme autant de liaisons que nécessaire pour respecter la règle du duet (H) ou de l'octet (autres)
• Ce sont les électrons externes qui participent aux liaisons
• Les éléments d'une même colonne forment le même nombre de liaisons
2) La représentation de Lewis
Une liaison covalente simple = interaction attractive entre deux atomes voisins qui mettent en commun deux électrons externes. La formation de ces liaisons permet à chaque atome d'avoir une structure stable en duet ou octet.
i) Définition
• Les doublets liants sont représentés par un trait entre les symboles des atomes liés
• Les doublets non liants par un trait à côté du symbole de l'atome concerné
Exemple — molécule d'eau H₂O : 2 doublets liants (entre H et O) + 2 doublets non liants (sur l'atome O).
ii) Méthode pour établir une représentation de Lewis
2. Dénombrer le nombre total de doublets P : P = ne / 2
3. Déterminer le nombre de liaisons covalentes que doit former chaque atome :
• H : 1 liaison, 0 doublet non liant
• C : 4 liaisons, 0 doublet non liant
• N : 3 liaisons, 1 doublet non liant
• O : 2 liaisons, 2 doublets non liants
• F, Cl : 1 liaison, 3 doublets non liants
4. Représenter l'atome central (celui qui doit former le plus de liaisons)
5. Vérifier la nécessité de liaisons multiples ou de cycles
6. Vérifier le respect des règles du duet/octet pour chaque atome
Exemple — acide éthanoïque C₂H₄O₂ :
- Électrons externes : 2 × 4 (C) + 4 × 1 (H) + 2 × 6 (O) = 24 e⁻
- Nombre de doublets : P = 24/2 = 12 doublets
- Représentation finale (vinaigre) : CH₃−COOH avec une C=O double, une OH simple, et 2 doublets non liants par O
• Édifices à octet réduit (lacunes électroniques) — exemple : borane BH₃
• Édifices hypervalents (plus de 4 liaisons) — exemple : SF₆ (hexafluorure de soufre)
3) Énergie de liaison
→ Une molécule est plus stable que les atomes isolés.
Selon la nature des atomes, cette énergie varie. Unité : kJ·mol⁻¹.
| Liaison | H−H | C−H | C−C | C=C | C−O | C=O | O−H |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| E (kJ·mol⁻¹) | 432 | 413 | 348 | 614 | 360 | 741 | 366 |
Exemple : pour rompre toutes les liaisons de la molécule de méthane CH₄ (4 liaisons C−H), il faut fournir : E = 4 × EC−H = 4 × 413 = 1 652 kJ·mol⁻¹.
EC=C ≠ 2 × EC−C (ici 614 vs 696).
Pour chaque exemple, dis si l'entité est un atome, une molécule ou un ion : (a) Fe ; (b) H₂O ; (c) Cl⁻ ; (d) NH₄⁺ ; (e) CO₂ ; (f) Na⁺.
- (a) Fe → atome
- (b) H₂O → molécule
- (c) Cl⁻ → ion (anion monoatomique)
- (d) NH₄⁺ → ion (cation polyatomique)
- (e) CO₂ → molécule
- (f) Na⁺ → ion (cation monoatomique)
L'atome de sodium (Z = 11) a pour configuration 1s² 2s² 2p⁶ 3s¹. Combien d'électrons doit-il perdre ou gagner pour respecter la règle de l'octet ? Quel ion forme-t-il ?
- Couche externe (n=3) : 1 électron
- Pour respecter l'octet → perdre 1 électron (plus économique que d'en gagner 7)
- Configuration de l'ion : 1s² 2s² 2p⁶ (comme Ne)
- Ion formé : Na⁺
Donne la formule statistique du chlorure de calcium constitué d'ions Ca²⁺ et Cl⁻.
- Pour la neutralité électrique : 1 Ca²⁺ équilibre 2 Cl⁻ (charge totale +2 − 2 = 0)
- Formule : CaCl₂
Combien de liaisons covalentes l'atome de soufre S (Z = 16) doit-il former pour respecter la règle de l'octet ? Combien de doublets non liants aura-t-il ?
- Configuration : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁴ → 6 électrons sur la couche externe
- Il manque 2 e⁻ pour l'octet → 2 liaisons covalentes
- Sur les 6 e⁻ externes : 2 partagés × 2 = 4 e⁻ dans les liaisons + 4 e⁻ non liants → 2 doublets non liants
- (Le soufre est dans la même colonne que l'oxygène, comportement similaire.)
Établis la représentation de Lewis de CO₂. Vérifie que chaque atome respecte la règle de l'octet.
- ne = 4 (C) + 2 × 6 (O) = 16 e⁻
- P = 16/2 = 8 doublets
- C doit former 4 liaisons → 2 doubles avec chaque O : O=C=O
- Chaque O a 2 doublets non liants restants
- Vérification octet : C entouré de 8 e⁻ (4 liaisons) ✅ ; chaque O entouré de 8 e⁻ (1 double = 4 + 2 doublets = 8) ✅
Établis la représentation de Lewis de NH₃.
- ne = 5 (N) + 3 × 1 (H) = 8 e⁻
- P = 8/2 = 4 doublets
- N est central, doit former 3 liaisons (octet) + 1 doublet non liant
- Chaque H forme 1 liaison avec N (duet)
- Représentation : H−N(−H)(−H) avec un doublet non liant sur N
Combien d'énergie faut-il pour casser toutes les liaisons d'une mole de méthane CH₄ ? Données : EC−H = 413 kJ·mol⁻¹.
- CH₄ contient 4 liaisons C−H
- Etotale = 4 × 413 = 1 652 kJ·mol⁻¹
L'énergie de liaison EN≡N ≈ 945 kJ·mol⁻¹. Compare avec EO=O ≈ 498 kJ·mol⁻¹. Pourquoi le diazote (78 % de l'air) est-il chimiquement très peu réactif ? Comment la chimie industrielle parvient-elle à le faire réagir (procédé Haber-Bosch) ?
- EN≡N ≈ 945 ≫ EO=O ≈ 498 → la triple liaison N≡N est extrêmement solide
- Pour engager les atomes d'azote dans d'autres réactions, il faut briser cette triple liaison → besoin d'énergie considérable
- C'est pourquoi N₂ est peu réactif dans les conditions ambiantes
- Procédé Haber-Bosch (synthèse de l'ammoniac NH₃) : on utilise des catalyseurs (oxydes de fer), des hautes températures (~450 °C) et hautes pressions (~200 bar) pour vaincre cette barrière énergétique
Transformation et synthèse en chimie
Réaction chimique · Équation · Avancement · Synthèse
I — La transformation chimique
1) Comment représenter une molécule ?
Un atome est désigné par un nom et un symbole chimique (exemple : H pour l'hydrogène, He pour l'hélium).
On écrit côte à côte les symboles des éléments présents, en précisant en indice en bas à droite le nombre d'atomes de chaque élément.
Exemples :
- Méthane CH₄ — 2 éléments (C, H) ; 1 atome de C, 4 atomes de H ; 5 atomes au total dans 1 molécule
- Eau H₂O — 2 éléments (H, O) ; 2 atomes de H, 1 atome de O ; 3 atomes au total dans 1 molécule
• La formule brute décrit de façon compacte la nature et le nombre des atomes
2) Qu'est-ce qu'une réaction chimique ?
Exemple : la combustion complète du méthane avec du dioxygène donne du dioxyde de carbone et de l'eau. Au cours de cette réaction, des espèces disparaissent (méthane et dioxygène) et d'autres apparaissent (dioxyde de carbone et eau). C'est une réaction chimique.
i) Combustion du carbone
Un atome de carbone réagit (signe +) avec une molécule de dioxygène pour donner (signe →) une molécule de dioxyde de carbone.
On retrouve les mêmes atomes en même nombre avant et après → l'équation est équilibrée.
ii) Combustion du méthane
L'équation littérale : méthane + dioxygène → dioxyde de carbone + eau
Si on ne considère qu'une seule molécule de chaque corps pur, l'équation n'est pas équilibrée.
Il faut placer des coefficients multiplicatifs devant les molécules :
• Pour retrouver les 4 atomes d'hydrogène du méthane → former 2 molécules d'eau
• 2 molécules de O₂ (soit 4 atomes d'oxygène) sont alors nécessaires
Équation équilibrée : CH₄ + 2 O₂ → CO₂ + 2 H₂O
i) Conservation de la masse
Au cours d'une transformation chimique, mréactifs = mproduits.
Exemple : lors de la combustion du carbone, si 11 g de C et 8 g de O₂ sont consommés, il se forme alors 19 g de CO₂.
ii) Cas sans espèces chargées — méthode
1. Écrire les formules des réactifs (à gauche) et des produits (à droite), avec leur état physique
2. Assurer la conservation de chaque élément, en commençant par exemple par le carbone
3. Continuer avec un autre élément (l'hydrogène par exemple)
4. Finir par l'oxygène (souvent présent dans plusieurs produits)
Exemple — combustion du glucose C₆H₁₂O₆ :
- C₆H₁₂O₆(s) + O₂(g) → CO₂(g) + H₂O(ℓ)
- Conservation du C : 6 atomes de C → 6 CO₂. C₆H₁₂O₆(s) + O₂(g) → 6 CO₂(g) + H₂O(ℓ)
- Conservation du H : 12 atomes de H → 6 H₂O. C₆H₁₂O₆(s) + O₂(g) → 6 CO₂(g) + 6 H₂O(ℓ)
- Conservation du O : 18 atomes à droite (12 + 6). On en a déjà 6 dans le glucose → besoin de 12 d'O₂ → 6 O₂
iii) Cas avec espèces chargées
La réaction de l'acide chlorhydrique (H⁺(aq) + Cl⁻(aq)) avec le fer Fe(s) consomme des ions H⁺ et du fer. Il se forme du dihydrogène H₂(g) et des ions fer (II) Fe²⁺(aq) en présence d'ions Cl⁻(aq).
Le coefficient 2 devant H⁺ assure la conservation des charges (2× +1 à gauche = +2 à droite) et de l'élément hydrogène.
• Les espèces sont représentées par leur formule brute, avec leur état physique en indice
• Les nombres stœchiométriques placés devant les formules assurent la conservation des éléments et des charges
3) Comment suivre une réaction chimique ?
Exemple — combustion de l'éthanol :
C₂H₆O(ℓ) + 3 O₂(g) → 2 CO₂(g) + 3 H₂O(ℓ)
• Si 1 mol d'éthanol est consommée, alors 3 mol de O₂ sont consommées et il se forme 2 mol de CO₂ et 3 mol de H₂O
• Si 2 mol d'éthanol sont consommées → 6 mol de O₂ → 4 mol de CO₂ + 6 mol de H₂O
• Si x mol d'éthanol sont consommées → 3x mol de O₂ → 2x mol de CO₂ + 3x mol de H₂O
• État initial : la réaction n'a pas commencé, x = 0
• État intermédiaire : avancement = x
• État final : avancement = xmax (parfois noté xf)
Tableau d'avancement type pour la réaction aA + bB → cC + dD :
| État | Avancement | n(A) | n(B) | n(C) | n(D) |
|---|---|---|---|---|---|
| Initial | x = 0 | n₀(A) | n₀(B) | 0 | 0 |
| Intermédiaire | x | n₀(A) − ax | n₀(B) − bx | cx | dx |
| Final | xmax | n₀(A) − axmax | n₀(B) − bxmax | cxmax | dxmax |
Exemple : mélange de 4,0 mol d'éthanol et 6,0 mol de O₂ pour la combustion C₂H₆O + 3 O₂ → 2 CO₂ + 3 H₂O
| État | x | n(C₂H₆O) | n(O₂) | n(CO₂) | n(H₂O) |
|---|---|---|---|---|---|
| Initial | 0 | 4,0 | 6,0 | 0 | 0 |
| Intermédiaire | x | 4,0 − x | 6,0 − 3x | 2x | 3x |
| Final | xmax | 4,0 − xmax | 6,0 − 3xmax | 2xmax | 3xmax |
• Réactif limitant = celui qui est entièrement consommé en premier. Sa disparition empêche la poursuite de la réaction.
• Réactif en excès = celui qui n'est pas entièrement consommé.
