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Physique-Chimie
Seconde — PC
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Thème 1 · Chapitre 1

Corps purs et mélanges d'espèces chimiques

Espèces chimiques · Propriétés physiques · Solutions aqueuses · Dosages

I — Corps purs et mélanges au quotidien

1) Notion d'espèce chimique

a) Définition
Définition — Une espèce chimique correspond à un ensemble d'entités chimiques (atomes, ions, molécules, etc.) identiques. Elle est représentée par une formule chimique brute.

Exemples :

  • H₂O est la formule brute de l'eau
  • Fe est la formule brute du fer
b) Corps purs

i) Définition

Définition — Un corps pur est composé d'une seule espèce chimique sous forme atomique ou moléculaire.

Exemples :

  • à l'état solide : l'or (Au), le chlorure de sodium (NaCl)
  • à l'état liquide : l'eau (H₂O), l'acétone (C₃H₆O)
  • à l'état gazeux : l'hélium (He), le dioxygène (O₂)

ii) Corps purs simples et corps purs composés

• Lorsque les atomes formant un corps pur sont identiques, c'est un corps pur simple (dioxygène O₂, diazote N₂, fer Fe…)
• Lorsque les atomes formant un corps pur sont différents, c'est un corps pur composé (eau H₂O, dioxyde de carbone CO₂…)

iii) Récapitulatif

Qu'il soit simple ou composé, un corps pur n'est constitué que d'une seule espèce chimique.
c) Mélanges

i) Définition

Définition — Un mélange est composé d'au moins deux espèces chimiques. La composition d'un mélange précise les proportions en masses ou en volumes de chaque espèce chimique pure dans les mêmes conditions de température et de pression.
Pourcentage massique %m(A) d'une espèce chimique de masse m(A) dans un mélange de masse m :

%m(A) = m(A) / m × 100

Exemples :

  • Une poêle en fonte de masse m = 3,6 kg pour la cuisine contient une masse de fer m(Fe) = 3,42 kg.
    %m(Fe) = 3,42 / 3,6 × 100 = 95 %
  • Le pourcentage massique de cuivre dans une pièce de 10 centimes d'euro de masse m = 4,14 g est de 89 %.
    m(Cu) = 89/100 × 4,14 = 3,68 g
Pourcentage volumique %V(A) d'une espèce chimique de volume V(A) dans un mélange de volume V :

%V(A) = V(A) / V × 100

Exemples :

  • Le volume d'acide éthanoïque dans 200 mL de vinaigre blanc est V(A) = 16 mL.
    %V(A) = 16/200 × 100 = 8 %
  • Le pourcentage volumique de O₂ dans un ballon de football rempli d'air de V = 5,58 L est de 20 %.
    V(O₂) = 20/100 × 5,58 = 1,12 L
Remarque : Le pourcentage massique ou volumique peut s'appliquer à n'importe quel mélange et sous n'importe quel état de la matière.

ii) Mélanges homogènes

Exemple : la menthe à l'eau. On ne distingue pas les constituants → c'est un mélange homogène.

Remarque :
• Mélange homogène avec des gaz/solides → on dit qu'ils sont solubles dans le solvant
• Mélange homogène avec des liquides → on dit qu'ils sont miscibles entre eux

iii) Mélanges hétérogènes

Exemple : le jus d'orange avec pulpe en suspension → mélange hétérogène.

Remarque :
• Mélange hétérogène avec gaz/solides → ils sont insolubles dans le solvant
• Mélange hétérogène avec liquides → ils sont non miscibles entre eux

iv) Récapitulatif

• Un mélange est homogène lorsqu'on ne peut pas en distinguer à l'œil nu les constituants
• Un mélange est hétérogène lorsqu'on peut en distinguer à l'œil nu les constituants
• Dès qu'un mélange contient de l'eau, on parle de mélange aqueux
• La composition d'un mélange est donnée par le pourcentage massique ou volumique de chaque espèce

2) Propriétés physiques des espèces chimiques

a) Masse volumique et densité d'un corps

i) Masse volumique

Définition — La masse volumique est une grandeur physique caractérisant la masse d'un corps par unité de volume V, notée ρ (rhô) :

ρ = m / V

Unité légale : kg·m⁻³. Autres unités usuelles : g·L⁻¹ ou g·mL⁻¹.

Quelques valeurs de masse volumique :

Corps purÉtatρ (g·mL⁻¹)ρ (kg·m⁻³)
Airgaz0,00131,3
Héliumgaz0,000170,17
Eauliquide1,01 000
Eau (glace)solide0,92920
Fersolide7,97 900
Aluminiumsolide2,72 700
Polystyrènesolide0,01515
Bétonsolide2,52 500

ii) Densité

Densité d'un solide ou d'un liquide — rapport de la masse volumique du corps à celle de l'eau liquide (mêmes unités) :

d = ρcorps / ρeau

La densité est sans unité. Elle est d'autant plus grande que la masse volumique du corps est importante.

Exemple 1 : ρeau = 1 g·mL⁻¹. Si ρfer = 7,9 g·mL⁻¹, alors dfer = 7,9 / 1 = 7,9.

Exemple 2 : à 25 °C, l'éthanol a une densité d = 0,780. À la même température, ρeau = 1,00 g·mL⁻¹. On en déduit :
ρéthanol = d × ρeau = 0,780 × 1,00 = 0,780 g·mL⁻¹

Densité d'un gaz — rapport de la masse volumique du gaz à celle de l'air (mêmes unités) :

d = ρcorps / ρair

Exemple 3 : ρair = 1,3 g·L⁻¹. Si ρhélium = 0,17 g·L⁻¹, alors dhélium = 0,17 / 1,3 = 0,13.

Exemple 4 : le diazote a une densité d = 0,97 par rapport à l'air. On détermine :
ρdiazote = 0,97 × 1,3 = 1,26 g·L⁻¹

b) Températures de changement d'état
Changement d'état — passage d'une substance d'un état physique à un autre, sans modification de la structure de l'espèce chimique. Les changements d'état ont lieu à une température caractéristique de la substance, à une pression donnée.

À pression donnée, la température de changement d'état entre deux états physiques donnés est identique pour les deux transformations réciproques.
• Température de fusion Tfus — passage solide → liquide
• Température d'ébullition Téb — passage liquide → gazeux

Quelques exemples :

Espèce chimiqueTfus (°C)Téb (°C)
Eau0100
Acétone−9556
Menthol38234
Fer1 5352 750
Plomb3281 740
Mercure−39357
La mesure de la température de fusion d'un solide est simple et rapide à mettre en œuvre, grâce à un appareil appelé banc Köfler.
c) Solubilité d'une espèce chimique
Définition — La solubilité, le plus souvent exprimée en g·L⁻¹, est la masse maximale d'une espèce chimique dissoute dans un volume de solvant donné, et à une température donnée.
La solubilité dépend en premier lieu du solvant et des interactions qu'ils peuvent avoir. Pour un solvant donné, la solubilité augmente en général avec la température.

Exemples :

  • Solubilité du jaune de tartrazine (colorant alimentaire dans le sirop de menthe) : 0,11 g·L⁻¹ dans l'eau, 10× moins dans l'éthanol
  • Solubilité du diiode dans le cyclohexane : 28 g·L⁻¹ à 25 °C, plus du double à 50 °C
Solution saturée — Toute espèce chimique dont la solubilité dans un solvant est mesurable est dite soluble. Tant que la masse maximale n'est pas atteinte, le mélange reste homogène. Si elle est dépassée, l'espèce ne se dissout plus : c'est la saturation.

Une espèce chimique dont la solubilité est presque nulle est qualifiée de non soluble dans ce solvant.
d) Récapitulatif
Les caractéristiques physiques d'une espèce chimique constituent sa carte d'identité et permettent de l'identifier :
• sa masse volumique ρ (en g·L⁻¹) ou sa densité d (sans unité)
• sa température de fusion Tfus ou d'ébullition Téb
• sa solubilité

3) Identification des espèces chimiques

a) Tests chimiques
Définition — Un test chimique est une expérience dont le résultat positif (changement de couleur, apparition d'un précipité, etc.) permet de mettre en évidence la présence de certaines espèces chimiques.

Exemple 1 — Test à l'eau : le sulfate de cuivre anhydre est blanc, mais au contact de l'eau, il devient bleu.

Exemple 2 — Tests d'identification d'ions : formation de précipités caractéristiques (vidéo en Ressources).

Exemple 3 — Tests d'identification des gaz :

GazTestTest positif
Dihydrogène H₂Allumette enflamméeDétonation (« pop »)
Dioxygène O₂Bûchette incandescenteRavive l'incandescence
Dioxyde de carbone CO₂Eau de chauxPrécipité blanc
Test à la flamme — procédé pour détecter la présence de certains ions métalliques, basé sur les couleurs prises par une flamme pour chaque élément (vidéo en Ressources).
b) Température de changement d'état
Identification par palier de température : à pression constante, la température reste constante lors du changement d'état d'un corps pur → on observe un palier de température.

En revanche, elle varie lors du changement d'état d'un mélange : aucun palier ne peut être observé.

Exemple — eau pure vs eau salée : au chauffage, l'eau pure bout à 100 °C (palier), tandis qu'une eau salée a une température d'ébullition qui varie continûment.

c) Chromatographie sur couche mince (CCM)
Principe — Technique permettant de séparer et identifier les constituants d'un mélange homogène.

i) Étapes d'une CCM

Une CCM nécessite :
• un support = phase fixe (plaque d'aluminium recouverte de silice)
• un éluant = phase mobile (un solvant ou mélange de solvants)

Une ou plusieurs gouttes des substances à analyser sont placées sur la ligne de dépôt. La plaque est plongée dans l'éluant : c'est l'élution.