Méthode pour déterminer le réactif limitant dans aA + bB → produits :
- Hypothèse 1 : A limitant → n₀(A) − a·xmax = 0, soit xmax = n₀(A) / a
- Hypothèse 2 : B limitant → n₀(B) − b·xmax = 0, soit xmax = n₀(B) / b
- L'avancement final correspond à la plus petite des deux valeurs
• Si n₀(A)/a < n₀(B)/b → A est limitant
• Si n₀(A)/a > n₀(B)/b → B est limitant
Exemple — éthanol + O₂ :
- Hypothèse 1 (éthanol limitant) : xmax = 4,0 / 1 = 4,0 mol
- Hypothèse 2 (O₂ limitant) : xmax = 6,0 / 3 = 2,0 mol
- Le plus petit étant 2,0 → O₂ est limitant, xmax = 2,0 mol
État final :
- Éthanol restant : 4,0 − 2,0 = 2,0 mol
- O₂ restant : 6,0 − 3 × 2,0 = 0 mol ✅
- CO₂ formé : 2 × 2,0 = 4,0 mol
- H₂O formée : 3 × 2,0 = 6,0 mol
Pour aA + bB → produits, le mélange est stœchiométrique si :
n₀(A) / a = n₀(B) / b
Exemple — combustion de l'éthanol :
C₂H₆O + 3 O₂ → 2 CO₂ + 3 H₂O
Le mélange est stœchiométrique si n(éthanol)/1 = n(O₂)/3, c'est-à-dire si n(O₂) = 3 × n(éthanol).
• Le réactif limitant détermine xmax
• Pour le trouver : calculer n₀/coefficient pour chaque réactif → le plus petit est limitant
• Mélange en proportions stœchiométriques : tous les réactifs disparaissent ensemble
4) Effet thermique
• Rupture des liaisons des réactifs → absorbe de l'énergie
• Formation des liaisons des produits → dégage de l'énergie
L'effet thermique est le bilan de ces échanges.
• Réaction exothermique (exoénergétique) — libère globalement de l'énergie → la température monte
• Réaction athermique — bilan d'énergie nul (rare ; cas de la synthèse des esters)
Exemples :
- Réaction entre l'hydroxyde de baryum hydraté et le thiocyanate d'ammonium → endothermique (abaissement de T)
- Acide chlorhydrique + hydroxyde de sodium → exothermique (augmentation de T)
II — Synthèse d'une espèce chimique
1) Qu'est-ce qu'une synthèse en chimie ?
Schéma : A + B → C
Environ 30 % des principes actifs des médicaments sont issus de la nature. Les extraire seulement serait coûteux et conduirait à la disparition d'espèces.
• Le taxol (anticancéreux) issu de l'écorce d'if : 100 mg seulement nécessitent l'abattage d'un arbre entier
• L'aspirine : il faudrait abattre 2000 saules par heure pour répondre aux besoins
Savons et détergents : Michel-Eugène Chevreul explique en 1823 la saponification (synthèse permettant de fabriquer du savon avec de la soude et de l'huile chauffée).
Produits de beauté : depuis le XVIᵉ siècle, Grasse est célèbre pour ses parfums. L'extraction d'essence naturelle étant coûteuse, beaucoup d'essences sont d'origine synthétique.
Certaines molécules naturelles ont des effets secondaires. La synthèse permet d'obtenir des espèces chimiques artificielles, qui n'existent pas dans la nature.
• Ibuprofène (anti-inflammatoire, années 1960)
• Aspartame (édulcorant, 1965)
• Matières plastiques : celluloïd (1870, frères Hyatt), polyéthylène (PE), polystyrène (PS), polychlorure de vinyle (PVC)
• Sport : perches en fibre de verre/carbone, skis en résine époxy, balles de tennis en élastomère, combinaisons « peau de requin »
• Chimie lourde (de base) : grandes quantités, peu d'étapes, faible coût (matières plastiques)
• Chimie fine : haute valeur ajoutée (parfums, médicaments)
La chimie peut aussi être mise au service de l'environnement :
• Filtres pour fumées d'usines et gaz d'échappement
• Épuration chimique de l'eau
• Matières plastiques biodégradables ou recyclables
• Chaulage pour réduire les pluies acides
• Recyclage de l'aluminium, de l'acier, des pneus dans le béton
• Les espèces naturelles sont synthétisées pour des raisons écologiques et économiques
• La chimie de synthèse permet aussi de créer de nouvelles substances et de restaurer l'environnement
2) Comment réaliser une synthèse ?
Selon le contexte :
• Industrie → process ou gamme de fabrication
• Agro-alimentaire, pharmacie, cosmétique → recette
• Laboratoire de chimie → protocole expérimental
Le protocole précise : nature et quantités de réactifs, solvant, consignes de sécurité, montage, opérations à effectuer.
• Certaines réactions peuvent avoir lieu à froid ou à température ambiante
• D'autres nécessitent un chauffage pour accélérer la réaction
On utilise un réfrigérant à air ou à eau qui recondense une partie des réactifs et les fait retomber dans le mélange.
i) Extraction solide-liquide
Une technique pratique : la filtration sur Büchner (filtration sous vide), plus rapide et efficace que la filtration classique.
ii) Extraction liquide-liquide
• Deux liquides non miscibles forment un mélange hétérogène (2 phases)
Exemples :
• Éthanol + eau → mélange homogène (miscibles)
• Eau + cyclohexane → mélange hétérogène (non miscibles)
Le solvant ayant la densité la plus faible se place au-dessus : c'est la phase surnageante.
Méthodes :
• Propriétés physiques : aspect, solubilité, Téb, Tfus, indice de réfraction, densité
• Chromatographie sur couche mince (CCM)
1. Prélèvement des réactifs et solvants (respecter les pictogrammes de sécurité)
2. Réaction du mélange (souvent un chauffage à reflux), respect des conditions de T et durée
3. Isolement de l'espèce désirée (filtration et/ou extraction)
4. Purification de la substance extraite
5. Identification de l'espèce par ses propriétés physiques et chimiques
Équilibre la combustion de l'éthane : C₂H₆ + O₂ → CO₂ + H₂O
- C : 2 à gauche → 2 CO₂
- H : 6 à gauche → 3 H₂O
- O à droite : 2×2 + 3×1 = 7 → 7/2 O₂. Multiplier par 2 :
- 2 C₂H₆ + 7 O₂ → 4 CO₂ + 6 H₂O
Équilibre la réaction du fer avec l'acide chlorhydrique : H⁺ + Fe → H₂ + Fe²⁺
- H : besoin de 2 H à gauche pour faire H₂ → coefficient 2 devant H⁺
- Vérification charges : à gauche 2×(+1) = +2 ; à droite 0 + 2 = +2 ✅
- 2 H⁺ + Fe → H₂ + Fe²⁺
On fait réagir 2,0 mol de Fe avec 3,0 mol de S, selon Fe + S → FeS. Construis le tableau d'avancement, identifie le réactif limitant, calcule xmax et l'état final.
- n(Fe)/1 = 2,0 ; n(S)/1 = 3,0 → Fe est limitant
- xmax = 2,0 mol
- État final : 0 mol Fe, 1,0 mol S restant, 2,0 mol FeS formé
On brûle 16 g de méthane CH₄ dans un excès de dioxygène. Quelle masse de CO₂ obtient-on ? On donne M(CH₄) = 16 g·mol⁻¹ et M(CO₂) = 44 g·mol⁻¹.
- n(CH₄) = 16 / 16 = 1,0 mol
- Équation : CH₄ + 2 O₂ → CO₂ + 2 H₂O → 1 mol CH₄ donne 1 mol CO₂
- n(CO₂) = 1,0 mol → m(CO₂) = 1,0 × 44 = 44 g
Pour la combustion complète de l'éthanol C₂H₆O + 3 O₂ → 2 CO₂ + 3 H₂O, on dispose de 0,50 mol d'éthanol. Quelle quantité de O₂ faut-il pour être en proportions stœchiométriques ?
- Condition : n(éthanol)/1 = n(O₂)/3
- n(O₂) = 3 × n(éthanol) = 3 × 0,50 = 1,5 mol
Équilibre : Al + O₂ → Al₂O₃
- Al : 1 à gauche, 2 dans Al₂O₃ → coefficient 2 devant Al → 2 Al + O₂ → Al₂O₃
- O : 2 à gauche, 3 à droite → 3/2 O₂. Multiplier par 2 :
- 4 Al + 3 O₂ → 2 Al₂O₃
- Vérification : Al : 4=4 ✅ ; O : 6=6 ✅
L'aspirine se synthétise selon : acide salicylique (M = 138 g/mol) + anhydride éthanoïque → aspirine (M = 180 g/mol) + autre produit. Stœchiométrie 1:1. À partir de 6,9 g d'acide salicylique en excès d'anhydride, quelle masse maximale d'aspirine peut-on espérer ? Si on récupère réellement 7,2 g, quel est le rendement ?
- n(salicylique) = 6,9 / 138 = 0,050 mol → c'est le limitant
- Stœchiométrie 1:1 → n(aspirine)max = 0,050 mol
- m(aspirine)max = 0,050 × 180 = 9,0 g (théorique)
- Rendement = mréelle / mthéorique × 100 = 7,2 / 9,0 × 100 = 80 %
On dispose de deux réactions :
(a) hydroxyde de baryum hydraté + thiocyanate d'ammonium → la T mesurée passe de 22 °C à 5 °C
(b) HCl + NaOH → la T passe de 20 °C à 35 °C
Caractérise chaque réaction (endo/exo). Justifie en termes d'énergie échangée.
- (a) T baisse de 17 °C → réaction endothermique : elle absorbe de l'énergie au milieu extérieur, qui se refroidit. Bilan : énergie de rupture des réactifs > énergie libérée par la formation des produits.
- (b) T monte de 15 °C → réaction exothermique : elle libère de l'énergie qui chauffe le milieu. Bilan inverse : énergie libérée > énergie absorbée.
Transformations physiques et nucléaires
États · Changements d'état · Transferts thermiques · Radioactivité · Fission · Fusion
I — Transformations physiques
1) Les états de la matière
État liquide — molécules ou ions en contact mais en mouvement constant, sans positions fixes.
État gazeux — molécules ou ions très éloignés les uns des autres (distance ≫ taille des entités), en mouvement constant.
2) Transferts thermiques
• Le corps le plus froid reçoit de l'énergie
• Le corps le plus chaud cède de l'énergie
L'énergie thermique reçue est convertie en énergie cinétique. L'agitation des molécules croît, et la température s'élève.
• Échelle macroscopique → élévation de la température
• Échelle microscopique → augmentation de l'agitation des particules
| État | Effet d'un transfert thermique reçu |
|---|---|
| Solide | Augmentation du mouvement de vibration des particules autour de leur position d'équilibre |
| Liquide | Augmentation du mouvement désordonné des particules |
| Gaz | Augmentation de la vitesse des particules |
i) Changement d'état
• La température de la glace augmente d'abord → vibrations accrues des molécules autour de leurs positions d'équilibre
• À 0 °C, l'eau liquide apparaît, et la T reste constante jusqu'à la fin de la fusion. L'agitation est suffisante pour casser les interactions intermoléculaires
• Une fois liquide, la T augmente à nouveau
Conclusion : sous pression constante, le changement d'état d'une espèce chimique se fait à température constante (palier de température).
• Solide → Liquide : fusion
• Liquide → Solide : solidification
• Liquide → Gaz : vaporisation (ébullition ou évaporation)
• Gaz → Liquide : liquéfaction
• Solide → Gaz : sublimation (ex : neige carbonique CO₂)
• Gaz → Solide : condensation (ex : givre)
Lorsqu'un corps reçoit de l'énergie par transfert thermique, il passe à un état moins ordonné.
Remarque 2 : à pression donnée, la T de changement d'état est caractéristique de l'espèce.
ii) Équation d'un changement d'état
Exemple : fusion de l'eau → H₂O(s) → H₂O(ℓ)
iii) Énergie massique de changement d'état
Q = m × L
• Q : transfert thermique en joules (J)
• m : masse en kilogrammes (kg)
• L : énergie massique en J·kg⁻¹
L > 0 → transformations endothermiques
Solidification, liquéfaction, condensation → le système cède de l'énergie.
L < 0 → transformations exothermiques
Exemple : énergie massique de fusion de l'eau Lfus,eau = 334 kJ·kg⁻¹
- Pour faire fondre m = 200 g de glace : Qfus = m × Lfus = 0,200 × 334 = 66,8 kJ (endothermique)
- Énergie correspondante à la solidification de m = 200 g d'eau liquide : Qsol = −Qfus = −66,8 kJ (exothermique)
Lsol = −Lfus ; Lliq = −Lvap ; Lcond = −Lsub
Remarque 2 : lors d'une transformation physique, il y a conservation de la masse. Seul le volume peut être modifié.
• Fusion, vaporisation, sublimation → l'espèce chimique gagne de l'énergie, le milieu extérieur en perd → endothermique (Q > 0), le milieu refroidit
• Solidification, liquéfaction, condensation → l'espèce chimique perd de l'énergie, le milieu extérieur en gagne → exothermique (Q < 0), le milieu se réchauffe
II — Transformations nucléaires
1) Le noyau d'un atome
• A = nombre de nucléons (protons + neutrons)
• X = symbole de l'atome
• Z = numéro atomique (protons)
• N = A − Z (neutrons)
Exemples :
- Hydrogène 11H : 1 proton, 0 neutron
- Oxygène 168O : 8 protons, 8 neutrons
Remarque 2 — Les 4 interactions fondamentales qui régissent la matière :
• Gravitationnelle — entre corps massiques
• Électromagnétique — entre corps chargés
• Forte — explique la cohésion du noyau
• Faible — apparaît dans certains cas de radioactivité
Exemple : les 2 atomes de cuivre 63Cu et 65Cu sont des isotopes (même Z = 29, A différent : 63 et 65).
Remarque 2 — Isotones : mêmes neutrons N, mais Z et A différents. Exemple : 13C et 14N comptent tous deux 7 neutrons.
• Atome neutre → autant de protons que d'électrons (Z)
• Des noyaux du même élément mais ayant des nombres de neutrons différents sont des noyaux isotopes
2) Les réactions nucléaires spontanées
i) La radioactivité
• L'interaction électromagnétique, répulsive entre les protons
• L'interaction forte, attractive entre tous les nucléons
Un excès de protons, de neutrons, ou des deux, rend certains noyaux instables.
Exemple : pour l'aluminium, parmi les isotopes 23Al, 25Al, 26Al, 27Al, 28Al, seul 27Al est stable.
• Pour Z < 20, les noyaux stables ont environ autant de neutrons que de protons (N ≈ Z)
• Pour Z > 20, les noyaux stables ont plus de neutrons que de protons
• L'ensemble des noyaux stables forme la « vallée de stabilité »
• Le type de désintégration dépend de la position du noyau par rapport à cette vallée
En 1934, le premier isotope radioactif est créé : la radioactivité artificielle est née.
Application — Carbone 14 : isotope radioactif du carbone formé en haute atmosphère. Il se fixe sur les organismes vivants ; sa proportion reste constante de leur vivant, puis diminue progressivement après leur mort. Sa mesure permet de dater le décès.
Application — Médecine nucléaire : on injecte des isotopes radioactifs d'atomes non radioactifs présents dans le corps. Ils ont les mêmes propriétés chimiques. Le rayonnement permet :
• Imagerie : scintigraphie, TEP (Tomographie par Émission de Positons)
• Traitement : radiothérapie
ii) Récapitulatif
• Radioactivité naturelle : noyaux instables existant dans la nature
• Radioactivité artificielle : noyaux instables créés en laboratoire
i) Bilan d'une désintégration radioactive
• Un noyau fils excité A'Z'Y*
• Une particule A''Z''p
• Le noyau fils se désexcite en émettant un rayonnement γ
Bilan : AZX → A'Z'Y + A''Z''p + γ
ii) Lois de conservation (lois de Soddy)
• Conservation du nombre de masse : A = A' + A''
• Conservation du nombre de charge : Z = Z' + Z''
• Spontanée — sans intervention extérieure
• Aléatoire — instant imprévisible
• Inéluctable — un noyau instable se désintégrera tôt ou tard
• Indépendante de la pression et de la température
iii) Radioactivité α
Bilan : AZX → A−4Z−2Y + 42He + γ
Exemple : uranium 238 → 23892U → 23490Th + 42He + γ
iv) Radioactivité β⁻
Bilan : AZX → AZ+1Y + 0−1e + ν̅ + γ
Exemple : sodium 24 → 2411Na → 2412Mg + 0−1e + ν̅ + γ
• Noyaux situés au-dessus de la vallée de stabilité
• L'antineutrino ν̅ est une particule élémentaire sans charge, masse très faible, interagissant uniquement par interaction faible
v) Radioactivité β⁺
Bilan : AZX → AZ−1Y + 0+1e + ν + γ
Exemple : néon 19 → 1910Ne → 199F + 0+1e + ν + γ
vi) Récapitulatif des trois types de désintégration
| Type | Particule émise | Bilan |
|---|---|---|
| α | Noyau d'hélium 42He | AZX → A−4Z−2Y + 42He + γ |
| β⁻ | Électron 0−1e | AZX → AZ+1Y + 0−1e + ν̅ + γ |
| β⁺ | Positon 0+1e | AZX → AZ−1Y + 0+1e + ν + γ |
3) Les réactions nucléaires provoquées
Comme les désintégrations spontanées, elles respectent les lois de Soddy.
L'énergie libérée par une réaction nucléaire est :
E = Δm × c²
où Δm est le défaut de masse et c la vitesse de la lumière dans le vide.
Exemple — Fission de l'uranium 235 :
10n + 23592U → 14054Xe + 9438Sr + 3 10n + γ + γ'
Exemple — Fusion de deux isotopes de l'hydrogène (deutérium + tritium) :
21H + 31H → 42He + 10n + γ
• Fusion = deux noyaux légers s'unissent pour donner un noyau plus lourd
Identifie le changement d'état pour chaque cas : (a) la rosée du matin sur l'herbe ; (b) la neige qui devient de l'eau au soleil ; (c) un glaçon qui « disparaît » dans un congélateur très froid (sans devenir liquide) ; (d) le brouillard qui se forme.
- (a) Rosée → vapeur d'eau atmosphérique → eau liquide : liquéfaction
- (b) Neige → eau : fusion
- (c) Glaçon qui disparaît sans fondre → solide → gaz : sublimation
- (d) Brouillard → vapeur d'eau → fines gouttelettes : liquéfaction
On a 200 g de glace à 0 °C. Quelle énergie faut-il pour la faire entièrement fondre ? On donne Lfus = 334 kJ·kg⁻¹.
- m = 0,200 kg
- Q = m × L = 0,200 × 334 = 66,8 kJ
- Pendant tout ce temps, T reste à 0 °C (palier).
Quelle énergie est libérée lors de la solidification de 500 g d'eau à 0 °C ? Caractérise cette transformation (endo/exo).
- Lsol = −Lfus = −334 kJ·kg⁻¹
- Q = m × Lsol = 0,500 × (−334) = −167 kJ
- Q < 0 → transformation exothermique : le système cède de l'énergie au milieu extérieur (qui se réchauffe).
Le radium 226 (22688Ra) est un émetteur α. Écris l'équation et identifie le noyau fils. Justifie en utilisant les lois de Soddy.
22688Ra → AZY + 42He + γ
- Conservation de A : 226 = A + 4 → A = 222
- Conservation de Z : 88 = Z + 2 → Z = 86
- L'élément Z = 86 est le radon (Rn) → noyau fils : 22286Rn
Le carbone 14 est un émetteur β⁻. Écris l'équation de désintégration. Quel est l'élément fils ?
146C → AZY + 0−1e + ν̅ + γ
- Conservation de A : 14 = A + 0 → A = 14
- Conservation de Z : 6 = Z + (−1) → Z = 7
- L'élément Z = 7 est l'azote → noyau fils : 147N
- Application : datation au C14 (méthode développée par Willard Libby, Nobel 1960).
Pour les désintégrations suivantes, identifie le type (α, β⁻, β⁺) :
(a) 22286Rn → 21884Po + ?
(b) 4019K → 4020Ca + ?
(c) 116C → 115B + ?
- (a) ΔA = −4, ΔZ = −2 → désintégration α (émission de 42He)
- (b) ΔA = 0, ΔZ = +1 → désintégration β⁻ (émission de 0−1e)
- (c) ΔA = 0, ΔZ = −1 → désintégration β⁺ (émission de 0+1e)
On dispose de 100 g de glace à −10 °C. Quelle énergie totale faut-il pour la transformer entièrement en vapeur à 100 °C ? Données : cglace = 2100 J·kg⁻¹·K⁻¹ ; ceau = 4180 J·kg⁻¹·K⁻¹ ; Lfus = 334 kJ·kg⁻¹ ; Lvap = 2260 kJ·kg⁻¹.
Quatre étapes successives, m = 0,100 kg :
- Q₁ : chauffer la glace de −10 °C à 0 °C → 0,100 × 2100 × 10 = 2 100 J
- Q₂ : faire fondre la glace à 0 °C → 0,100 × 334 000 = 33 400 J
- Q₃ : chauffer l'eau liquide de 0 °C à 100 °C → 0,100 × 4180 × 100 = 41 800 J
- Q₄ : vaporiser l'eau à 100 °C → 0,100 × 2 260 000 = 226 000 J
- Total ≈ 2,1 + 33,4 + 41,8 + 226 ≈ 303 kJ
L'étape la plus coûteuse est de loin la vaporisation. C'est pourquoi la transpiration est un excellent système de refroidissement du corps.
Une fission produit : 10n + 23592U → 14054Xe + AZX + 3 10n + γ. Détermine A, Z et identifie X. Pourquoi parle-t-on de réaction « en chaîne » ?
- Conservation de A : 1 + 235 = 140 + A + 3 → A = 236 − 143 = 93
- Conservation de Z : 0 + 92 = 54 + Z + 0 → Z = 38
- Z = 38 → strontium → X = 9338Sr
- Réaction en chaîne : la fission produit 3 neutrons qui peuvent à leur tour fissionner d'autres noyaux d'235U → multiplication exponentielle. Phénomène contrôlé dans les centrales nucléaires (par les barres de contrôle qui absorbent une partie des neutrons).
Décrire un mouvement
Référentiel · Trajectoire · Vitesse · Vecteurs position et vitesse
I — La relativité du mouvement
Avant d'étudier un mouvement, il faut préciser l'objet dont on étudie le mouvement et la position de l'observateur.
1) Définition d'un système
Exemple : les extrémités de la planche et de la voile d'un planchiste n'ont pas les mêmes mouvements. La description du mouvement d'un corps peut être complexe : les différents points de ce corps ont chacun une évolution propre dans l'espace.
2) Nécessité d'un référentiel
Exemple : le système Soleil-Terre-Mars ; selon le point d'observation, la description du mouvement n'est pas la même → il faut préciser par rapport à quoi on étudie le mouvement.
• Un repère pour connaître les coordonnées du système étudié
• Une horloge pour connaître les dates des positions occupées
i) Référentiel terrestre
ii) Référentiel géocentrique
iii) Référentiel héliocentrique (de Kepler)
iv) Référentiel de Copernic
• Le référentiel est l'objet de référence par rapport auquel on étudie ce mouvement
• Un même objet peut être à la fois immobile et en mouvement selon le référentiel choisi
• Le mouvement est relatif au référentiel
3) Le temps : instant et durée
Exemples : départ d'un 100 m, franchissement d'une ligne d'arrivée. À un événement particulier (coup de pistolet) est associée une origine des instants t0.
Δt = t − t₀ (en secondes s)
Si t₀ = 0, alors Δt = t.
• Manuel (chronomètre)
• Automatique (déclenchement électronique)
• Vidéo (analyse d'images)
Exemple : aux 100 m nage libre à Rome, les trois chronos manuels indiquaient trois durées différentes (55,2 ; 55,1 et 55,0 s).
• Une durée est une différence entre deux instants
• Pour étudier le mouvement, il faut associer une date à chaque position dans le référentiel choisi
II — Comment classer les mouvements ?
1) La trajectoire
• Rectiligne — la trajectoire est une portion de droite
• Curviligne — la trajectoire est une portion de courbe
• Circulaire — la trajectoire est un cercle ou un arc de cercle
2) Vitesse moyenne
v = d / Δt = (x₂ − x₁) / (t₂ − t₁)
• d : distance parcourue (m)
• Δt : durée (s)
• v : vitesse (m·s⁻¹)
Exemples :
- Une télécabine parcourt d = 6,0 m en Δt = 1,0 s → v = 6,0 m·s⁻¹ (référentiel terrestre)
- La vitesse d'un passager dans le référentiel de la télécabine est nulle
- Le 100 m est parcouru à plus de 10 m·s⁻¹ de moyenne
- Le meilleur marathonien court à plus de 5,6 m·s⁻¹ de moyenne
- Une formule 1 peut dépasser 100 m·s⁻¹
• Décéléré (ralenti) — la vitesse diminue
• Accéléré — la vitesse augmente
• Uniforme — la vitesse reste constante
Exemple : le centre du marteau dans le référentiel du lanceur du marteau décrit un mouvement circulaire accéléré puis uniforme avant d'être lâché.
3) Vitesse instantanée
v₁ = (x₂ − x₀) / (t₂ − t₀) = (x₂ − x₀) / (2τ)
(où τ = t₁ − t₀ = t₂ − t₁ est l'intervalle entre deux mesures)
4) Exemples de mouvements
• La forme de la trajectoire
• L'évolution de la vitesse
| Trajectoire | Vitesse | Type de mouvement |
|---|---|---|
| Droite | Constante | Rectiligne uniforme |
| Droite | Variable | Rectiligne accéléré ou décéléré |
| Cercle | Constante | Circulaire uniforme |
| Cercle | Augmente | Circulaire accéléré |
| Courbe | Constante | Curviligne uniforme |
Exemple : un skieur de kilomètre lancé peut passer d'une vitesse nulle à 200 km·h⁻¹ en moins de 6 s sur une piste de ski → mouvement rectiligne mais non uniforme.
• Sa forme dépend du référentiel choisi
• Étudier un mouvement = déterminer la trajectoire et l'évolution de la vitesse
III — Comment décrire l'évolution de la vitesse ?