Étapes :

  1. Préparation — On dépose la substance à analyser à environ 1 cm du bord de la plaque
  2. Élution — La plaque est déposée dans la cuve à chromatographie. L'éluant monte par capillarité jusqu'au sommet
  3. Exploitation — On compare les hauteurs des taches obtenues
Remarque 1 : les espèces se séparent car leurs vitesses d'élution diffèrent. Plus une espèce est soluble dans l'éluant, plus elle monte vite. Chaque espèce est aussi plus ou moins retenue par la phase fixe.

Remarque 2 : si les espèces sont colorées, on observe directement des taches. Sinon, il faut révéler (lampe UV ou réactif coloré).

Remarque 3 : il existe d'autres types de chromatographie (sur colonne, en phase gazeuse).
d) Récapitulatif
• Une espèce chimique peut être identifiée par un test chimique
• On peut aussi mesurer une température de changement d'état et la comparer à une valeur de référence — un corps pur produit un palier, un mélange non
• La CCM permet de séparer et identifier les constituants d'un mélange homogène

II — Les solutions aqueuses, un exemple de mélange

1) Les solutions

a) Qu'est-ce qu'une solution ?

i) Solution, soluté et solvant

Définition — Une solution est obtenue par dissolution d'un soluté dans un solvant. Lorsque le solvant est l'eau, la solution est appelée solution aqueuse.

Exemple : pour préparer une solution aqueuse de glucose, on utilise le glucose comme soluté (espèce dissoute) et l'eau comme solvant (espèce majoritaire).

ii) Dissolution d'une espèce moléculaire ou ionique

Espèce moléculaire : le glucose C₆H₁₂O₆(s), dissous en solution aqueuse, est présent sous forme de molécules C₆H₁₂O₆(aq).

Espèce ionique : le chlorure de sodium NaCl(s), dissous, est présent sous forme d'ions chlorure Cl⁻(aq) et d'ions sodium Na⁺(aq).
Les solutés des solutions aqueuses sont moléculaires ou ioniques. Une solution peut contenir des molécules et/ou des ions.

iii) Solution saturée

Définition — Une solution est saturée lorsque le soluté introduit n'est pas totalement dissous.

Exemple : on ne peut pas dissoudre plus de 350 g de chlorure de sodium pour obtenir 1 L de solution à 25 °C.

b) Concentration massique (titre massique)

Exemple : une ampoule de sérum physiologique contient une solution aqueuse de chlorure de sodium à 9,0 g·L⁻¹. Cela signifie que 9,0 g de NaCl sont dissous dans 1 L de solvant.

Concentration massique Cm :

Cm = m / V

• m : masse de soluté (g)
• V : volume de solution (L)
• Cm : concentration massique (g·L⁻¹)
Remarque : bien qu'ayant les mêmes unités, il ne faut pas confondre concentration massique et masse volumique. La masse volumique est propre à une espèce chimique, tandis que la concentration massique dépend de la masse du soluté et du volume de la solution.
c) Comment préparer une solution de concentration donnée ?

i) Par dissolution d'un solide

Pour une solution S de concentration Cm,S et de volume Vsol, la masse mS de solide à dissoudre est :

mS = Cm,S × Vsol

Exemple : on veut V = 100 mL d'eau sucrée à Cm = 5,5 × 10⁻¹ g·L⁻¹.
m = Cm × V = 5,5 × 10⁻¹ × 0,1 = 5,5 × 10⁻² g

ii) Par dilution d'une solution mère

Pour diluer une solution aqueuse, on ajoute de l'eau distillée à cette solution.
• Solution mère S₁ : concentration Cm,1, volume V₁
• Solution fille S₂ : concentration Cm,2, volume V₂
Conservation du soluté : au cours d'une dilution, la quantité de soluté est conservée :

m₁ = m₂   ⟺   Cm,1 × V₁ = Cm,2 × V₂

Facteur de dilution F = Cm,1 / Cm,2 = V₂ / V₁

Volume d'eau à ajouter : Veau = V₂ − V₁ = F × V₁ − V₁
Remarque : on parle de « dilution de moitié, au quart, au dixième » → facteur de dilution 2, 4, 10.

Exemple : on veut diluer au cinquième une solution mère de Cm,1 = 2,0 × 10⁻² g·L⁻¹ à partir de V₁ = 10 mL.
• Cm,2 = 2,0 × 10⁻² / 5 = 0,4 × 10⁻² g·L⁻¹
• Veau = 5 × 10 − 10 = 40 mL

d) Récapitulatif
• Quand des espèces se dissolvent dans un liquide, on obtient une solution
• Les espèces dissoutes sont les solutés, le liquide majoritaire est le solvant
• Une solution est saturée quand le solvant a dissous la quantité maximale possible
• Une solution peut contenir des molécules et/ou des ions
• Deux méthodes de préparation : dissolution ou dilution

2) Analyse d'une solution

a) Qu'est-ce qu'un dosage ?
Définition — Doser une espèce chimique en solution consiste à déterminer sa quantité de matière dans l'échantillon. La concentration peut ensuite être déduite.
Deux grandes catégories :
• Dosages par étalonnage ou par comparaison (méthodes non destructives) — mesure d'une grandeur physique (absorbance, indice de réfraction, conductance) dont la valeur dépend de la concentration
• Dosages par titrage (méthodes destructives) — réactions chimiques qui consomment l'espèce à doser
b) Dosage par étalonnage ou par comparaison

On commence par préparer une échelle de teinte d'une solution contenant l'espèce à doser.

Remarque : l'échelle de teinte ne permet que d'encadrer la valeur de concentration de la solution cherchée, et non d'en donner une valeur précise.

Exemple 1 — espèce chimique colorée : on dispose de 5 solutions de concentration connue. On mesure l'absorbance A de chacune avec un spectrophotomètre. On construit la courbe d'étalonnage A = f(Cm). On mesure Ainconnue et on lit Cm,inconnue par lecture graphique.

Exemple 2 — espèce chimique incolore (glucose) : on prépare 4 solutions de concentrations connues, on mesure leur masse volumique, on trace ρ = f(Cm), et on lit la concentration de la solution inconnue à partir de sa masse volumique mesurée.

c) Récapitulatif
Doser une espèce chimique dans une solution consiste à déterminer la concentration Cinconnue de l'espèce.