1) Notion de vecteur
$\vec{OM}$ = x·$\vec{i}$ + y·$\vec{j}$ + z·$\vec{k}$
• Origine : ici, le point O
• Direction : celle de la droite (OM)
• Sens : de O vers M
• Valeur (norme) : longueur du segment [OM]
Lors d'un mouvement, le vecteur position varie en norme ou en direction, créant ainsi un vecteur vitesse $\vec{v}_M$.
• Origine : au point M
• Direction : tangente à la trajectoire
• Sens : celui du mouvement
• Valeur (norme) : ‖$\vec{v}_M$‖ (en m·s⁻¹)
2) Application aux mouvements
Si le mouvement est rectiligne uniforme, ‖$\vec{v}$‖ est la même pour chaque position. Sinon, il faut la calculer pour chaque point.
• Le vecteur position $\vec{OM}$ a sa direction qui passe par le centre de rotation
• Vecteur position et vecteur vitesse sont perpendiculaires l'un par rapport à l'autre
Si le mouvement est circulaire uniforme, ‖$\vec{v}$‖ est constante. Sinon, elle change pour chaque position.
• Le vecteur vitesse d'un point est toujours tangent à la trajectoire, dans le sens du mouvement
Yanis est debout sur un skateboard qui roule à vitesse constante. Sa trajectoire change selon qui regarde.
La trajectoire est l'ensemble des positions occupées par un point au cours du temps.
Une voiture parcourt une distance. Joue avec d et Δt pour sentir la formule.
| vmoy | m·s⁻¹ | vitesse moyenne sur le trajet (valeur scalaire). |
| d | m | distance totale parcourue le long de la trajectoire. |
| Δt | s | durée totale = tfinal − tinitial. |
| v(Mi) | m·s⁻¹ | vitesse à l'instant où l'objet est en Mi. |
| Mi−1Mi+1 | m | distance réelle entre la position précédente et la suivante (mesure × échelle). |
| τ | s | intervalle entre 2 positions consécutives (donné par l'énoncé). |
Le vecteur vitesse ⃗v a quatre caractéristiques. Clique un point pour voir son ⃗v.
| Origine | — | point d'application = le point étudié Mi. |
| Direction | — | tangente à la trajectoire au point Mi. |
| Sens | — | celui du mouvement. |
| Valeur | m·s⁻¹ | norme = v(Mi). Longueur de la flèche proportionnelle à v selon l'échelle. |
| MiMj⃗ | m | vecteur déplacement de Mi (départ) vers Mj (arrivée). |
| tj − ti | s | durée écoulée (tj final, ti initial). |
Le graphique v(t) de Valentino Rossi dans un virage. Survole la courbe pour lire la vitesse à chaque instant.
Récapitulatif complet : neuf formules avec légende détaillée de chaque variable.
| Δt | s | durée écoulée, toujours positive. |
| tfinal | s | instant de fin. |
| tinitial | s | instant de début. |
| vmoy | m·s⁻¹ | valeur scalaire. |
| d | m | distance totale parcourue. |
| Δt | s | durée totale. |
| 3,6 | — | vient de 3600 s/h ÷ 1000 m/km. |
| v(Mi) | m·s⁻¹ | vitesse au point Mi. |
| Mi−1Mi+1 | m | distance réelle entre points encadrants. |
| τ | s | intervalle entre 2 positions consécutives. |
| Origine | — | le point Mi. |
| Direction | — | tangente à la trajectoire. |
| Sens | — | celui du mouvement. |
| Valeur | m·s⁻¹ | longueur ∝ v selon l'échelle. |
| Origine | — | point O du repère. |
| Extrémité | — | point M étudié. |
| ‖OM‖ | m | distance OM. |
| MiMj⃗ | m | vecteur déplacement. |
| tj − ti | s | durée écoulée. |
Pour chaque exo, ce qui est vraiment demandé.
8 questions inspirées des exos. Score en direct.
Pour chaque étude, choisis le référentiel le plus adapté : (a) un coureur sur une piste d'athlétisme ; (b) la Lune autour de la Terre ; (c) Mars autour du Soleil ; (d) un parachutiste.
- (a) Coureur → terrestre
- (b) Lune autour de la Terre → géocentrique
- (c) Mars autour du Soleil → héliocentrique
- (d) Parachutiste → terrestre
Un train parcourt 450 km en 3 h. Calcule sa vitesse moyenne en km·h⁻¹ et en m·s⁻¹.
- v = d / Δt = 450 / 3 = 150 km·h⁻¹
- Conversion : 150 / 3,6 ≈ 41,7 m·s⁻¹
Deux trains se croisent en sens inverse. Le passager A est dans le train roulant à 80 km/h vers l'est. Le train croisé roule à 60 km/h vers l'ouest. Quelle est la vitesse du passager A : (a) dans le référentiel du sol ? (b) dans le référentiel de son train ? (c) dans le référentiel du train croisé ?
- (a) Sol → 80 km/h vers l'est
- (b) Son train → 0 km/h (immobile par rapport à son siège)
- (c) Train croisé → 140 km/h vers l'est (les deux vitesses s'additionnent puisqu'ils roulent en sens inverse)
Un mobile occupe les positions M₀(0 ; 0) à t₀=0, M₁(2,0 ; 0) à t₁=0,1 s, M₂(4,2 ; 0) à t₂=0,2 s. Calcule la vitesse moyenne sur [M₀M₂], puis estime la vitesse instantanée en M₁.
- Vitesse moyenne sur [M₀M₂] = (4,2 − 0) / (0,2 − 0) = 21 m·s⁻¹
- Vitesse instantanée en M₁ ≈ (M₂ − M₀) / (t₂ − t₀) = 4,2 / 0,2 = 21 m·s⁻¹
- Note : ici les valeurs coïncident, mais en général la vitesse instantanée se calcule en utilisant les points juste avant et juste après celui qu'on étudie.
Pour chaque cas, caractérise le mouvement (rectiligne / circulaire / curviligne ; uniforme / accéléré / décéléré) :
(a) Mars dans le référentiel héliocentrique (orbite ≈ circulaire à vitesse ≈ constante)
(b) Une voiture qui freine à un feu rouge
(c) Une fusée qui décolle
- (a) Mars → circulaire uniforme
- (b) Voiture qui freine → rectiligne décéléré
- (c) Fusée qui décolle → rectiligne accéléré (au début, avant que la trajectoire courbe)
Une voiture parcourt 200 m en 10 s sur une route droite. Donne les 4 caractéristiques de son vecteur vitesse à mi-parcours (mouvement supposé uniforme).
- v = 200 / 10 = 20 m·s⁻¹
- Origine : la voiture (point M)
- Direction : la route (axe du mouvement)
- Sens : celui du déplacement
- Norme : 20 m·s⁻¹ (= 72 km·h⁻¹)
Un pendule oscille. À chaque instant, sa trajectoire est un arc de cercle. Décris la trajectoire et le vecteur vitesse aux trois positions clés : passage par la verticale (point bas), montée vers la position extrême gauche, position extrême gauche (instant où le pendule s'arrête).
- Passage à la verticale : trajectoire = arc de cercle ; vecteur vitesse tangent à l'arc, dirigé horizontalement (vers la gauche par exemple), norme maximale
- Montée vers la gauche : vecteur vitesse encore tangent à l'arc (dirigé vers le haut et la gauche), norme qui diminue → mouvement circulaire décéléré
- Position extrême gauche : vitesse nulle à l'instant précis du retournement, puis le mouvement repart dans l'autre sens
La Station Spatiale Internationale (ISS) tourne autour de la Terre à environ 400 km d'altitude (rayon orbital ≈ 6 770 km). Elle effectue un tour en 90 min. Calcule sa vitesse moyenne en km·s⁻¹ et en km·h⁻¹. Caractérise son mouvement dans le référentiel géocentrique.
- Périmètre orbital : 2π × R = 2π × 6770 ≈ 42 540 km
- Durée : 90 min = 5400 s
- v = 42540 / 5400 ≈ 7,9 km·s⁻¹ ≈ 28 400 km·h⁻¹
- Mouvement circulaire uniforme dans le référentiel géocentrique
Forces, mouvements et principe d'inertie
Interactions · Force · Gravitation · Poids · Principe d'inertie · Newton
I — Forces et mouvements
1) Notion d'interaction
Expérience des aimants : deux aimants sur des chariots mobiles. Quand on approche un aimant A près d'un aimant B aux pôles opposés, B se met en mouvement vers A (attraction) — sans contact. Plus la distance diminue, plus l'attraction est forte.
2) Actions de contact et actions à distance
Exemple — un footballeur tape dans un ballon :
- Système étudié = le ballon
- Extérieur = tout ce qui ne constitue pas le système
- Actions exercées sur le ballon :
- Action de la Terre (à distance) — attire le ballon vers le bas
- Action du sol (contact) — empêche le ballon de s'enfoncer
- Action du pied (contact) — pousse le ballon
• Action à distance : double flèche en pointillés ⤳
• Action de contact : double flèche pleine ↔
• Actions de contact — nécessitent un contact entre les deux corps
• Actions à distance — aucun contact
Exemples :
- Haltérophile soulevant des haltères → 2 actions de contact (une par main)
- Soleil qui attire la Terre → action à distance (gravitation)
3) Notion de force
Sur un schéma, une force est représentée par un segment fléché (vecteur). La longueur est proportionnelle à la valeur de la force selon une échelle.
• Uniquement la direction du mouvement
• Uniquement la vitesse
• Les deux à la fois
i) L'attraction gravitationnelle
Tous les objets possédant une masse s'attirent réciproquement, à distance. L'attraction diminue avec la distance.
• Est une des interactions fondamentales de l'Univers
• Est attractive et s'exerce à distance
• Assure la cohésion du système solaire
• Chaque planète est attirée par le Soleil et par les autres planètes
ii) Loi de l'attraction gravitationnelle
‖$\vec{F}_{A/B}$‖ = ‖$\vec{F}_{B/A}$‖ = G × (mA × mB) / d²
• G = 6,67 × 10⁻¹¹ N·m²·kg⁻² (constante gravitationnelle)
• mA, mB en kg
• d en m
• F en N
Exemple — Terre/Lune :
mT = 5,97 × 10²⁴ kg ; mL = 7,33 × 10²² kg ; d ≈ 384 000 km.
FT/L = G × mT × mL / d² ≈ 1,98 × 10²⁰ N
D'après la 3ᵉ loi de Newton : FL/T = FT/L ≈ 1,98 × 10²⁰ N (mêmes valeurs, sens opposés).
iii) Récapitulatif
i) Qu'est-ce que le poids ?
• Point d'application : centre de gravité de l'objet
• Direction : verticale du lieu
• Sens : vers le centre de la Terre
• Valeur : P = m × g
P en newtons (N), m en kg, g en N·kg⁻¹
ii) Poids et force d'attraction gravitationnelle
FTerre/corps = G × MT × m / (RT + h)² ≈ G × MT × m / RT²
Par identification avec P = m × g :
g = G × MT / RT²
Avec MT = 6,0 × 10²⁴ kg et RT = 6,38 × 10⁶ m → g ≈ 9,8 N·kg⁻¹
• g dépend de l'altitude : plus h augmente, plus g diminue
• g dépend de la latitude (Terre aplatie aux pôles) : g = 9,81 N/kg à Paris, 9,78 N/kg à l'équateur
• La masse d'un corps ne varie pas avec le lieu
iii) Récapitulatif
• Poids et masse sont 2 grandeurs différentes :
– La masse est invariable
– Le poids varie avec la latitude et l'altitude
• Point d'application : centre de la surface de contact
• Direction : perpendiculaire au support
• Sens : vers le haut (du support vers l'objet)
• Valeur : RN
• Point d'application : centre de la surface de contact
• Direction : parallèle au mouvement
• Sens : opposé au mouvement
• Valeur : f
• Point d'application : point d'accroche
• Direction : celle du fil tendu
• Sens : du point d'accroche vers le fil
• Valeur : T
4) Effet d'une force sur le mouvement
• Mettre en mouvement (corde sur la flèche d'un arc)
• Modifier le mouvement (main sur le ballon)
• Arrêter le mouvement (mains qui rattrapent le ballon)
• Déformer le système
• Plus un caddie est rempli, plus il est difficile à mettre en mouvement
• Plus une F1 est légère, plus le freinage est efficace
La masse d'un corps caractérise son inertie : la difficulté à le mettre en mouvement ou à modifier son mouvement.
• Déformer le système
• Modifier sa trajectoire et/ou sa vitesse
Plus la masse est élevée, moins l'effet d'une force est important.
5) Troisième loi de Newton (principe des actions réciproques)
$\vec{F}_{A/B} = − \vec{F}_{B/A}$
(mêmes direction et valeur, sens opposés)
Exemple — propulsion d'une fusée :
La fusée expulse les gaz vers le bas ($\vec{F}_{F/G}$). En retour, les gaz exercent sur la fusée une force vers le haut ($\vec{F}_{G/F}$). C'est cette dernière qui fait décoller la fusée.
II — Principe d'inertie
1) Modèle du point matériel
En général, le point matériel est le centre de gravité du système.
2) Forces qui se compensent
Exemple : un livre posé sur une table ne tombe pas → le poids $\vec{P}$ et la réaction $\vec{R}_N$ se compensent.
$\sum \vec{F}_{ext} = \vec{0}$
3) Énoncé du principe d'inertie
En 1687, dans ses Principia Mathematica, Newton (1642–1727) énonce le principe d'inertie.
• Il est au repos s'il n'a pas de vitesse initiale
• Il a un mouvement rectiligne uniforme s'il a une vitesse initiale
Réciproquement, si un corps est au repos ou en mouvement rectiligne uniforme, alors les forces se compensent.
4) Mesurer la valeur d'une force
$\vec{T} + \vec{P} = \vec{0}$ ⟹ $\vec{T} = − \vec{P}$
La valeur lue sur le dynamomètre est donc celle du poids de l'objet.
5) Contraposée du principe d'inertie
Réciproquement, si un corps n'est ni au repos ni en mouvement rectiligne uniforme, alors les forces ne se compensent pas.
Exemple : un skieur descendant une piste sans frottements. $\vec{P} + \vec{R}_N ≠ \vec{0}$ (les vecteurs ne sont pas opposés sur une pente). Donc le skieur n'est pas en mouvement rectiligne uniforme.
6) Variation du vecteur vitesse
$\Delta \vec{v} = \vec{v}_{après} − \vec{v}_{avant} ≠ \vec{0}$
→ Les forces ne se compensent pas (contraposée du principe d'inertie).
Dans l'atmosphère, il faut négliger les frottements de l'air (mouvements de courte durée).
Exemple 1 — chute sans vitesse initiale : $\Delta \vec{v}$ et $\vec{v}$ sont de même sens (vers le bas) → mouvement rectiligne accéléré.
Exemple 2 — lancé vers le haut : $\Delta \vec{v}$ (vers le bas, comme $\vec{P}$) est de sens opposé à $\vec{v}$ (vers le haut) → mouvement rectiligne ralenti. Quand $\vec{v} = \vec{0}$, le corps redescend en chute libre accélérée.
| Mouvement | Sens de $\vec{v}$ | Sens de $\Delta \vec{v}$ | Conclusion |
|---|---|---|---|
| Chute | Vers le bas | Vers le bas (= $\vec{P}$) | v augmente |
| Montée | Vers le haut | Vers le bas (= $\vec{P}$) | v diminue jusqu'à 0, puis le corps chute |
• Réciproquement, si un corps est immobile ou en mouvement rectiligne uniforme, alors $\sum \vec{F}_{ext} = \vec{0}$
• Contraposée : $\Delta \vec{v} ≠ \vec{0}$ ⟺ $\sum \vec{F}_{ext} ≠ \vec{0}$
• La variation de $\vec{v}$ est due à des actions extérieures qui ne se compensent pas
Une boîte est posée immobile sur une table horizontale. Fais un bilan des forces qui s'exercent sur elle, et précise leurs caractéristiques.
- Poids $\vec{P}$ : application au centre de gravité, direction verticale, sens vers le bas, valeur P = m·g (force à distance)
- Réaction du support $\vec{R}_N$ : application au centre de la surface, direction perpendiculaire à la table (verticale), sens vers le haut, valeur RN = P (force de contact)
- La boîte est immobile → $\vec{P} + \vec{R}_N = \vec{0}$ (forces compensées)
Calcule le poids d'un objet de masse m = 2,0 kg sur Terre (g = 9,81 N·kg⁻¹) puis sur la Lune (gL = 1,62 N·kg⁻¹).
- PTerre = m × g = 2,0 × 9,81 = 19,6 N
- PLune = m × gL = 2,0 × 1,62 = 3,24 N
- La masse reste 2,0 kg dans les deux cas, mais le poids est environ 6 fois plus faible sur la Lune.
Calcule la force gravitationnelle entre deux personnes de masse 70 kg distantes de 1,0 m. Compare au poids d'une personne. Conclusion ?
- F = G × m₁ × m₂ / d² = 6,67×10⁻¹¹ × 70 × 70 / 1² ≈ 3,3 × 10⁻⁷ N
- Poids d'une personne : P = 70 × 9,81 ≈ 687 N
- Le poids est environ 2 milliards de fois plus grand → l'attraction gravitationnelle entre 2 humains est totalement négligeable. La gravitation n'est sensible qu'avec des objets très massifs (planètes, étoiles).
Calcule g sur Mars sachant que MMars = 6,42 × 10²³ kg et RMars = 3,39 × 10⁶ m. Quelle serait alors le poids sur Mars d'une personne de 75 kg ?
- gMars = G × MMars / RMars² = 6,67×10⁻¹¹ × 6,42×10²³ / (3,39×10⁶)²
- gMars ≈ 3,73 N·kg⁻¹ (environ 2,6 fois plus faible que sur Terre)
- PMars = 75 × 3,73 ≈ 280 N (contre 736 N sur Terre)
Pour chaque cas, dis si le système est en mouvement rectiligne uniforme ou non, et conclus sur la somme des forces :
(a) Une voiture roule en ligne droite à 90 km/h sur l'autoroute
(b) Un cycliste freine à un feu rouge
(c) Un parachutiste à vitesse limite (vitesse constante de chute)
(d) La Terre autour du Soleil
- (a) MRU → $\sum \vec{F} = \vec{0}$ (les frottements compensent la force de traction du moteur)
- (b) Décéléré → $\sum \vec{F} ≠ \vec{0}$
- (c) Chute à vitesse constante = MRU vertical → $\sum \vec{F} = \vec{0}$ (le frottement de l'air équilibre le poids)
- (d) Mouvement circulaire (pas rectiligne) → $\sum \vec{F} ≠ \vec{0}$ (force de gravitation du Soleil)
Quand tu marches, tes pieds poussent le sol vers l'arrière. Pourquoi avances-tu vers l'avant ? Explique avec la 3ᵉ loi.
- Le pied exerce sur le sol une force vers l'arrière : $\vec{F}_{pied/sol}$
- Par la 3ᵉ loi de Newton, le sol exerce sur le pied une force vers l'avant : $\vec{F}_{sol/pied} = − \vec{F}_{pied/sol}$
- C'est cette force du sol sur le pied (force de réaction) qui te propulse vers l'avant. Sans frottement (sur la glace par exemple), cette force est très faible et il devient difficile d'avancer.
Une bille est lâchée sans vitesse initiale d'une hauteur de 5 m. Aux temps t = 0, 0,2, 0,4, 0,6 s, on mesure les vitesses 0, 1,96, 3,92, 5,88 m·s⁻¹. (a) Calcule Δv entre chaque pas et conclus. (b) Quelle est la valeur de g qui se déduit de ces mesures ?
- (a) Δv entre 0 et 0,2 s : 1,96 − 0 = 1,96 m/s ; entre 0,2 et 0,4 : 3,92 − 1,96 = 1,96 m/s ; entre 0,4 et 0,6 : 5,88 − 3,92 = 1,96 m/s. Δv constante → mouvement uniformément accéléré.
- (b) g = Δv / Δt = 1,96 / 0,2 = 9,8 m·s⁻² (cohérent avec g ≈ 9,81 N·kg⁻¹ sur Terre — en chute libre, l'accélération vaut g).
Calcule la force d'attraction Terre/Lune. Données : MT = 5,97×10²⁴ kg ; ML = 7,33×10²² kg ; d = 384 000 km. Cette force est-elle de même intensité que la force exercée par la Lune sur la Terre ? Pourquoi alors la Lune tourne-t-elle autour de la Terre, et non l'inverse ?
- F = G × MT × ML / d² = 6,67×10⁻¹¹ × 5,97×10²⁴ × 7,33×10²² / (3,84×10⁸)² ≈ 1,98 × 10²⁰ N
- D'après la 3ᵉ loi de Newton : FLune/Terre = FTerre/Lune ≈ 1,98 × 10²⁰ N (mêmes intensités, sens opposés)
- Pourquoi la Lune tourne autour de la Terre ? Bien que les forces aient la même intensité, leur effet sur le mouvement dépend de la masse (inertie). La Terre étant beaucoup plus massive que la Lune, elle bouge très peu sous l'effet de cette force, alors que la Lune est facilement déviée. En réalité, les deux corps tournent autour de leur centre de masse commun (situé à l'intérieur de la Terre).
Le son
Propagation · Période · Fréquence · Hauteur · Timbre · Intensité · Doppler
I — La propagation du son
1) Le son se propage-t-il dans le vide ?
On place un réveil qui sonne sous une cloche remplie d'air : on l'entend parfaitement. En faisant le vide dans la cloche, le son s'affaiblit jusqu'à devenir pratiquement inaudible.
2) Vitesse de propagation du son
Dans l'air à 20 °C : v ≈ 340 m·s⁻¹
En général : vsolide > vliquide > vgaz
(plus le milieu est dense, plus le son est rapide)
| Milieu | État | Vitesse (m·s⁻¹) |
|---|---|---|
| Air (20 °C) | gaz | 340 |
| Hélium | gaz | 970 |
| Hydrogène | gaz | 1320 |
| Eau | liquide | 1500 |
| Eau salée | liquide | 2000 |
| Bois | solide | 1200 |
| Béton | solide | 3100 |
| Acier | solide | 5000-5900 |
| Verre | solide | 5300 |
| Diamant | solide | 7700 |
Remarque 2 — Mur du son : phénomène aérodynamique caractérisé par l'atteinte d'une vitesse au moins égale à celle du son (Mach 1 ≈ 340 m·s⁻¹ ≈ 1224 km·h⁻¹ dans l'air à 20 °C), provoquant une onde de choc sous forme de « bang ».
Comparaison avec d'autres vitesses :
| Exemple | km·h⁻¹ | m·s⁻¹ |
|---|---|---|
| Marcheur | 5 | 1,4 |
| Voiture | 130 | 36 |
| TGV | 300 | 83 |
| Son dans l'air | 1224 | 340 |
| Lumière dans l'air | 1,1 × 10⁹ | 3,0 × 10⁸ |
3) Le son comme transmission de l'information
L'oreille est un récepteur direct des signaux sonores (comme l'œil pour la lumière).
• Il sert à communiquer, échanger des informations
• Vitesse dans l'air à 20 °C : 340 m·s⁻¹
II — Signal sonore périodique
1) Qu'est-ce qu'un phénomène périodique ?
Exemples :
- Cycle diurne (levers et couchers du Soleil)
- Saisons
- Cycles d'un ordinateur
- Rythme cardiaque
2) Caractéristiques d'un signal périodique
Unité : seconde (s).
Graphiquement : durée du motif élémentaire.
f = 1 / T
Unité : hertz (Hz) = s⁻¹
Exemples :
- T = 4,0 s → f = 1 / 4,0 = 0,25 Hz
- T = 250 ms = 0,250 s → f = 1 / 0,250 = 4,0 Hz
- Rythme cardiaque : f = 1,1 Hz → 66 bpm (battements par minute) — on multiplie f par 60
• Pour un signal symétrique : A = Umax
• Pour un signal non symétrique : A = Umax − Umin (amplitude crête-à-crête)
Exemple : tension Umax = 7 V, Umin = −1 V → A = 7 − (−1) = 8 V
Le corps humain émet plusieurs types de signaux électriques mesurés par des capteurs :
- ECG (électrocardiogramme) — activité électrique du cœur (détection de tachycardie, bradycardie, fibrillation)
- EEG (électroencéphalogramme) — activité électrique du cerveau (épilepsie)
- EMG (électromyogramme) — activité électrique des muscles
Réglages :
• Base de temps en s/div
• Sensibilité verticale en V/div
• Période T en secondes — durée du motif élémentaire
• Fréquence f en hertz : f = 1/T
• Amplitude = valeur maximale (signal symétrique) ou Umax − Umin
III — Les ondes sonores
1) Analyse d'un son
| Plage | Fréquences | Audibilité humaine |
|---|---|---|
| Infrasons | f < 20 Hz | Inaudibles (taupe, éléphant peuvent les capter) |
| Sons graves | 20 Hz – 200 Hz | Audibles |
| Sons médium | 200 Hz – 2000 Hz | Audibles (zone de la voix) |
| Sons aigus | 2000 Hz – 20 000 Hz | Audibles |
| Ultrasons | f > 20 000 Hz | Inaudibles (chien, chat jusqu'à 40 kHz ; chauve-souris, dauphin jusqu'à 160 kHz) |
• Son pur — onde sonore sinusoïdale
• Son complexe — onde sonore périodique mais non sinusoïdale
• L'analyse spectrale = amplitude en fonction de la fréquence
2) Hauteur et timbre d'un son
Exemple : la note La₃ émise par un diapason a une hauteur de 440 Hz. C'est un son pur.
fn = n × f₁
où n est le rang de l'harmonique.