Dans un dosage par étalonnage, on mesure une observable X pour la solution à doser et on compare la valeur Xinconnue avec celles obtenues à partir de concentrations connues constituant la courbe d'étalonnage.
📖 Vocabulaire essentiel
Espèce chimique
Ensemble d'entités identiques (atomes, ions, molécules)
Corps pur
Une seule espèce chimique
Corps pur simple
Atomes identiques (O₂, Fe…)
Corps pur composé
Atomes différents (H₂O, CO₂…)
Mélange homogène
Une seule phase visible
Mélange hétérogène
Plusieurs phases visibles
Mélange aqueux
Mélange contenant de l'eau
Pourcentage massique
%m(A) = m(A)/m × 100
Pourcentage volumique
%V(A) = V(A)/V × 100
Masse volumique ρ
ρ = m/V (kg·m⁻³ ou g·L⁻¹)
Densité d (solide/liquide)
d = ρcorps / ρeau
Densité d (gaz)
d = ρgaz / ρair
Tfus et Téb
Températures de fusion / ébullition
Solubilité
Masse max dissoute dans un volume donné
Banc Köfler
Mesure rapide de Tfus
CCM
Chromatographie sur Couche Mince
Phase fixe
Support de la CCM (silice)
Phase mobile (éluant)
Solvant qui monte par capillarité
Soluté / Solvant
Espèce dissoute / espèce qui dissout
Solution aqueuse
Solvant = eau
Solution saturée
Soluté pas totalement dissous
Concentration massique Cm
Cm = m/V (g·L⁻¹)
Solution mère / fille
Avant / après dilution
Conservation soluté
Cm,1·V₁ = Cm,2·V₂
Facteur de dilution F
F = Cm,1/Cm,2 = V₂/V₁
Dosage
Détermination de la quantité de matière
Spectrophotomètre
Mesure l'absorbance A
Courbe d'étalonnage
Référence pour lire Cinconnue
🗂️ Flashcards
ρ — formule
Clique pour retourner
ρ = m / V
d (solide) — formule
Clique pour retourner
d = ρcorps / ρeau
d (gaz) — formule
Clique pour retourner
d = ρgaz / ρair
ρeau
Clique pour retourner
1,0 g·mL⁻¹ = 1000 kg·m⁻³
ρair
Clique pour retourner
1,3 g·L⁻¹
Tfus eau
Clique pour retourner
0 °C
Téb eau
Clique pour retourner
100 °C
Test du H₂
Clique pour retourner
Détonation (« pop ») à la flamme
Test du O₂
Clique pour retourner
Ravive une bûchette incandescente
Test du CO₂
Clique pour retourner
Trouble l'eau de chaux (précipité blanc)
Cu²⁺ + soude
Clique pour retourner
Précipité bleu
Fe²⁺ + soude
Clique pour retourner
Précipité vert
Fe³⁺ + soude
Clique pour retourner
Précipité rouille
Cm — formule
Clique pour retourner
Cm = m / V (g·L⁻¹)
Conservation à la dilution
Clique pour retourner
Cm,1·V₁ = Cm,2·V₂
Facteur de dilution F
Clique pour retourner
F = V₂/V₁ = Cm,1/Cm,2
Phases d'une CCM
Clique pour retourner
Phase fixe (silice) + phase mobile (éluant)
Palier de température
Clique pour retourner
Corps pur → palier ; mélange → pas de palier
Exercice 1⭐ Facile
Pourcentage massique
Une bague en or 18 carats de masse 5,0 g contient 75 % d'or pur. Calcule la masse d'or pur dans la bague.
  • m(Au) = %m(Au)/100 × m = 75/100 × 5,0 = 3,75 g
Exercice 2⭐ Facile
Identifier corps pur ou mélange
Pour chacun, dis si c'est un corps pur, un mélange homogène ou hétérogène : (a) eau du robinet ; (b) glace pure ; (c) jus d'orange avec pulpe ; (d) air ; (e) lingot d'or 24 carats ; (f) eau salée ; (g) granite.
  • (a) Eau du robinet → mélange homogène (eau + sels minéraux dissous)
  • (b) Glace pure → corps pur (H₂O)
  • (c) Jus avec pulpe → mélange hétérogène
  • (d) Air → mélange homogène (~78 % N₂, 21 % O₂, 1 % autres)
  • (e) Or 24 carats → corps pur
  • (f) Eau salée → mélange homogène
  • (g) Granite → mélange hétérogène (cristaux visibles à l'œil)
Exercice 3⭐ Facile
Masse volumique
Un échantillon d'aluminium a une masse de 81 g et un volume de 30 mL. Calcule sa masse volumique en g·mL⁻¹ et en kg·m⁻³.
  • ρ = m / V = 81 / 30 = 2,7 g·mL⁻¹
  • Conversion : 2,7 g·mL⁻¹ × 1000 = 2700 kg·m⁻³ (cohérent avec le tableau)
Exercice 4⭐⭐ Moyen
Densité et identification
Un liquide inconnu a une masse de 78,5 g pour un volume de 100 mL. Calcule sa masse volumique, puis sa densité par rapport à l'eau. Peut-il s'agir d'éthanol (d = 0,79) ?
  • ρ = m / V = 78,5 / 100 = 0,785 g·mL⁻¹
  • d = ρliquide / ρeau = 0,785 / 1,00 = 0,785
  • 0,785 ≈ 0,79 → oui, c'est cohérent avec de l'éthanol
Exercice 5⭐⭐ Moyen
Concentration massique
On prépare une solution en dissolvant 8,0 g de sucre dans une fiole jaugée de 200 mL. Calcule la concentration massique en sucre.
  • V = 200 mL = 0,200 L
  • Cm = m / V = 8,0 / 0,200 = 40 g·L⁻¹
Exercice 6⭐⭐ Moyen
Dilution
On dispose d'une solution mère de chlorure de sodium à Cm,1 = 50 g·L⁻¹. On en prélève V₁ = 10 mL et on complète avec de l'eau jusqu'à V₂ = 100 mL. Calcule (a) la concentration de la solution fille, (b) le facteur de dilution.
  • (a) Conservation : Cm,1·V₁ = Cm,2·V₂ → Cm,2 = (50 × 10) / 100 = 5,0 g·L⁻¹
  • (b) F = V₂/V₁ = 100/10 = 10 → dilution au dixième
Exercice 7⭐⭐ Moyen
Préparation par dissolution
Tu veux préparer V = 250 mL d'une solution aqueuse de glucose à Cm = 20 g·L⁻¹. Quelle masse de glucose peser ? Décris brièvement le protocole.
  • m = Cm × V = 20 × 0,250 = 5,0 g
  • Protocole : peser 5,0 g de glucose, transvaser dans une fiole jaugée de 250 mL, ajouter de l'eau distillée jusqu'au trait de jauge en homogénéisant.
Exercice 8⭐⭐⭐ Difficile
Enquête chimique
Tu reçois trois flacons de solutions aqueuses (A, B, C). Tu fais les tests :
• A + nitrate d'argent → précipité blanc qui noircit à la lumière
• B + soude → précipité bleu
• C + soude → précipité rouille
Identifie l'ion principal de chaque solution.
  • A contient des ions Cl⁻ (chlorures) — réaction caractéristique avec AgNO₃
  • B contient des ions Cu²⁺ — précipité bleu à la soude
  • C contient des ions Fe³⁺ — précipité rouille
Exercice 9⭐⭐⭐ Difficile
Dosage par étalonnage
On dose une solution colorée. La courbe d'étalonnage A = f(C) est linéaire et passe par les points (C = 1×10⁻⁵ mol·L⁻¹ ; A = 0,15) et (C = 5×10⁻⁵ mol·L⁻¹ ; A = 0,75). On mesure Ainconnue = 0,42. Calcule Cinconnue.
  • Coefficient directeur (loi de Beer-Lambert) : k = (0,75 − 0,15) / (5×10⁻⁵ − 1×10⁻⁵) = 0,60 / 4×10⁻⁵ = 15 000 L·mol⁻¹
  • Comme la droite passe par (0;0) approximativement : A = k × C
  • Cinconnue = A / k = 0,42 / 15 000 ≈ 2,8 × 10⁻⁵ mol·L⁻¹
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Thème 1 · Chapitre 2

Modélisation de la matière à l'échelle microscopique

Atome · Élément · Configuration électronique · Mole · Masse molaire

I — De l'atome à l'élément chimique

1) Un modèle de l'atome

a) La structure de l'atome — historique

Depuis plus d'un siècle, de nombreux modèles d'atomes ont été proposés.

1897 — J.J. Thompson découvre l'électron, particule de charge négative.

1904 — Modèle du « pudding de Thompson » : l'atome serait une sphère positive « fourrée » d'électrons négatifs comme des raisins dans un cake.

1912 — Ernest Rutherford découvre le noyau atomique : la charge positive et l'essentiel de la masse sont concentrées en un noyau quasi-ponctuel.

1913 — Niels Bohr propose un modèle planétaire : les électrons gravitent autour du noyau comme des planètes autour du Soleil. L'atome est essentiellement constitué de vide.

1927 — Erwin Schrödinger : les électrons n'ont plus de trajectoires définies mais des zones de probabilité de présence (nuage électronique).
Modèle retenu : un noyau central, autour duquel gravitent un ou plusieurs électrons.
b) Les électrons
• Tous les électrons sont identiques
• Ils tournent autour du noyau à très grande vitesse, sur des trajectoires aléatoires
• Chaque électron porte une charge électrique négative élémentaire, notée −e (la plus petite charge connue)
• Chaque type d'atomes est caractérisé par son nombre d'électrons

Toutes les positions possibles des électrons forment le nuage électronique.

c) Le noyau
• Le noyau est chargé positivement
• Son rayon est environ 100 000 fois plus petit que celui de l'atome
• L'atome est essentiellement constitué de vide
Analogie : si l'atome avait pour diamètre la longueur d'un terrain de football (≈ 100 m), le noyau aurait 1 millimètre de diamètre !

Ordres de grandeur :

Rayon (m)Masse (kg)
Atome10⁻¹⁰10⁻²⁷ à 10⁻²⁵
Noyau10⁻¹⁵10⁻²⁷ à 10⁻²⁵
Électronnégligeable9,11 × 10⁻³¹
La masse de tout atome est donc pratiquement concentrée dans son noyau.
d) Proton et neutron
Le noyau d'un atome est constitué de protons et de neutrons, appelés nucléons.
• Les neutrons sont électriquement neutres
• Les protons sont chargés positivement
• Le nombre de protons est caractérisé par le numéro atomique Z
Charge positive du noyau :

Q = Z × e   avec   e = 1,60 × 10⁻¹⁹ C
Remarque : bien que les neutrons et protons constituent le noyau, ces particules ne sont pas élémentaires. Elles sont elles-mêmes constituées de quarks (particules élémentaires qui se combinent pour former des hadrons).
e) Représentation d'un atome
Notation : AZX

• A = nombre de nucléons (protons + neutrons)
• X = symbole de l'atome
• Z = numéro atomique (nombre de protons)

Nombre de neutrons : N = A − Z

Exemples :

  • Hydrogène 11H : 1 proton, 0 neutron (1 nucléon)
  • Oxygène 168O : 8 protons, 8 neutrons (16 nucléons)
Remarque 1 — Isotopes : des atomes ou ions qui ont le même Z mais des A différents sont des isotopes. Exemple : 235U et 238U sont des isotopes (même nombre de protons, nombre de neutrons différent).

Remarque 2 — Masses :
• mproton ≈ mneutron ≈ mnucléon ≈ 1,67 × 10⁻²⁷ kg
• mélectron ≈ 9,11 × 10⁻³¹ kg (≈ 2000× plus petit qu'un nucléon)
• Donc : matome ≈ A × mnucléon

Remarque 3 : il n'y a aucun lien entre le nombre de protons et le nombre de neutrons d'un noyau.
f) Charge électrique de l'atome
Un atome est électriquement neutre. Le nombre de charges positives portées par le noyau (protons) est égal au nombre de charges négatives (électrons).

→ Dans un atome neutre : nombre d'électrons = nombre de protons = Z

Quelques exemples :

ÉlémentSymboleZ = électrons = protons
HydrogèneH1
CarboneC6
OxygèneO8
AluminiumAl13
ChloreCl17
FerFe26
CuivreCu29
ZincZn30
OrAu79
Remarque : dès que le nombre de charges positives n'est pas égal au nombre de charges négatives, on obtient un ion chargé positivement ou négativement.
g) Récapitulatif
Un atome est constitué d'un noyau (protons + neutrons), entouré d'électrons.
• Un atome est électriquement neutre : autant de protons que d'électrons (Z)
• La structure de l'atome est lacunaire (essentiellement du vide)
• La masse d'un atome est pratiquement égale à celle de son noyau

2) Répartition des électrons en couches

a) Les couches électroniques

En 1913, Niels Bohr propose un modèle où les électrons se répartissent en couches électroniques dans l'état fondamental (de plus basse énergie).

Chaque couche comporte des sous-couches notées s et p, contenant un nombre limité d'électrons :
CoucheSous-coucheMax e⁻Total couche
11s22
22s28
2p6
33s28
3p6
b) Remplissage en couche
Les électrons se répartissent selon les règles de Klechkowski, dans l'ordre :

1s → 2s → 2p → 3s → 3p

Remarque : le remplissage maximal sur la n-ième couche correspond à 2n² électrons.
c) Configuration électronique d'un atome
Définition — La configuration électronique d'un atome dans son état fondamental indique la répartition des électrons en précisant : numéro de couche, sous-couche (s ou p), nombre d'électrons.

• Couche externe = dernière couche occupée → électrons de valence
• Couches internes = autres couches → électrons de cœur

Exemples :

Oxygène (Z = 8) — 8 électrons à répartir
1s² 2s² 2p⁴
• Couche 1 saturée : 2 électrons de cœur
• Couche n=2 externe : 2 + 4 = 6 électrons de valence

Silicium (Z = 14) — 14 électrons à répartir
1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p²
• Couches 1 et 2 saturées : 10 électrons de cœur
• Couche n=3 externe : 2 + 2 = 4 électrons de valence
Remarque : les électrons de valence d'un atome sont responsables de sa réactivité chimique.
d) Récapitulatif
• Les Z électrons d'un atome se répartissent en couches (n = 1, 2, 3…), elles-mêmes composées de sous-couches (s, p, d…)
• La répartition se nomme configuration électronique
• Jusqu'à 18 électrons, ordre de remplissage : 1s → 2s → 2p → 3s → 3p
• Pour Z ≤ 18, les électrons de valence sont ceux qui occupent la couche de nombre le plus élevé

3) Le tableau périodique des éléments

a) Origine des éléments chimiques
Selon la théorie du Big-Bang :
• Les premiers éléments (hydrogène et hélium) se sont assemblés il y a 13,7 milliards d'années
• Les éléments de Z plus élevé (carbone, oxygène, fer) sont nés au cœur des étoiles, dans des conditions extrêmes de pression et température
• En fin de vie, les étoiles massives explosent (supernovae) et dispersent ces éléments
• Le système solaire s'est formé par effondrement d'un tel nuage il y a 4,6 milliards d'années
Élément chimique : toutes les entités chimiques (atomes ou ions) possédant le même Z appartiennent au même élément chimique.

Tout élément est représenté par un symbole (1 ou 2 lettres : 1ʳᵉ majuscule, 2ᵉ minuscule).

Exemple : l'élément fer a Z = 26 et symbole Fe. Les écritures Fe, Fe²⁺ et Fe³⁺ désignent un atome de fer et des ions fer — tous appartiennent à l'élément fer.

b) Les critères historiques de Mendeleïev
Au milieu du XIXᵉ siècle (1869), Dmitri Mendeleïev utilise la masse des atomes pour les classer.
Il les range par masse croissante, en regroupant des éléments aux propriétés semblables.
Pour expliquer les vides, il prédit avec succès l'existence d'éléments encore non découverts.
c) Le critère actuel de construction
• Aux 92 éléments naturels s'ajoute une trentaine d'éléments artificiels créés en laboratoire
• Les 118 éléments sont rangés en lignes par Z croissant
• Le remplissage progressif d'une ligne correspond au remplissage progressif d'une couche électronique
• Un changement de ligne correspond au début d'une nouvelle couche
• Les lignes sont aussi appelées périodes
Lignes :
• 1ʳᵉ ligne (n = 1) : 2 éléments
• 2ᵉ ligne (n = 2) : 8 éléments
• 3ᵉ ligne (n = 3) : 8 éléments
Bloc et colonne :
• La nature de la dernière sous-couche occupée détermine le bloc (s, p, d…)
• Le nombre d'électrons sur la dernière sous-couche détermine la colonne
d) Notion de famille chimique
Famille chimique :
• Les éléments d'une même colonne ont des propriétés chimiques semblables
• Ils possèdent le même nombre d'électrons sur leur couche externe

Exemple 1 — Halogènes : 17ᵉ colonne (avant-dernière). 7 électrons de valence. Membres connus : fluor F, chlore Cl, brome Br, iode I.

Exemple 2 — Gaz nobles : 18ᵉ colonne (dernière). Existence sous forme monoatomique et grande inertie chimique. Membres connus : hélium He, néon Ne, argon Ar.

e) Récapitulatif
• Dans une même ligne, les éléments ont les mêmes couches électroniques occupées
• Dans une même colonne, les éléments ont le même nombre d'électrons sur leur couche externe
• La classification périodique compte 18 colonnes et 7 lignes

II — Quantités d'espèces chimiques

1) La mole

a) Du macroscopique au microscopique

Exemple : un mousqueton en aluminium de masse m = 41 g.
Masse d'un atome d'aluminium : mAl = 4,484 × 10⁻²⁶ kg.

Nombre d'atomes :
N = m / mAl = 41 × 10⁻³ / 4,484 × 10⁻²⁶ ≈ 9,1 × 10²³ atomes
Ce nombre est extrêmement grand. Pour faciliter le décompte, les entités sont regroupées en « paquets » appelés moles.
b) La mole : unité de quantité de matière
Définition — Les chimistes utilisent une grandeur adaptée à leur échelle, appelée quantité de matière, notée n, dont l'unité est la mole (symbole « mol »).

Une mole d'entités est un « paquet » de 6,02 × 10²³ entités.
Sous-multiples :
• Millimole : 1 mmol = 10⁻³ mol
• Micromole : 1 μmol = 10⁻⁶ mol
c) La constante d'Avogadro
Constante d'Avogadro : NA = 6,02 × 10²³ mol⁻¹

Elle représente le nombre d'entités par mole.
Lien N et n :

N = n × NA   ⟺   n = N / NA

Exemples :

  • 2 mol de molécules de diiode → 2 × 6,02 × 10²³ = 12,04 × 10²³ molécules
  • Dans 1,25 mol de carbone : N = 1,25 × 6,02 × 10²³ = 7,53 × 10²³ atomes
  • Dans le mousqueton (N = 9,1 × 10²³) : n = N/NA = 9,1 × 10²³ / 6,02 × 10²³ ≈ 1,5 mol
d) Récapitulatif
• La quantité de matière n correspond au nombre d'atomes/ions/molécules identiques d'un échantillon
• Unité : la mole (mol)
• 1 mole = 6,02 × 10²³ entités
• Constante d'Avogadro : NA = 6,02 × 10²³ mol⁻¹

2) De la masse molaire à la quantité de matière

a) Masse molaire atomique
Définition — La masse molaire atomique d'un élément X est la masse d'une mole d'atomes de cet élément à l'état naturel (compte tenu de tous les isotopes et de leur abondance relative).

Notée M(X), exprimée en g·mol⁻¹.
Remarque : par convention, M(12C) = 12,00 g·mol⁻¹. Les masses molaires sont indiquées dans la classification périodique.

Exemple : dans un échantillon naturel de cuivre, on trouve 69,1 % de 63Cu et 30,9 % de 65Cu.
M(Cu) = 0,691 × 63 + 0,309 × 65 = 63,6 g·mol⁻¹

b) Masse molaire moléculaire
Définition — La masse molaire d'une espèce moléculaire est la masse d'une mole de ses molécules. Elle est égale à la somme des masses molaires atomiques des atomes présents.

Exemple — Urée CH₄N₂O :
M(C) = 12,0 ; M(H) = 1,0 ; M(N) = 14,0 ; M(O) = 16,0 g·mol⁻¹
M(urée) = 12,0 + 4 × 1,0 + 2 × 14,0 + 16,0 = 60,0 g·mol⁻¹

c) Masse molaire ionique
Définition — La masse molaire d'un ion monoatomique est égale à la masse molaire atomique de l'élément correspondant (la masse des électrons est négligeable).

Exemple : M(Cl) = 35,5 g·mol⁻¹, donc M(Cl⁻) = 35,5 g·mol⁻¹.

Ion polyatomique : somme des masses molaires des éléments présents.

Exemple — ion permanganate MnO₄⁻ :
M(Mn) = 54,9 ; M(O) = 16,0 g·mol⁻¹
M(MnO₄⁻) = 54,9 + 4 × 16,0 = 118,9 g·mol⁻¹

d) Relation entre masse et quantité de matière
Relation fondamentale :

m = n × M   ⟺   n = m / M

• n : quantité de matière (mol)
• m : masse (g)
• M : masse molaire (g·mol⁻¹)

Exemple : dans 5,0 g d'eau (M = 18,0 g·mol⁻¹) :
n = m / M = 5,0 / 18,0 ≈ 0,28 mol

e) Cas des liquides purs
Pour un liquide pur de masse volumique ρ et de masse molaire M occupant un volume V :

m = ρ × V  ⟹  n = ρ × V / M
Remarque : attention aux unités cohérentes. Si ρ est en g·mL⁻¹, V en mL, M en g·mol⁻¹ → n en mol.
f) Récapitulatif
La masse molaire M est la masse d'une mole d'atomes/d'ions/de molécules. Unité : g·mol⁻¹.