Exemple : pour un La₃ de fondamentale f₁ = 440 Hz :
- Harmonique 2 : f₂ = 2 × 440 = 880 Hz
- Harmonique 3 : f₃ = 3 × 440 = 1320 Hz
- etc.
C'est ce qui fait qu'un La₃ joué au piano sonne différemment d'un La₃ joué à la flûte, alors qu'ils ont la même hauteur.
• Timbre = présence et amplitude des harmoniques (multiples de la fondamentale)
• L'évolution du son au cours du temps (attaque, durée, extinction) participe aussi au timbre
3) Niveau d'intensité sonore
Le niveau sonore L se mesure avec un sonomètre et s'exprime en décibels (dB).
| Source sonore | Niveau (dB) |
|---|---|
| Seuil d'audibilité | 0 |
| Chuchotement | 30 |
| Conversation | 60 |
| Trafic intense | 80 |
| Concert / discothèque | 100-110 |
| Seuil de douleur | 120 |
| Avion au décollage | 130-140 |
• Réduire le son des baladeurs
• Éviter la proximité des haut-parleurs en concert/discothèque
• Porter des bouchons d'oreilles si nécessaire
• Leur fréquence (Hz)
• Leur intensité sonore (dB)
L'exposition sonore tient compte du niveau et de la durée. Une exposition élevée peut causer une perte auditive temporaire ou permanente, ou des acouphènes.
4) Une originalité sonore : l'effet Doppler
• Quand l'ambulance se rapproche → la sirène est perçue plus aiguë (fréquence augmente)
• Quand elle s'éloigne → la sirène devient plus grave (fréquence diminue)
Un signal a une période T = 5,0 ms. Calcule sa fréquence en Hz.
- T = 5,0 ms = 5,0 × 10⁻³ s
- f = 1 / T = 1 / 5,0×10⁻³ = 200 Hz
Pour chaque fréquence, dis si elle est audible par un humain : (a) 15 Hz ; (b) 1500 Hz ; (c) 25 000 Hz ; (d) 50 Hz ; (e) 18 000 Hz.
- (a) 15 Hz → infrasons, inaudible
- (b) 1500 Hz → audible (médium)
- (c) 25 000 Hz → ultrasons, inaudible
- (d) 50 Hz → audible (grave)
- (e) 18 000 Hz → audible (aigu, mais peu perceptible avec l'âge)
Lors d'un orage, on voit un éclair et on entend le tonnerre 6,0 s plus tard. La lumière étant quasi-instantanée à cette échelle, à quelle distance se trouve l'orage ? On donne vson = 340 m·s⁻¹.
- d = v × Δt = 340 × 6,0 = 2040 m ≈ 2 km
- Astuce : 3 secondes ≈ 1 km (à 340 m/s)
Un oscilloscope affiche un signal sinusoïdal. La base de temps est réglée à 0,5 ms/div. Le motif élémentaire occupe 4 divisions horizontales. Calcule T et f.
- T = 4 × 0,5 = 2,0 ms = 2,0 × 10⁻³ s
- f = 1 / T = 1 / 2,0×10⁻³ = 500 Hz
- C'est un son médium audible.
Une corde de guitare émet une note dont la fréquence fondamentale est f₁ = 196 Hz (Sol₂). Calcule les fréquences des trois premières harmoniques.
- Harmonique 2 : f₂ = 2 × 196 = 392 Hz
- Harmonique 3 : f₃ = 3 × 196 = 588 Hz
- Harmonique 4 : f₄ = 4 × 196 = 784 Hz
- La hauteur perçue reste 196 Hz, mais c'est l'ensemble des harmoniques qui donne le timbre caractéristique de la guitare.
Sur un ECG, on lit que la durée entre deux battements est T = 0,80 s. (a) Calcule la fréquence en Hz. (b) Convertis en battements par minute (bpm). Cette personne a-t-elle un rythme normal (60-90 bpm) ?
- (a) f = 1 / 0,80 = 1,25 Hz
- (b) bpm = f × 60 = 1,25 × 60 = 75 bpm
- 75 bpm est dans la fourchette normale (60-90 bpm) ✅
Pour mesurer la vitesse du son, on tape un coup à 100 m d'un mur, on entend l'écho 0,59 s plus tard. Calcule vson. Compare à la valeur attendue à 20 °C.
- Le son fait l'aller-retour : distance totale = 2 × 100 = 200 m
- v = d / Δt = 200 / 0,59 ≈ 339 m·s⁻¹
- Cohérent avec vair,20°C = 340 m·s⁻¹ ✅
Une voiture klaxonne en passant devant toi. Tu entends un son aigu quand elle approche, puis un son plus grave quand elle s'éloigne. Le klaxon émet en réalité une fréquence f₀ = 440 Hz. À l'approche, tu perçois fapp = 480 Hz ; à l'éloignement, féloi = 405 Hz. (a) Quelle variation de fréquence cela représente-t-il ? (b) En quoi ce phénomène est-il utile pour mesurer la vitesse des voitures (radars routiers) ?
- (a) Variation à l'approche : 480 − 440 = +40 Hz ; à l'éloignement : 405 − 440 = −35 Hz
- (b) Les radars routiers émettent une onde radio (équivalent du « klaxon » à 440 Hz). Cette onde est réfléchie par la voiture en mouvement. Le radar mesure le décalage entre la fréquence émise et reçue : plus la voiture roule vite, plus le décalage est important. La formule (à connaître) lie ce décalage à la vitesse de la voiture, ce qui permet de la calculer instantanément.
Émission et propagation de la lumière
Lumière des étoiles · Spectres · Vitesse · Réfraction · Dispersion
I — La lumière des étoiles
1) Différents types de lumières
Le spectre de la lumière blanche émise par une lampe à incandescence est continu, du rouge au violet, comportant toutes les couleurs visibles.
Une radiation est caractérisée par sa longueur d'onde λ (lambda), exprimée en nanomètres (nm).
L'œil humain est sensible à ces longueurs d'ondes uniquement.
• Lumière monochromatique = une seule couleur/radiation (laser)
• Lumière visible : λ entre 400 nm et 800 nm
2) Spectres d'émission et d'absorption
i) Lien couleur-température
Quand T augmente, la couleur passe du rouge → jaune → blanc.
Exemples :
- Vers 850 °C : barre d'acier rouge cerise
- Vers 1100 °C : jaune
- À 2700 °C : filament de tungstène blanc éblouissant (lampe à incandescence)
ii) Lien température-spectre d'émission
Quand T augmente, des radiations de longueurs d'onde de plus en plus petites apparaissent : le rayonnement se déplace vers le violet.
iii) Récapitulatif
• Couleur passe du rouge sombre au blanc brillant quand T augmente
• Le spectre s'enrichit vers le violet
i) Spectre de la lumière émise par un gaz
La lumière émise est composée d'une ou plusieurs radiations monochromatiques. La figure observée à l'écran est un spectre de raies d'émission.
ii) Spectre d'une entité chimique
L'observation des raies caractéristiques d'une entité dans la lumière émise par un gaz excité y révèle la présence de cette entité.
iii) Récapitulatif
i) Notion
Les raies d'absorption sont noires et leurs longueurs d'onde sont identiques à celles des raies d'émission du même gaz.
ii) Récapitulatif
• Un gaz d'atomes/ions produit un spectre de raies d'absorption
• Les raies d'émission et d'absorption d'une même entité sont aux mêmes longueurs d'onde
• Une entité ne peut absorber que les radiations qu'elle peut émettre
3) Que nous apprend la lumière des étoiles ?
• Cœur : ~ 15 millions de °C
• Surface (photosphère) : ~ 6 000 °C — c'est elle qui émet la lumière qui nous parvient
→ L'analyse des raies d'absorption du spectre d'une étoile renseigne sur la composition chimique de son atmosphère.
• L'analyse des raies d'absorption donne la composition chimique de l'atmosphère stellaire
• Toute étoile (comme le Soleil) est principalement composée de H et He
II — La valeur de la vitesse de la lumière
1) La propagation de la lumière
• Transparents : se laissent traverser par la lumière (air, eau, verre)
• Opaques : arrêtent la lumière (la plupart des solides)
• Translucides : laissent passer la lumière mais on ne distingue pas les détails (papier calque, verre dépoli)
2) Vitesse de la lumière dans le vide
c = 299 792 458 m·s⁻¹
≈ 3,0 × 10⁸ m·s⁻¹
≈ 300 000 km·s⁻¹
• 1 mètre en 3,3 nanosecondes
• La distance Terre-Lune (384 000 km) en environ 1,3 s
• La distance Terre-Soleil (150 millions de km) en environ 8 minutes
3) Vitesse de la lumière dans les milieux
n = c / vmilieu
• c = vitesse de la lumière dans le vide
• vmilieu = vitesse dans le milieu
• n est sans unité et toujours ≥ 1
| Milieu | Indice n |
|---|---|
| Vide | 1,00 (par définition) |
| Air | ≈ 1,00 |
| Eau | 1,33 |
| Glace | 1,31 |
| Verre | 1,52 à 1,62 |
| Diamant | 2,42 |
Exemples :
- Eau : v = c / n = 3,00 × 10⁸ / 1,33 ≈ 2,25 × 10⁸ m·s⁻¹
- Verre : v ≈ 2,00 × 10⁸ m·s⁻¹
• Vitesse dans le vide : c = 3 × 10⁸ m·s⁻¹
• Indice de réfraction : n = c / v (sans unité, ≥ 1)
III — Réfraction et dispersion de la lumière
1) Les lois de la réfraction
Exemple : le dioptre air/verre signifie que le trajet va de l'air vers le verre.
• Rayon incident : rayon qui arrive sur le dioptre
• Rayon réfracté : rayon qui ressort de l'autre côté
• Angle d'incidence i₁ : entre la normale et le rayon incident
• Angle de réfraction i₂ : entre la normale et le rayon réfracté
Les deux angles sont compris entre 0° et 90°.
• 1ʳᵉ loi : rayon incident, rayon réfracté et normale sont dans le plan d'incidence
• 2ᵉ loi : les rayons incident et réfracté sont de part et d'autre de la normale
• 3ᵉ loi : n₁ × sin(i₁) = n₂ × sin(i₂)
• i₁ = 0° → i₂ = 0° (rayon non dévié)
• n₁ > n₂ (vers milieu moins dense) → i₂ > i₁ (le rayon s'écarte de la normale)
• n₁ < n₂ (vers milieu plus dense) → i₂ < i₁ (le rayon se rapproche de la normale)
n₁ × sin(i₁) = n₂ × sin(i₂)
2) Réfraction de la lumière et indice
Plus cette variation est importante, plus le milieu est dispersif.
| λ (nm) | 400 (violet) | 600 (jaune) | 800 (rouge) |
|---|---|---|---|
| Air | 1,000 283 | 1,000 277 | 1,000 275 |
| Verre | 1,470 | 1,458 | 1,453 |
• Le verre varie plus → milieu dispersif
i) L'arc-en-ciel
Pour observer un arc-en-ciel : pluie devant soi, Soleil dans le dos.
ii) Les mirages
Dans l'atmosphère, l'indice de réfraction de l'air dépend de la température → courbure des rayons lumineux → mirage.
• Mirage chaud (inférieur) — observé sur les routes en été. L'œil reçoit la couleur du ciel par un rayon qui s'est rapproché du sol → impression d'une flaque d'eau lointaine
• Mirage froid (supérieur) — couches chaudes en altitude, froides au sol. Tout objet au-delà de l'horizon peut alors apparaître
iii) Scintillation des étoiles
iv) Position des astres
Cela allonge la durée du jour : aux équinoxes, la durée d'éclairement est supérieure à 12 heures.
• La réfraction permet d'expliquer arcs-en-ciel, mirages et scintillation des étoiles
3) Réflexion de la lumière
• i = angle d'incidence
• i' = angle de réflexion (par rapport à la normale)
• 1ʳᵉ loi : rayon incident, rayon réfléchi et normale sont dans le plan d'incidence
• 2ᵉ loi : les rayons incident et réfléchi sont de part et d'autre de la normale
• 3ᵉ loi : i = i'
Fibroscopie / endoscopie : technique d'imagerie médicale permettant de visualiser les parois de certains organes par insertion d'un tube souple muni d'une source lumineuse.
• Loi de la réflexion : i = i'
4) Dispersion de la lumière
• nviolet ≈ 1,66
• nrouge ≈ 1,61
→ Le rayon violet est plus dévié que le rayon rouge par un prisme.
• Un prisme dévie plus le violet que le rouge
• Seul le vide n'est pas dispersif (n = 1 strictement)
Calcule la vitesse de la lumière dans le diamant (n = 2,42). On donne c = 3,00 × 10⁸ m·s⁻¹.
- v = c / n = 3,00 × 10⁸ / 2,42 ≈ 1,24 × 10⁸ m·s⁻¹
- La lumière va environ 2,4 fois moins vite dans le diamant que dans le vide.