Calcul :
• Atome → donnée dans la classification périodique
• Molécule → somme des masses molaires des atomes constituants
• Ion monoatomique → identique à l'atome correspondant
Carte mentale : 4 grandeurs reliées par 3 relations :
• N = n × NA (quantité ↔ nombre)
• m = n × M (quantité ↔ masse)
• m = ρ × V (masse ↔ volume)
📖 Vocabulaire essentiel
Atome
Noyau + électrons, électriquement neutre
Noyau
Protons (+) + neutrons (0) = nucléons
Z (numéro atomique)
Nombre de protons — définit l'élément
A (nombre de masse)
Nombre total de nucléons
N (neutrons)
N = A − Z
Notation
AZX
Charge élémentaire e
e = 1,60 × 10⁻¹⁹ C
Isotopes
Même Z, A différent
mnucléon
≈ 1,67 × 10⁻²⁷ kg
Nuage électronique
Zones de probabilité de présence
Couche externe
Dernière couche occupée — pilote la chimie
Électrons de valence
Sur la couche externe
Électrons de cœur
Sur les couches internes
Capacités s, p
s : 2 e⁻ max ; p : 6 e⁻ max
Klechkowski
Ordre 1s, 2s, 2p, 3s, 3p
Élément chimique
Toutes les entités de même Z
Ligne / période
Mêmes couches occupées
Colonne / famille
Même nombre d'e⁻ sur la couche externe
Halogènes
17ᵉ colonne (F, Cl, Br, I)
Gaz nobles
18ᵉ colonne (He, Ne, Ar)
Mole
6,02 × 10²³ entités
NA
6,02 × 10²³ mol⁻¹ (constante d'Avogadro)
Quantité de matière n
En moles (mol)
Masse molaire M
En g·mol⁻¹
n = m / M
Lien masse ↔ quantité de matière
N = n × NA
Lien quantité ↔ nombre d'entités
🗂️ Flashcards
Z
Clique pour retourner
Numéro atomique = nb de protons
A
Clique pour retourner
Nb de nucléons (protons + neutrons)
N — formule
Clique pour retourner
N = A − Z
Charge élémentaire e
Clique pour retourner
1,60 × 10⁻¹⁹ C
Avogadro
Clique pour retourner
NA = 6,02 × 10²³ mol⁻¹
Config. C (Z=6)
Clique pour retourner
1s² 2s² 2p²
Config. O (Z=8)
Clique pour retourner
1s² 2s² 2p⁴
Config. Na (Z=11)
Clique pour retourner
1s² 2s² 2p⁶ 3s¹
Config. Si (Z=14)
Clique pour retourner
1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p²
Capacités s, p
Clique pour retourner
s : 2 ; p : 6
Halogènes
Clique pour retourner
17ᵉ colonne — F, Cl, Br, I
Gaz nobles
Clique pour retourner
18ᵉ colonne — He, Ne, Ar
M(H₂O)
Clique pour retourner
2×1 + 16 = 18 g·mol⁻¹
n = ?
Clique pour retourner
n = m/M = N/NA
matome
Clique pour retourner
≈ A × 1,67 × 10⁻²⁷ kg
Ratio rayon atome/noyau
Clique pour retourner
≈ 100 000
Exercice 1⭐ Facile
Décomposer un atome
L'atome 2311Na contient combien de protons, neutrons, électrons ?
  • Protons = Z = 11
  • Neutrons = A − Z = 23 − 11 = 12
  • Électrons = Z = 11 (atome neutre)
Exercice 2⭐ Facile
Configuration électronique
Donne la configuration électronique du fluor (Z = 9) et identifie sa couche externe.

1s² 2s² 2p⁵   (2 + 2 + 5 = 9 ✅)

Couche externe = couche n=2 → contient 2 + 5 = 7 électrons de valence. C'est un halogène (17ᵉ colonne).

Exercice 3⭐ Facile
Masse molaire d'une molécule
Calcule la masse molaire de l'éthanol C₂H₆O. Données : M(C) = 12,0 ; M(H) = 1,0 ; M(O) = 16,0 g·mol⁻¹.
  • M(C₂H₆O) = 2 × 12,0 + 6 × 1,0 + 16,0 = 24,0 + 6,0 + 16,0 = 46,0 g·mol⁻¹
Exercice 4⭐⭐ Moyen
Masse → quantité de matière
Combien y a-t-il de moles dans 36 g d'eau ? Combien de molécules d'eau ? On donne M(H₂O) = 18 g·mol⁻¹.
  • n = m / M = 36 / 18 = 2,0 mol
  • N = n × NA = 2,0 × 6,02 × 10²³ ≈ 1,2 × 10²⁴ molécules
Exercice 5⭐⭐ Moyen
Liquide pur — quantité de matière
On dispose de 100 mL d'éthanol (M = 46 g·mol⁻¹, ρ = 0,79 g·mL⁻¹). Combien de moles d'éthanol cela représente-t-il ?
  • m = ρ × V = 0,79 × 100 = 79 g
  • n = m / M = 79 / 46 ≈ 1,7 mol
Exercice 6⭐⭐ Moyen
Famille chimique
Le potassium K (Z=19) appartient à la même famille que le sodium Na (Z=11). (a) Donne la configuration électronique de K. (b) Pourquoi appartiennent-ils à la même famille ?
  • (a) K (Z=19) : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁶ 4s¹ (au-delà du programme strict mais cohérent)
  • (b) Na (1s² 2s² 2p⁶ 3s¹) et K ont tous deux 1 électron sur leur couche externe → ils appartiennent à la même colonne (1ʳᵉ colonne, alcalins) → propriétés chimiques semblables
Exercice 7⭐⭐⭐ Difficile
Masse d'un atome — vérification
Estime la masse d'un atome d'oxygène (Z = 8, A = 16) en kg, sachant que mnucléon ≈ 1,67 × 10⁻²⁷ kg. Compare avec la valeur exacte M(O) / NA.
  • Estimation : m ≈ A × mnucléon = 16 × 1,67 × 10⁻²⁷ ≈ 2,67 × 10⁻²⁶ kg
  • Calcul exact : m = M / NA = 16 × 10⁻³ / (6,02 × 10²³) ≈ 2,66 × 10⁻²⁶ kg
  • Les deux valeurs sont quasi identiques → la masse de l'atome vient bien essentiellement des nucléons.
Exercice 8⭐⭐⭐ Difficile
Isotopes — masse molaire moyenne
Le bore (Z=5) existe sous deux isotopes naturels : 10B (19,9 %) et 11B (80,1 %). Calcule la masse molaire moyenne de l'élément bore.
  • M(B) = 0,199 × 10 + 0,801 × 11 = 1,99 + 8,81 = 10,80 g·mol⁻¹
  • C'est cohérent avec la valeur tabulée (≈ 10,81 g·mol⁻¹).
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Thème 1 · Chapitre 3

Stabilité des entités chimiques

Espèce vs entité · Ions · Duet/Octet · Liaisons covalentes · Lewis · Énergie de liaison

I — De l'espèce chimique à l'entité chimique

1) Changement d'échelle

Macroscopique vs microscopique

Depuis le début du XXᵉ siècle, l'existence des atomes est confirmée et ils ont pu être observés dès les années 1950.

Deux points de vue :
• Échelle macroscopique — une espèce chimique = collection d'un nombre très élevé d'entités chimiques identiques
• Échelle microscopique — une entité chimique peut être un atome, une molécule ou un ion

Exemples :

  • Une barre en fer est une espèce chimique macroscopique composée d'atomes de fer (entités microscopiques)
  • Un carreau de sucre est composé de molécules de saccharose
  • De l'eau salée est composée d'ions sodium Na⁺ et d'ions chlorure Cl⁻

2) Entités chimiques

Définition
Définition — Une entité chimique peut désigner un atome, une molécule, un ion ou un ensemble d'ions.
Une espèce chimique est une collection d'un très grand nombre d'entités chimiques identiques.
Espèce chimique (macro)Entité chimique (micro)
Fer (atomique)Atome Fe
Eau (moléculaire)Molécule H₂O
Chlorure de sodium (ionique)Paire d'ions Na⁺ et Cl⁻
La matière étant électriquement neutre, les espèces chimiques ioniques sont constituées d'au minimum deux types d'entités : des anions (négatifs) et des cations (positifs) en proportions telles que le solide ionique est globalement neutre.

Exemple : le sel de cuisine NaCl est un solide ionique constitué d'ions Cl⁻ et Na⁺ en quantités égales.

3) Récapitulatif
Une espèce chimique est un nombre très élevé d'entités chimiques identiques. Ces entités peuvent être des atomes, des ions ou des molécules.

II — Stabilisation par formation d'ions

1) Qu'est-ce qu'un ion ?

a) Différence entre atomes et ions
Un atome n'est pas un ion ! Lorsqu'un atome perd ou gagne un ou plusieurs électrons, il devient chargé.

• Atome de Na (11p, 11e⁻) → perd 1 e⁻ → ion Na⁺ (11p, 10e⁻)
• Atome de Cl (17p, 17e⁻) → gagne 1 e⁻ → ion Cl⁻ (17p, 18e⁻)
b) Les ions positifs
Définition — Un ion positif (= cation) est constitué d'un atome ou d'un groupement d'atomes ayant perdu un ou plusieurs électrons.

Exemple — ion aluminium Al³⁺ : l'atome Al (13 p, 13 e⁻) perd 3 électrons. Le noyau garde 13 charges +, mais le nuage n'a plus que 10 e⁻ → 3 charges + en excès → Al³⁺.

Quelques cations à connaître :

NomFormule
ion hydrogèneH⁺
ion sodiumNa⁺
ion potassiumK⁺
ion calciumCa²⁺
ion magnésiumMg²⁺
ion aluminiumAl³⁺
ion cuivre (II)Cu²⁺
ion fer (II)Fe²⁺
ion fer (III)Fe³⁺
ion ammoniumNH₄⁺
Remarque : le raisonnement sur les cations monoatomiques (Na⁺, K⁺…) est identique pour les cations polyatomiques (NH₄⁺…).
c) Les ions négatifs
Définition — Un ion négatif (= anion) est constitué d'un atome ou d'un groupement d'atomes ayant gagné un ou plusieurs électrons.

Exemple — ion chlorure Cl⁻ : l'atome Cl (17 p, 17 e⁻) gagne 1 électron. Le noyau garde 17 charges +, mais le nuage en compte maintenant 18 → 1 charge − en excès → Cl⁻.

Quelques anions à connaître :

NomFormule
ion fluorureF⁻
ion chlorureCl⁻
ion hydroxydeHO⁻
ion permanganateMnO₄⁻
ion sulfateSO₄²⁻
ion nitrateNO₃⁻
ion carbonateCO₃²⁻
ion hydrogénocarbonateHCO₃⁻
d) Les composés ioniques
Définition — Un solide ou cristal ionique est constitué d'anions et de cations régulièrement disposés dans l'espace. Bien que contenant des ions, il est électriquement neutre.

Sa formule chimique est appelée formule statistique. Le nom commence par celui de l'anion, suivi de celui du cation (avec « de » entre les deux).

Exemples :

  • Chlorure de sodium NaCl — ions Na⁺ et Cl⁻ en proportions égales
  • Fluorure de calcium CaF₂ — un ion Ca²⁺ pour deux ions F⁻ (neutralité électrique)
La formule statistique indique la nature et la proportion des ions présents (et non un dénombrement absolu).
e) Récapitulatif
• Un ion est une espèce chimique électriquement chargée formée à partir d'un atome ou d'un groupement d'atomes ayant perdu ou gagné un ou plusieurs électrons
• Cation = perte d'e⁻ (positif) ; Anion = gain d'e⁻ (négatif)
• Un cristal ionique est un empilement régulier de cations et d'anions en quantités telles que le solide est globalement neutre

2) Règles du duet et de l'octet

a) Cas particulier des gaz nobles
L'hélium (Z=2), le néon (Z=10) et l'argon (Z=18) sont des éléments qui n'existent sur Terre que sous forme d'atomes isolés ne réagissant pas. Ce sont les gaz nobles.
Leur inertie chimique vient de leur structure électronique :
• He : 1s² → couche externe à 2 électrons (« duet »)
• Ne : 1s² 2s² 2p⁶ → couche externe à 8 électrons (« octet »)
• Ar : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁶ → couche externe à 8 électrons (« octet »)
Remarque : la grande stabilité des gaz nobles vient du fait que leur couche externe est saturée.
b) Énoncé des règles
Dans des conditions chimiques données, les atomes et ions autres que les gaz nobles se transforment en espèces chimiques de plus grande stabilité.

• Règle du duet — les atomes de Z ≤ 5 évoluent pour acquérir 2 électrons externes (comme He)
• Règle de l'octet — les atomes de 5 < Z ≤ 18 évoluent pour acquérir 8 électrons externes (comme Ne ou Ar)

Exemples :

  • Aluminium Al (Z=13) : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p¹ → pour respecter l'octet, perdre 3 e⁻ (plus économique que d'en gagner 5) → forme Al³⁺ (1s² 2s² 2p⁶ comme Ne)
  • Chlore Cl (Z=17) : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁵ → pour respecter l'octet, gagner 1 e⁻ (plus économique que d'en perdre 7) → forme Cl⁻ (comme Ar)
c) Récapitulatif
Lors de la formation d'ions, les atomes cherchent à acquérir une structure électronique externe analogue à celle d'un gaz noble, par les règles du duet ou de l'octet.

3) Utilisation de la classification périodique

a) Application aux ions monoatomiques
Les éléments d'une même colonne ont le même nombre d'électrons sur leur couche externe → ils suivent les règles du duet/octet de la même manière.

• Atomes avant la 14ᵉ colonne (celle du carbone) → perdent des e⁻ → forment des cations
• Atomes après la 14ᵉ colonne → gagnent des e⁻ → forment des anions

Exemple : certaines eaux minérales sont riches en magnésium et calcium (2ᵉ colonne) : ils existent sous forme de cations doublement chargés Mg²⁺ et Ca²⁺.

b) Quelques familles chimiques
Les éléments d'une colonne ont des propriétés chimiques similaires : ils forment une famille chimique. Ils forment des ions monoatomiques de même charge.
FamilleColonneIon typiqueExemples
Alcalins1M⁺Li, Na, K
Alcalino-terreux2M²⁺Mg, Ca
Halogènes17X⁻F, Cl, Br, I
Gaz nobles18aucunHe, Ne, Ar
c) Récapitulatif
Les éléments d'une même colonne forment facilement des ions monoatomiques ayant tous la même charge.

III — Stabilité des atomes par formation de molécules

1) Comment se forment les molécules ?

a) Électrons de valence d'un atome

Le nuage électronique entourant le noyau d'un atome de numéro Z contient Z électrons, répartis en couches (s, p…) — voir T1C2.

Quelques exemples :

ÉlémentSymboleZConfiguratione⁻ cœure⁻ valence
HydrogèneH11s¹01
HéliumHe21s²20
LithiumLi31s² 2s¹21
CarboneC61s² 2s² 2p²24
AzoteN71s² 2s² 2p³25
OxygèneO81s² 2s² 2p⁴26
FluorF91s² 2s² 2p⁵27
MagnésiumMg121s² 2s² 2p⁶ 3s²102
ChloreCl171s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁵107
ArgonAr181s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁶180
b) Liaison covalente

i) Définition

Définition — Une liaison covalente simple correspond à la mise en commun de deux électrons par deux atomes, chaque atome apportant un électron.

Le doublet d'électrons liant deux atomes est appelé doublet liant.
Liaisons multiples :
• Simple — 1 doublet liant : H−H, Li−Li
• Double — 2 doublets liants : O=O
• Triple — 3 doublets liants : N≡N
Remarque : chacun des atomes impliqués dans la liaison covalente dispose des deux électrons partagés. Pour une liaison double, chaque atome « gagne » 2 e⁻ ; pour une liaison triple, 3 e⁻.

ii) Nombre de doublets liants et non liants autour d'un atome

Contrairement à la plupart des atomes, les gaz nobles peuvent exister sous forme d'atomes non associés grâce à leur structure en duet (He) ou en octet (Ne, Ar).
ÉlémentZLiaisons covalentes à formerDoublets non liants
Hydrogène H11 (duet)0
Carbone C64 (octet)0
Azote N73 (octet)1
Oxygène O82 (octet)2
Fluor F91 (octet)3
Chlore Cl171 (octet)3
Règle générale par colonne :
• 14ᵉ colonne (C) → 4 liaisons
• 15ᵉ colonne (N) → 3 liaisons
• 16ᵉ colonne (O) → 2 liaisons
• 17ᵉ colonne (F, Cl) → 1 liaison

iii) Méthode pour déterminer le nombre de liaisons d'un atome

1. Repérer Z dans la représentation symbolique
2. Déduire le nombre d'électrons (= Z pour un atome neutre)
3. Écrire la configuration électronique
4. Appliquer la règle du duet (Z ≤ 5 → 2 e⁻ externes) ou de l'octet (Z > 5 → 8 e⁻ externes)

Exemple — Fluor F (Z = 9) :
9 électrons → 1s² 2s² 2p⁵ → 7 électrons sur la couche externe → il manque 1 e⁻ pour l'octet → 1 liaison covalente + 3 doublets non liants.

iv) Récapitulatif

• Une liaison covalente = mise en commun de 2 e⁻ formant un doublet liant
• Un doublet non liant = 2 e⁻ externes non impliqués dans une liaison
• Au sein d'une molécule, chaque atome forme autant de liaisons que nécessaire pour respecter la règle du duet (H) ou de l'octet (autres)
c) Récapitulatif
• Une molécule = assemblage électriquement neutre d'atomes liés par des liaisons covalentes
• Ce sont les électrons externes qui participent aux liaisons
• Les éléments d'une même colonne forment le même nombre de liaisons

2) La représentation de Lewis

a) Le modèle de Lewis
En 1916, Gilbert Lewis (1875–1946) propose le modèle de la liaison covalente.

Une liaison covalente simple = interaction attractive entre deux atomes voisins qui mettent en commun deux électrons externes. La formation de ces liaisons permet à chaque atome d'avoir une structure stable en duet ou octet.
b) Formule de Lewis

i) Définition

Dans la représentation de Lewis :
• Les doublets liants sont représentés par un trait entre les symboles des atomes liés
• Les doublets non liants par un trait à côté du symbole de l'atome concerné

Exemple — molécule d'eau H₂O : 2 doublets liants (entre H et O) + 2 doublets non liants (sur l'atome O).

ii) Méthode pour établir une représentation de Lewis

1. Dénombrer le nombre total d'électrons externes ne en sommant ceux de chaque atome
2. Dénombrer le nombre total de doublets P : P = ne / 2
3. Déterminer le nombre de liaisons covalentes que doit former chaque atome :
  • H : 1 liaison, 0 doublet non liant
  • C : 4 liaisons, 0 doublet non liant
  • N : 3 liaisons, 1 doublet non liant
  • O : 2 liaisons, 2 doublets non liants
  • F, Cl : 1 liaison, 3 doublets non liants
4. Représenter l'atome central (celui qui doit former le plus de liaisons)
5. Vérifier la nécessité de liaisons multiples ou de cycles
6. Vérifier le respect des règles du duet/octet pour chaque atome

Exemple — acide éthanoïque C₂H₄O₂ :

  • Électrons externes : 2 × 4 (C) + 4 × 1 (H) + 2 × 6 (O) = 24 e⁻
  • Nombre de doublets : P = 24/2 = 12 doublets
  • Représentation finale (vinaigre) : CH₃−COOH avec une C=O double, une OH simple, et 2 doublets non liants par O
Limites du modèle de Lewis :
• Édifices à octet réduit (lacunes électroniques) — exemple : borane BH₃
• Édifices hypervalents (plus de 4 liaisons) — exemple : SF₆ (hexafluorure de soufre)
c) Récapitulatif
La formule de Lewis représente les atomes qui constituent la molécule et tous les électrons de valence regroupés en doublets liants et non liants (sous forme de tirets).

3) Énergie de liaison

a) Notion
Diagramme énergétique d'une molécule : plus le niveau d'énergie est bas, plus l'entité est stable. Les atomes isolés ont un niveau d'énergie supérieur à celui de la molécule formée.

→ Une molécule est plus stable que les atomes isolés.
Définition — L'énergie de liaison EX−Y entre deux atomes X et Y dans une molécule est l'énergie qu'il faut fournir à cette molécule pour rompre la liaison X−Y.

Selon la nature des atomes, cette énergie varie. Unité : kJ·mol⁻¹.
LiaisonH−HC−HC−CC=CC−OC=OO−H
E (kJ·mol⁻¹)432413348614360741366

Exemple : pour rompre toutes les liaisons de la molécule de méthane CH₄ (4 liaisons C−H), il faut fournir : E = 4 × EC−H = 4 × 413 = 1 652 kJ·mol⁻¹.