Pour chaque source, dis le type de spectre attendu : (a) filament d'une lampe à incandescence ; (b) gaz d'hydrogène excité ; (c) lumière du Soleil après son atmosphère.
- (a) Spectre continu (corps dense et chaud)
- (b) Spectre de raies d'émission (gaz à basse pression)
- (c) Spectre continu avec raies d'absorption (lumière de la photosphère + absorptions par les gaz de l'atmosphère solaire)
Un rayon lumineux passe de l'air (n₁ = 1,00) à l'eau (n₂ = 1,33) avec un angle d'incidence i₁ = 30°. Calcule l'angle de réfraction i₂.
- n₁·sin(i₁) = n₂·sin(i₂)
- 1,00 × sin(30°) = 1,33 × sin(i₂)
- sin(i₂) = sin(30°) / 1,33 = 0,500 / 1,33 ≈ 0,376
- i₂ = arcsin(0,376) ≈ 22°
- Le rayon se rapproche de la normale (n₁ < n₂) ✅
La distance Terre-Soleil est d ≈ 150 millions de km. Combien de temps met la lumière du Soleil pour nous parvenir ?
- d = 150 × 10⁶ km = 1,5 × 10¹¹ m
- Δt = d / c = 1,5 × 10¹¹ / 3,0 × 10⁸ = 500 s ≈ 8 min 20 s
- Quand on regarde le Soleil, on le voit tel qu'il était il y a 8 minutes !
Dans un milieu inconnu, la lumière se propage à v = 1,8 × 10⁸ m·s⁻¹. Calcule l'indice n de ce milieu et identifie-le parmi : eau (n=1,33), verre (n=1,52), diamant (n=2,42).
- n = c / v = 3,0 × 10⁸ / 1,8 × 10⁸ = 1,67
- Cet indice ne correspond à aucune des 3 valeurs proposées exactement, mais est le plus proche du verre (1,52–1,62) — peut-être un verre dense / cristal optique.
Le spectre d'une étoile présente des raies d'absorption à λ = 410 nm, 434 nm, 486 nm, 656 nm — qui correspondent toutes à l'hydrogène. Le spectre présente aussi des raies à 589,0 nm et 589,6 nm correspondant au sodium. Que peux-tu dire de l'atmosphère de cette étoile ?
- L'atmosphère de l'étoile contient au moins de l'hydrogène et du sodium (un ion ou un atome).
- La présence des raies caractéristiques de ces éléments dans le spectre d'absorption prouve qu'ils ont absorbé certaines radiations émises par la photosphère.
- Note : on ne peut rien dire des éléments dont les raies n'apparaissent pas — ils peuvent être absents, ou présents sans absorber dans les conditions données.
Une fibre optique a un cœur d'indice n₁ = 1,52 et une gaine d'indice n₂ = 1,46. Calcule l'angle limite au-delà duquel la lumière subit une réflexion totale dans le cœur.
- L'angle limite est tel que sin(i₂) = 1 (rayon réfracté à 90°)
- n₁·sin(ilimite) = n₂ × 1 → sin(ilimite) = n₂ / n₁ = 1,46 / 1,52 ≈ 0,961
- ilimite = arcsin(0,961) ≈ 74°
- Au-delà de cet angle, la lumière est totalement réfléchie et reste piégée dans le cœur de la fibre.
Un poisson est observé à 30° sous la surface de l'eau (angle par rapport à la verticale). Le pêcheur regarde dans cette direction depuis la surface. À quelle direction réelle se trouve le poisson ? Explique pourquoi le pêcheur doit viser un peu en dessous de l'image qu'il voit.
- Le rayon partant du poisson à 30° dans l'eau (n₂ = 1,33) sort dans l'air (n₁ = 1,00) en se réfractant.
- n₂·sin(i₂) = n₁·sin(i₁) → 1,33 × sin(30°) = 1,00 × sin(i₁)
- sin(i₁) = 1,33 × 0,5 = 0,665 → i₁ ≈ 42°
- Le pêcheur voit donc le poisson à 42° par rapport à la verticale (à la surface de l'eau).
- Le cerveau prolonge le rayon en ligne droite et perçoit le poisson plus haut que sa position réelle. Pour le harponner, il faut viser plus bas que la position perçue.
La perception de la lumière
Lentilles · Œil · Accommodation · Appareil photo
I — Les lentilles
1) Conditions de visibilité d'un objet
• Sources primaires — créent des rayons lumineux (Soleil, lampe, laser…)
• Sources secondaires (objets diffusifs) — diffusent (réfléchissent) la lumière créée par une autre source (Lune, livre, mur…)
Exemple : le Soleil est une source primaire. La Lune est une source secondaire car elle ne crée pas de lumière mais diffuse celle du Soleil.
• L'objet émet des rayons lumineux (source primaire ou secondaire)
• Aucun obstacle entre l'objet et l'œil
2) Qu'est-ce qu'une lentille ?
Une lentille est dite « mince » lorsque son épaisseur en son centre est petite par rapport à son diamètre.
Exemples d'instruments avec lentilles : appareil photographique, caméscope, rétroprojecteur, vidéoprojecteur, microscope, lunette astronomique, lunettes optiques.
3) Les deux types de lentilles minces
• Lentille divergente — bords plus épais que le centre. Fait diverger les rayons
• Convergente (loupe) → texte plus gros
• Divergente → texte plus petit
4) Éléments caractéristiques d'une lentille
• Centre optique O — point par lequel tout rayon passe sans être dévié
Une mesure algébrique est une longueur affectée d'un signe, permettant d'en orienter le sens. Notation : trait au-dessus, ex. $\overline{OF'}$.
Distance focale image f' — distance entre le centre optique O et le foyer F' :
f' = $\overline{OF'}$
C = 1 / f'
Unité : dioptrie (δ) = m⁻¹
Exemples :
- Lentille de f' = 0,2 m → C = 1/0,2 = 5 δ
- Lentille de C = 8,0 δ → f' = 1/8,0 = 0,125 m = 12,5 cm
• Convergente → f' > 0 et C > 0
• Divergente → f' < 0 et C < 0
γ = $\overline{A'B'}$ / $\overline{AB}$
Le grandissement est algébrique et sans unité :
• γ > 0 → objet et image de même sens
• γ < 0 → objet et image de sens opposé
• |γ| > 1 → image agrandie
• |γ| < 1 → image réduite
• Centre optique O — rayons non déviés
• Distance focale f' = $\overline{OF'}$
• Vergence C = 1/f' en dioptries
• Grandissement γ = rapport algébrique des tailles
5) Construction de l'image d'un objet
• Rayon 1 — passe par O, n'est pas dévié
• Rayon 2 — arrive parallèle à Δ, émerge en passant par F'
• Rayon 3 — passe par F (foyer objet), émerge parallèle à Δ
Deux rayons suffisent pour construire B'. A' est sur l'axe à la verticale de B'.
• Objet avant le foyer F : image réelle, agrandie, renversée (γ < −1)
• Objet au foyer F : image à l'infini (rayons parallèles en sortie)
• Objet entre F et O : image virtuelle, agrandie, droite (γ > 1) — c'est le principe de la loupe
• Objet à l'infini : image réelle, réduite, renversée, formée au foyer F'
• Lentilles minces : épaisseur faible / diamètre
• Deux types : convergentes (centre plus épais) et divergentes (centre plus mince)
II — L'œil et l'appareil photographique
1) Modélisation optique de l'œil
• Cornée — transparente, à l'avant
• Humeur aqueuse — liquide transparent
• Iris — coloré, percé d'un trou (la pupille)
• Cristallin — équivalent à une lentille convergente
• Humeur vitrée — liquide transparent
• Rétine — membrane photosensible où se forment les images, au fond de l'œil
• Nerf optique — assure la liaison avec le cerveau
L'ensemble équivaut à une lentille convergente. Une image inversée de l'objet se forme sur la rétine.
| Appareil photo | Œil | Fonction |
|---|---|---|
| Diaphragme | Iris | Régule la quantité de lumière |
| Objectif | Cristallin | Concentre les rayons |
| Capteur / pellicule | Rétine | Capte l'image |
• Iris → diaphragme
• Cristallin → lentille convergente
• Rétine → écran (surface plane et blanche)
2) L'accommodation
Au repos, il voit les objets situés à l'infini (Lune, Soleil, étoiles). L'image se forme alors sur la rétine, qui se trouve donc au niveau du foyer image F' du cristallin.
• Lune → à l'infini ✅
• TV à 5 m → à l'infini ✅
• Écran d'ordi à 60 cm → objet proche
Deux solutions :
• Mise au point — déplacer la rétine (impossible anatomiquement)
• Accommodation — changer la distance focale du cristallin (mécanisme adopté par l'œil)
• Son foyer F' se rapproche de O
• Sa distance focale f' diminue
• Sa vergence augmente
→ Plus un objet est proche, plus le cristallin doit être convergent.
Remarque 2 — Punctum proximum : point limite le plus proche. Pour un jeune adulte, environ 15 cm ; en moyenne, dPP = 25 cm.
Remarque 3 — Presbytie : avec l'âge, la capacité d'accommodation diminue. Se corrige avec des lentilles convergentes. Autres défauts : myopie et hypermétropie.
• Objet à l'infini → capteur dans le plan focal image (5,0 cm de l'objectif)
• Objet proche (1,6 m) → l'image se forme à 7,2 cm de l'objectif → l'objectif doit avancer de 2,2 cm
C'est la mise au point (manuelle ou autofocus).
• Appareil photo : durée d'exposition réglable par l'obturateur. Une longue durée permet de photographier des objets peu lumineux.
• Œil : l'image s'efface et se reforme tous les ~1/10 s (réactions photochimiques sur la rétine). Non réglable.
→ L'œil ne peut pas voir les mouvements trop rapides ni les objets très peu lumineux.
• Pour voir des objets proches, le cristallin se déforme : c'est l'accommodation (vergence augmente)
• Pour un appareil photo, on parle de mise au point (déplacement de l'objectif)
Pour chaque cas, dis si c'est une source primaire ou secondaire : (a) une bougie ; (b) un livre éclairé ; (c) une étoile ; (d) une planète ; (e) un écran de smartphone ; (f) un miroir.
- (a) Bougie → primaire (la flamme crée la lumière)
- (b) Livre éclairé → secondaire (réfléchit la lumière)
- (c) Étoile → primaire
- (d) Planète → secondaire (renvoie la lumière de son étoile)
- (e) Écran de smartphone → primaire (les pixels créent la lumière)
- (f) Miroir → secondaire (renvoie la lumière qu'il reçoit)
(a) Une lentille a une distance focale f' = 25 cm. Calcule sa vergence en dioptries. (b) Une lentille a une vergence C = −4,0 δ. Quelle est sa distance focale ? Cette lentille est-elle convergente ou divergente ?
- (a) C = 1/f' = 1/0,25 = 4,0 δ (lentille convergente)
- (b) f' = 1/C = 1/(−4,0) = −0,25 m = −25 cm → C < 0 → lentille divergente
Une lentille convergente a une distance focale f' = 5 cm. Un objet AB de hauteur 2 cm est placé à 15 cm devant la lentille (A sur l'axe). En traçant les rayons principaux, détermine la position et la taille de l'image. Elle est réelle ou virtuelle ? Agrandie ou réduite ? Droite ou renversée ?
- L'objet est avant le foyer F (situé à 5 cm avant O), à 15 cm de O
- L'image AB' se forme au-delà du foyer F' (de l'autre côté de la lentille)
- Tracé : rayon par O non dévié + rayon parallèle à Δ → passe par F' → leur intersection donne B'
- Calcul fin (relation de conjugaison, hors programme strict mais vérifiable graphiquement) : l'image se forme à environ 7,5 cm de la lentille, hauteur ≈ 1 cm dans l'autre sens.
- Image : réelle (formable sur écran), réduite (|γ| ≈ 0,5), renversée (γ < 0)
Une loupe a une vergence C = 10 δ. Quelle est sa distance focale ? Si on place un timbre à 5 cm de la loupe, l'image obtenue est-elle agrandie et droite (donc utilisable comme loupe) ?
- f' = 1/10 = 0,10 m = 10 cm
- Le timbre est à 5 cm — donc entre F et O (puisque le foyer F est à 10 cm avant O)
- Dans cette configuration, l'image est virtuelle, agrandie et droite ✅ — c'est bien le mode loupe
Pour chaque cas, dis si la lentille est convergente ou divergente : (a) Une lunette de myope ; (b) une lunette de presbyte ; (c) une loupe ; (d) un objectif d'appareil photo qui forme une image sur un capteur.
- (a) Lunette de myope → divergente (la myopie correspond à un œil trop convergent, on compense avec une lentille divergente)
- (b) Lunette de presbyte → convergente (compense la perte d'accommodation)
- (c) Loupe → convergente
- (d) Objectif d'appareil photo → convergente (forme une image réelle sur le capteur)
Un objet de hauteur 1,5 cm donne une image de hauteur 4,5 cm dans le même sens. (a) Calcule le grandissement γ. (b) L'image est-elle réelle ou virtuelle ? Justifie.