Remarque : une liaison double n'a pas une énergie de liaison qui vaut le double d'une liaison simple.
EC=C ≠ 2 × EC−C (ici 614 vs 696).
b) Récapitulatif
L'énergie de liaison d'une molécule est l'énergie qu'il faut lui fournir pour rompre la liaison covalente et obtenir ses atomes à l'état gazeux. Unité : kJ·mol⁻¹.
📖 Vocabulaire essentiel
Espèce chimique
Collection de très nombreuses entités identiques (macro)
Entité chimique
Atome, molécule ou ion (micro)
Ion
Atome ou groupement chargé électriquement
Cation
Ion positif (perte d'e⁻)
Anion
Ion négatif (gain d'e⁻)
Cristal ionique
Empilement régulier neutre de cations et anions
Formule statistique
Indique la nature et la proportion des ions
Règle du duet
2 e⁻ externes (Z ≤ 5 — comme He)
Règle de l'octet
8 e⁻ externes (5 < Z ≤ 18 — comme Ne, Ar)
Gaz nobles
He, Ne, Ar — couche externe saturée → inertes
Famille chimique
Éléments d'une même colonne — ions de même charge
Halogènes
17ᵉ colonne — F, Cl, Br, I — anions X⁻
Liaison covalente
2 e⁻ partagés par 2 atomes
Doublet liant
2 e⁻ partagés (trait entre atomes)
Doublet non liant
2 e⁻ externes non liés (trait à côté)
Liaison double / triple
2 ou 3 doublets liants (O=O, N≡N)
Modèle de Lewis
Représentation d'une molécule (Lewis, 1916)
P (doublets totaux)
P = ne / 2
H — liaisons
1 liaison, 0 doublet non liant
C — liaisons
4 liaisons, 0 doublet non liant
N — liaisons
3 liaisons, 1 doublet non liant
O — liaisons
2 liaisons, 2 doublets non liants
F, Cl — liaisons
1 liaison, 3 doublets non liants
Énergie de liaison EX−Y
Énergie pour rompre X−Y (kJ·mol⁻¹)
Stabilité
Niveau d'énergie le plus bas
🗂️ Flashcards
Cation
Clique pour retourner
Ion + (perte d'e⁻)
Anion
Clique pour retourner
Ion − (gain d'e⁻)
Règle du duet
Clique pour retourner
2 e⁻ externes — pour Z ≤ 5
Règle de l'octet
Clique pour retourner
8 e⁻ externes — pour Z > 5
Liaisons C
Clique pour retourner
4 liaisons, 0 doublet non liant
Liaisons N
Clique pour retourner
3 liaisons, 1 doublet non liant
Liaisons O
Clique pour retourner
2 liaisons, 2 doublets non liants
Liaisons H
Clique pour retourner
1 liaison, 0 doublet non liant
Lewis
Clique pour retourner
Représentation 1916 — doublets en traits
P
Clique pour retourner
P = ne / 2 (doublets totaux)
Halogènes
Clique pour retourner
17ᵉ colonne — anions X⁻
Alcalins
Clique pour retourner
1ʳᵉ colonne — cations M⁺
N₂
Clique pour retourner
N≡N — triple liaison
O₂
Clique pour retourner
O=O — double liaison
Eliaison
Clique pour retourner
Énergie pour rompre la liaison (kJ·mol⁻¹)
Exercice 1⭐ Facile
Identifier des entités
Pour chaque exemple, dis si l'entité est un atome, une molécule ou un ion : (a) Fe ; (b) H₂O ; (c) Cl⁻ ; (d) NH₄⁺ ; (e) CO₂ ; (f) Na⁺.
  • (a) Fe → atome
  • (b) H₂O → molécule
  • (c) Cl⁻ → ion (anion monoatomique)
  • (d) NH₄⁺ → ion (cation polyatomique)
  • (e) CO₂ → molécule
  • (f) Na⁺ → ion (cation monoatomique)
Exercice 2⭐ Facile
Application des règles duet/octet
L'atome de sodium (Z = 11) a pour configuration 1s² 2s² 2p⁶ 3s¹. Combien d'électrons doit-il perdre ou gagner pour respecter la règle de l'octet ? Quel ion forme-t-il ?
  • Couche externe (n=3) : 1 électron
  • Pour respecter l'octet → perdre 1 électron (plus économique que d'en gagner 7)
  • Configuration de l'ion : 1s² 2s² 2p⁶ (comme Ne)
  • Ion formé : Na⁺
Exercice 3⭐ Facile
Formule statistique
Donne la formule statistique du chlorure de calcium constitué d'ions Ca²⁺ et Cl⁻.
  • Pour la neutralité électrique : 1 Ca²⁺ équilibre 2 Cl⁻ (charge totale +2 − 2 = 0)
  • Formule : CaCl₂
Exercice 4⭐⭐ Moyen
Liaisons d'un atome
Combien de liaisons covalentes l'atome de soufre S (Z = 16) doit-il former pour respecter la règle de l'octet ? Combien de doublets non liants aura-t-il ?
  • Configuration : 1s² 2s² 2p⁶ 3s² 3p⁴ → 6 électrons sur la couche externe
  • Il manque 2 e⁻ pour l'octet → 2 liaisons covalentes
  • Sur les 6 e⁻ externes : 2 partagés × 2 = 4 e⁻ dans les liaisons + 4 e⁻ non liants → 2 doublets non liants
  • (Le soufre est dans la même colonne que l'oxygène, comportement similaire.)
Exercice 5⭐⭐ Moyen
Lewis du dioxyde de carbone
Établis la représentation de Lewis de CO₂. Vérifie que chaque atome respecte la règle de l'octet.
  • ne = 4 (C) + 2 × 6 (O) = 16 e⁻
  • P = 16/2 = 8 doublets
  • C doit former 4 liaisons → 2 doubles avec chaque O : O=C=O
  • Chaque O a 2 doublets non liants restants
  • Vérification octet : C entouré de 8 e⁻ (4 liaisons) ✅ ; chaque O entouré de 8 e⁻ (1 double = 4 + 2 doublets = 8) ✅
Exercice 6⭐⭐ Moyen
Lewis de l'ammoniac NH₃
Établis la représentation de Lewis de NH₃.
  • ne = 5 (N) + 3 × 1 (H) = 8 e⁻
  • P = 8/2 = 4 doublets
  • N est central, doit former 3 liaisons (octet) + 1 doublet non liant
  • Chaque H forme 1 liaison avec N (duet)
  • Représentation : H−N(−H)(−H) avec un doublet non liant sur N
Exercice 7⭐⭐⭐ Difficile
Énergie de liaison — méthane
Combien d'énergie faut-il pour casser toutes les liaisons d'une mole de méthane CH₄ ? Données : EC−H = 413 kJ·mol⁻¹.
  • CH₄ contient 4 liaisons C−H
  • Etotale = 4 × 413 = 1 652 kJ·mol⁻¹
Exercice 8⭐⭐⭐ Difficile
Diazote N₂ — pourquoi peu réactif ?
L'énergie de liaison EN≡N ≈ 945 kJ·mol⁻¹. Compare avec EO=O ≈ 498 kJ·mol⁻¹. Pourquoi le diazote (78 % de l'air) est-il chimiquement très peu réactif ? Comment la chimie industrielle parvient-elle à le faire réagir (procédé Haber-Bosch) ?
  • EN≡N ≈ 945 ≫ EO=O ≈ 498 → la triple liaison N≡N est extrêmement solide
  • Pour engager les atomes d'azote dans d'autres réactions, il faut briser cette triple liaison → besoin d'énergie considérable
  • C'est pourquoi N₂ est peu réactif dans les conditions ambiantes
  • Procédé Haber-Bosch (synthèse de l'ammoniac NH₃) : on utilise des catalyseurs (oxydes de fer), des hautes températures (~450 °C) et hautes pressions (~200 bar) pour vaincre cette barrière énergétique
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Thème 1 · Chapitre 4

Transformation et synthèse en chimie

Réaction chimique · Équation · Avancement · Synthèse

I — La transformation chimique

1) Comment représenter une molécule ?

a) Formule brute

Un atome est désigné par un nom et un symbole chimique (exemple : H pour l'hydrogène, He pour l'hélium).

Définition — La formule brute d'une molécule est l'écriture la plus compacte décrivant la nature et le nombre des atomes de cette molécule.

On écrit côte à côte les symboles des éléments présents, en précisant en indice en bas à droite le nombre d'atomes de chaque élément.
Remarque : lorsqu'il n'y a qu'un atome, le chiffre 1 n'est pas indiqué en indice.

Exemples :

  • Méthane CH₄ — 2 éléments (C, H) ; 1 atome de C, 4 atomes de H ; 5 atomes au total dans 1 molécule
  • Eau H₂O — 2 éléments (H, O) ; 2 atomes de H, 1 atome de O ; 3 atomes au total dans 1 molécule
b) Récapitulatif
• Une molécule est un édifice électriquement neutre, formée d'un nombre limité d'atomes liés les uns aux autres
• La formule brute décrit de façon compacte la nature et le nombre des atomes

2) Qu'est-ce qu'une réaction chimique ?

a) Notion

Exemple : la combustion complète du méthane avec du dioxygène donne du dioxyde de carbone et de l'eau. Au cours de cette réaction, des espèces disparaissent (méthane et dioxygène) et d'autres apparaissent (dioxyde de carbone et eau). C'est une réaction chimique.

Remarque — vaporisation ≠ réaction chimique : quand on appuie sur la valve d'un briquet, le butane se vaporise et passe à l'état gazeux. Les molécules de butane n'ont pas été modifiées. La vaporisation est une transformation physique, pas chimique.
b) Comment interpréter une transformation chimique ?

i) Combustion du carbone

Équation : C + O₂ → CO₂

Un atome de carbone réagit (signe +) avec une molécule de dioxygène pour donner (signe →) une molécule de dioxyde de carbone.

On retrouve les mêmes atomes en même nombre avant et après → l'équation est équilibrée.

ii) Combustion du méthane

Sa combustion complète donne aussi du CO₂ et de l'eau.
L'équation littérale : méthane + dioxygène → dioxyde de carbone + eau

Si on ne considère qu'une seule molécule de chaque corps pur, l'équation n'est pas équilibrée.
Il faut placer des coefficients multiplicatifs devant les molécules :
• Pour retrouver les 4 atomes d'hydrogène du méthane → former 2 molécules d'eau
• 2 molécules de O₂ (soit 4 atomes d'oxygène) sont alors nécessaires

Équation équilibrée : CH₄ + 2 O₂ → CO₂ + 2 H₂O
c) Ajustement des nombres stœchiométriques

i) Conservation de la masse

Loi de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

Au cours d'une transformation chimique, mréactifs = mproduits.