- (a) γ = A'B' / AB = +4,5 / +1,5 = +3,0
- (b) γ > 0 → image et objet de même sens (droite). |γ| > 1 → image agrandie. Une image droite et agrandie est généralement virtuelle (mode loupe : objet entre F et O).
L'œil emmétrope a une distance focale au repos f'repos ≈ 17 mm (entre cristallin et rétine). Quand il regarde un objet à 25 cm (punctum proximum), à quelle distance focale doit-il accommoder ? Sa vergence augmente-t-elle ou diminue-t-elle ? De combien ?
- Au repos : Crepos = 1/0,017 ≈ 59 δ
- Pour voir un objet à 25 cm avec l'image qui se forme toujours à 17 mm derrière le cristallin, en utilisant la formule de conjugaison (1/f' = 1/d' − 1/d avec convention algébrique) :
- 1/f' = 1/0,017 + 1/0,25 = 58,8 + 4,0 ≈ 62,8 δ → f' ≈ 15,9 mm
- Variation de vergence (« accommodation ») : ΔC = 62,8 − 58,8 = ≈ 4 δ
- La vergence du cristallin augmente d'environ 4 δ pour voir au punctum proximum.
Un appareil photo a un objectif de distance focale f' = 50 mm. Le capteur est initialement placé à 50 mm de l'objectif (réglé pour photographier l'infini). Pour photographier un objet à 1,0 m, on doit déplacer l'objectif de telle sorte que l'image se reforme sur le capteur. (a) Où se forme l'image d'un objet à 1,0 m ? (b) De combien faut-il déplacer l'objectif ?
- Formule de conjugaison : 1/d' − 1/d = 1/f' avec d = −1,0 m (objet en amont) et f' = 0,050 m
- 1/d' = 1/f' + 1/d = 1/0,050 + 1/(−1,0) = 20 − 1,0 = 19 → d' = 1/19 ≈ 0,0526 m = 52,6 mm
- L'image se forme à 52,6 mm de l'objectif, donc 2,6 mm derrière la position initiale du capteur
- Pour que l'image reste sur le capteur, il faut avancer l'objectif de 2,6 mm (le capteur reste fixe). C'est la mise au point.
Signaux et capteurs électriques
Circuits · Lois · Loi d'Ohm · Caractéristiques · Capteurs résistifs
I — Les circuits électriques
1) Symboles de quelques dipôles
| Dipôle | Symbole |
|---|---|
| Pile | deux barres + et − |
| Générateur | cercle avec G |
| Lampe | cercle avec ⊗ |
| Interrupteur ouvert | levier non fermé |
| Interrupteur fermé | levier fermé |
| Diode | triangle pointant vers une barre |
| DEL (LED) | diode + flèches lumineuses |
| Moteur | cercle avec M |
| Résistance | rectangle |
| Fil de connexion | trait simple |
2) Schéma du circuit électrique
3) Le montage électrique en série
i) Comment réaliser un circuit en boucle simple ?
ii) Si une lampe est dévissée : les deux lampes s'éteignent. Le circuit est ouvert, le courant ne circule plus.
iii) Récapitulatif
• Si un dipôle tombe en panne, les autres cessent de fonctionner
i) Influence de l'ordre : en inversant deux dipôles dans un circuit en série, le fonctionnement reste identique.
ii) Influence du nombre : en ajoutant un dipôle (par exemple une DEL en série), les dipôles existants brillent moins fort.
• Inverser l'ordre → fonctionnement inchangé
• Changer le nombre → fonctionnement modifié
Un fil de connexion branché aux bornes d'une lampe la « met en court-circuit » : la lampe court-circuitée s'éteint, et la lampe restante brille plus fort.
4) Le montage électrique en dérivation
i) Comment réaliser deux boucles ?
ii) Trois boucles : on peut alimenter séparément 3 lampes par la pile → 3 boucles indépendantes.
iii) Si une lampe est dévissée : elle s'éteint, mais l'autre continue de briller normalement (sa boucle reste fermée).
iv) Récapitulatif
• Si un dipôle tombe en panne, les autres continuent de fonctionner
i) Installations domestiques : classiques en dérivation. On peut allumer indépendamment lumière de la cuisine, du couloir, du séjour, télé, ordinateur…
ii) Un interrupteur par boucle : chaque interrupteur commande l'ouverture/fermeture de sa boucle.
Si on ajoute un fil aux bornes d'une lampe en dérivation, le fil court-circuite les deux boucles → les deux lampes s'éteignent.
5) L'intensité du courant électrique
• Circuit ouvert : déplacement désordonné des électrons libres
• Circuit fermé : déplacement ordonné → c'est le courant électrique
Le générateur joue le rôle d'une « pompe à électrons ».
• Sens de déplacement des e⁻ opposé au sens conventionnel
• Intensité I exprimée en ampère (A)
6) La tension électrique
Trois générateurs peuvent avoir des potentiels différents à leurs bornes, mais la même différence de potentiel :
| Générateur | Pôle + | Pôle − | ddp |
|---|---|---|---|
| a | 2,0 V | 0 V | 2,0 V |
| b | 4,3 V | 2,3 V | 2,0 V |
| c | 1,7 V | −0,3 V | 2,0 V |
Exemple 1 — Convention générateur :
Pour un générateur, UBA = VB − VA est représentée dans le sens du courant. S'applique à tout dipôle fonctionnant en générateur (pile, photopile…).
Exemple 2 — Convention récepteur :
Pour un récepteur, UAB = VA − VB est représentée dans le sens opposé au courant. S'applique à tout dipôle fonctionnant en récepteur (lampe, moteur…).
II — Les lois des circuits électriques
1) Préambule
• Nœud = point de connexion entre au moins 3 fils
• Branche = portion de circuit entre deux nœuds consécutifs
• Maille = ensemble de branches formant un circuit fermé (avec ou sans générateur)
2) Loi des nœuds
Exemple : Au nœud A, le courant entrant I = 150 mA se sépare en I₁ et I₂ = 65 mA. On a I = I₁ + I₂ → I₁ = 150 − 65 = 85 mA.
3) Loi des mailles
• + si la flèche de tension est dans le même sens que le parcours
• − si la flèche est dans le sens opposé
Exemple : Dans une maille avec UG = 6,0 V (générateur), U1 et UR = 2,4 V (résistance), avec un moteur en série :
UG − UR − U2 = 0 → U2 = 6,0 − 2,4 = 3,6 V
4) Loi d'Ohm
U = R × I
• U en volts (V)
• R en ohms (Ω)
• I en ampères (A)
Exemple 1 : R = 10 kΩ avec U = 12,0 V → I = U/R = 12,0 / 10 000 = 1,2 × 10⁻³ A = 1,2 mA
Exemple 2 : R traversée par I = 150 mA avec U = 3,0 V → R = U/I = 3,0 / 0,150 = 20 Ω
5) Caractéristique d'un dipôle
• Caractéristique tension-intensité : U = f(I)
• Caractéristique intensité-tension : I = f(U)
Exemple 1 — Conducteur ohmique : caractéristique U = f(I) = droite passant par l'origine à température constante. Pente = R.
Exemple 2 — Lampe à incandescence (filament en tungstène) : caractéristique non linéaire car la résistance du filament augmente avec la température. Tous les fils métalliques ont une telle caractéristique si T varie. À T constante, ce sont des conducteurs ohmiques.
Exemple 3 — Générateur de tension : il possède une tension à ses bornes même sans courant : la force électromotrice (fém) notée E. Lorsque le générateur débite, U diminue : U = E − r × I où r est la résistance interne de la pile.
Exemple 4 — Diode : elle n'est passante que lorsque U dépasse un seuil (≈ 0,6 V pour une diode au silicium). Quand passante : U varie peu en fonction de I (≈ fil). Quand bloquée : ≈ interrupteur ouvert.
6) Point de fonctionnement
• Loi des nœuds pour les intensités
• Loi des mailles pour les tensions
• Loi d'Ohm qui les relie pour les dipôles ohmiques
• La caractéristique = ensemble des couples (U, I) possibles
• Le point de fonctionnement = intersection des caractéristiques de 2 dipôles en série
III — Les capteurs électriques
1) Définition et étalonnage d'un capteur
Les capteurs sont présents dans un grand nombre d'objets du quotidien :
- Gyroscope — orientation d'un avion ou d'un drone
- Détecteur de mouvement — alarme ou pilotage d'éclairage
- Télémètre laser — mesure de distance (robots aspirateurs, radars de recul)
- Thermomètre — pilotage du chauffage
- Anémomètre — vitesse du vent (mise en sécurité d'éoliennes ou volets roulants)
Exemple : une thermistance est une résistance dont la valeur varie avec la température. Sur une courbe d'étalonnage, on peut lire R = 119,7 Ω lorsque θ = 20,0 °C.
2) Cas des capteurs résistifs
• Étalonner sa résistance en fonction du paramètre mesuré
• Réaliser un circuit permettant d'obtenir une tension qui dépendra de cette résistance
Trois exemples de capteurs résistifs :
| Capteur | Paramètre | Variation R | Applications |
|---|---|---|---|
| Thermistance CTN | Température | R diminue quand T augmente | Thermomètre, thermostat, détecteur d'incendie |
| Photorésistance (LDR) | Éclairement | R augmente avec la luminosité (en valeur conductrice elle augmente, mais selon le PDF: R augmente avec lumière) | Allumage automatique, ouverture de portes, alarmes |
| Jauge de contrainte | Pression | R augmente avec la pression | Balance électronique, capteur de déformation |
La courbe d'étalonnage représente l'évolution de la grandeur de sortie en fonction de la grandeur d'entrée.
Une résistance R = 220 Ω est traversée par I = 50 mA. Calcule la tension à ses bornes.
- I = 50 mA = 0,050 A
- U = R × I = 220 × 0,050 = 11 V
Une résistance soumise à U = 6,0 V est parcourue par I = 30 mA. Calcule sa valeur.
- I = 30 mA = 0,030 A
- R = U / I = 6,0 / 0,030 = 200 Ω
À un nœud, le courant entrant est I = 250 mA. Il se sépare en deux branches portant respectivement I₁ = 90 mA et I₂. Calcule I₂.
- Loi des nœuds : I = I₁ + I₂
- I₂ = I − I₁ = 250 − 90 = 160 mA
Dans un circuit série, UG = 9,0 V (générateur), U1 est aux bornes d'une lampe et U2 = 3,5 V aux bornes d'une résistance. Calcule U1.
- Loi des mailles : UG − U1 − U2 = 0
- U1 = UG − U2 = 9,0 − 3,5 = 5,5 V
Une pile a une fém E = 4,5 V et une résistance interne r = 0,5 Ω. Quand elle débite I = 2,0 A, quelle est la tension à ses bornes ?
- U = E − r × I = 4,5 − 0,5 × 2,0 = 4,5 − 1,0 = 3,5 V
- La tension chute à cause de la résistance interne.
Sur la caractéristique d'un conducteur ohmique, on lit U = 8,0 V quand I = 40 mA. Calcule R et déduis la valeur de I quand U = 12 V.
- R = U/I = 8,0 / 0,040 = 200 Ω
- I = U/R = 12 / 200 = 0,060 A = 60 mA
Une pile de fém E = 4,5 V et r = 0,5 Ω est mise en court-circuit (R = 0 dans le circuit extérieur). Calcule l'intensité du courant. Pourquoi est-ce dangereux ?
- Upile = E − r × I et Upile = 0 (court-circuit) → 0 = E − r × I → I = E/r
- I = 4,5 / 0,5 = 9,0 A — courant très intense !
- Dangereux : la pile chauffe (effet Joule), peut s'enflammer ou exploser. C'est pour ça qu'on utilise des fusibles/disjoncteurs.
Une thermistance CTN a une résistance R = 5,0 kΩ à 20 °C, R = 2,5 kΩ à 50 °C. Justifie qu'il s'agit bien d'une CTN. Si on mesure R = 3,3 kΩ, peut-on estimer la température (en supposant l'évolution linéaire entre les deux points) ?
- CTN = Coefficient de Température Négatif → R diminue quand T augmente. Ici R passe de 5,0 à 2,5 kΩ quand T passe de 20 à 50 °C → ✅ c'est bien une CTN.
- Linéarisation : (R − 5,0) / (T − 20) = (2,5 − 5,0) / (50 − 20) = −2,5 / 30 ≈ −0,083 kΩ/°C
- Pour R = 3,3 kΩ : 3,3 − 5,0 = −0,083 × (T − 20) → T − 20 = 1,7 / 0,083 ≈ 20 → T ≈ 40 °C
- Note : en réalité, la courbe d'une CTN n'est pas linéaire mais exponentielle ; ici on a fait une approximation locale.
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