Exemple : lors de la combustion du carbone, si 11 g de C et 8 g de O₂ sont consommés, il se forme alors 19 g de CO₂.

ii) Cas sans espèces chargées — méthode

Étapes pour équilibrer une équation :
1. Écrire les formules des réactifs (à gauche) et des produits (à droite), avec leur état physique
2. Assurer la conservation de chaque élément, en commençant par exemple par le carbone
3. Continuer avec un autre élément (l'hydrogène par exemple)
4. Finir par l'oxygène (souvent présent dans plusieurs produits)

Exemple — combustion du glucose C₆H₁₂O₆ :

  1. C₆H₁₂O₆(s) + O₂(g) → CO₂(g) + H₂O(ℓ)
  2. Conservation du C : 6 atomes de C → 6 CO₂. C₆H₁₂O₆(s) + O₂(g) → 6 CO₂(g) + H₂O(ℓ)
  3. Conservation du H : 12 atomes de H → 6 H₂O. C₆H₁₂O₆(s) + O₂(g) → 6 CO₂(g) + 6 H₂O(ℓ)
  4. Conservation du O : 18 atomes à droite (12 + 6). On en a déjà 6 dans le glucose → besoin de 12 d'O₂ → 6 O₂
Équation équilibrée : C₆H₁₂O₆(s) + 6 O₂(g) → 6 CO₂(g) + 6 H₂O(ℓ)

iii) Cas avec espèces chargées

La réaction de l'acide chlorhydrique (H⁺(aq) + Cl⁻(aq)) avec le fer Fe(s) consomme des ions H⁺ et du fer. Il se forme du dihydrogène H₂(g) et des ions fer (II) Fe²⁺(aq) en présence d'ions Cl⁻(aq).

Équation : 2 H⁺(aq) + Fe(s) → H₂(g) + Fe²⁺(aq)

Le coefficient 2 devant H⁺ assure la conservation des charges (2× +1 à gauche = +2 à droite) et de l'élément hydrogène.
Remarque : en équilibrant les charges, on équilibre en même temps l'élément concerné, et inversement.
d) Récapitulatif
• Les réactifs sont à gauche, les produits à droite d'une flèche → indiquant le sens d'évolution
• Les espèces sont représentées par leur formule brute, avec leur état physique en indice
• Les nombres stœchiométriques placés devant les formules assurent la conservation des éléments et des charges

3) Comment suivre une réaction chimique ?

a) Notion d'avancement

Exemple — combustion de l'éthanol :
C₂H₆O(ℓ) + 3 O₂(g) → 2 CO₂(g) + 3 H₂O(ℓ)

À l'échelle macroscopique :
• Si 1 mol d'éthanol est consommée, alors 3 mol de O₂ sont consommées et il se forme 2 mol de CO₂ et 3 mol de H₂O
• Si 2 mol d'éthanol sont consommées → 6 mol de O₂ → 4 mol de CO₂ + 6 mol de H₂O
• Si x mol d'éthanol sont consommées → 3x mol de O₂ → 2x mol de CO₂ + 3x mol de H₂O
Définition — L'avancement d'une réaction, noté x, est une grandeur exprimée en moles, qui permet de suivre l'évolution d'une réaction chimique.
b) Le tableau d'avancement
Trois états considérés :
• État initial : la réaction n'a pas commencé, x = 0
• État intermédiaire : avancement = x
• État final : avancement = xmax (parfois noté xf)

Tableau d'avancement type pour la réaction aA + bB → cC + dD :

ÉtatAvancementn(A)n(B)n(C)n(D)
Initialx = 0n₀(A)n₀(B)00
Intermédiairexn₀(A) − axn₀(B) − bxcxdx
Finalxmaxn₀(A) − axmaxn₀(B) − bxmaxcxmaxdxmax

Exemple : mélange de 4,0 mol d'éthanol et 6,0 mol de O₂ pour la combustion C₂H₆O + 3 O₂ → 2 CO₂ + 3 H₂O

Étatxn(C₂H₆O)n(O₂)n(CO₂)n(H₂O)
Initial04,06,000
Intermédiairex4,0 − x6,0 − 3x2x3x
Finalxmax4,0 − xmax6,0 − 3xmax2xmax3xmax
c) Réactif limitant et état final
Définitions :
• Réactif limitant = celui qui est entièrement consommé en premier. Sa disparition empêche la poursuite de la réaction.
• Réactif en excès = celui qui n'est pas entièrement consommé.

Méthode pour déterminer le réactif limitant dans aA + bB → produits :

  1. Hypothèse 1 : A limitant → n₀(A) − a·xmax = 0, soit xmax = n₀(A) / a
  2. Hypothèse 2 : B limitant → n₀(B) − b·xmax = 0, soit xmax = n₀(B) / b
  3. L'avancement final correspond à la plus petite des deux valeurs
Méthode rapide :
• Si n₀(A)/a < n₀(B)/b → A est limitant
• Si n₀(A)/a > n₀(B)/b → B est limitant

Exemple — éthanol + O₂ :

  • Hypothèse 1 (éthanol limitant) : xmax = 4,0 / 1 = 4,0 mol
  • Hypothèse 2 (O₂ limitant) : xmax = 6,0 / 3 = 2,0 mol
  • Le plus petit étant 2,0 → O₂ est limitant, xmax = 2,0 mol

État final :

  • Éthanol restant : 4,0 − 2,0 = 2,0 mol
  • O₂ restant : 6,0 − 3 × 2,0 = 0 mol ✅
  • CO₂ formé : 2 × 2,0 = 4,0 mol
  • H₂O formée : 3 × 2,0 = 6,0 mol
Remarque : il ne suffit pas de comparer les quantités initiales pour déterminer le réactif limitant — cela dépend aussi des coefficients stœchiométriques.
d) Proportions stœchiométriques
Définition — Les proportions stœchiométriques sont les proportions du mélange initial pour lesquelles tous les réactifs sont limitants et complètement consommés à la fin.

Pour aA + bB → produits, le mélange est stœchiométrique si :

n₀(A) / a = n₀(B) / b

Exemple — combustion de l'éthanol :
C₂H₆O + 3 O₂ → 2 CO₂ + 3 H₂O
Le mélange est stœchiométrique si n(éthanol)/1 = n(O₂)/3, c'est-à-dire si n(O₂) = 3 × n(éthanol).

e) Récapitulatif
• L'avancement x permet de décrire l'évolution d'un système chimique
• Le réactif limitant détermine xmax
• Pour le trouver : calculer n₀/coefficient pour chaque réactif → le plus petit est limitant
• Mélange en proportions stœchiométriques : tous les réactifs disparaissent ensemble

4) Effet thermique

Échanges d'énergie lors d'une réaction
Lors d'une réaction chimique :
• Rupture des liaisons des réactifs → absorbe de l'énergie
• Formation des liaisons des produits → dégage de l'énergie

L'effet thermique est le bilan de ces échanges.
• Réaction endothermique (endoénergétique) — absorbe globalement de l'énergie → la température baisse
• Réaction exothermique (exoénergétique) — libère globalement de l'énergie → la température monte
• Réaction athermique — bilan d'énergie nul (rare ; cas de la synthèse des esters)

Exemples :

  • Réaction entre l'hydroxyde de baryum hydraté et le thiocyanate d'ammonium → endothermique (abaissement de T)
  • Acide chlorhydrique + hydroxyde de sodium → exothermique (augmentation de T)
Remarque : plus la masse de réactif limitant est élevée, plus la quantité de produits formée est grande, et plus la variation de température observée est significative.

II — Synthèse d'une espèce chimique

1) Qu'est-ce qu'une synthèse en chimie ?

a) Définition
Définition — En chimie, une synthèse est la formation d'une espèce chimique souhaitée à partir d'au moins deux autres espèces chimiques.

Schéma : A + B → C
Remarque : le produit obtenu par synthèse est aussi appelé espèce chimique synthétique. Il n'existe aucune différence entre l'espèce synthétique et l'espèce naturelle obtenue par extraction (à l'échelle moléculaire).
b) Pourquoi synthétiser ce qui est naturel ?

Environ 30 % des principes actifs des médicaments sont issus de la nature. Les extraire seulement serait coûteux et conduirait à la disparition d'espèces.

Exemples — médicaments :
• Le taxol (anticancéreux) issu de l'écorce d'if : 100 mg seulement nécessitent l'abattage d'un arbre entier
• L'aspirine : il faudrait abattre 2000 saules par heure pour répondre aux besoins

Savons et détergents : Michel-Eugène Chevreul explique en 1823 la saponification (synthèse permettant de fabriquer du savon avec de la soude et de l'huile chauffée).

Produits de beauté : depuis le XVIᵉ siècle, Grasse est célèbre pour ses parfums. L'extraction d'essence naturelle étant coûteuse, beaucoup d'essences sont d'origine synthétique.
c) Pourquoi synthétiser ce qui n'est pas naturel ?

Certaines molécules naturelles ont des effets secondaires. La synthèse permet d'obtenir des espèces chimiques artificielles, qui n'existent pas dans la nature.

Exemples :
• Ibuprofène (anti-inflammatoire, années 1960)
• Aspartame (édulcorant, 1965)
• Matières plastiques : celluloïd (1870, frères Hyatt), polyéthylène (PE), polystyrène (PS), polychlorure de vinyle (PVC)
• Sport : perches en fibre de verre/carbone, skis en résine époxy, balles de tennis en élastomère, combinaisons « peau de requin »
Remarque — chimie lourde vs chimie fine :
• Chimie lourde (de base) : grandes quantités, peu d'étapes, faible coût (matières plastiques)
• Chimie fine : haute valeur ajoutée (parfums, médicaments)
d) La chimie et l'environnement

La chimie peut aussi être mise au service de l'environnement :

Exemples :
• Filtres pour fumées d'usines et gaz d'échappement
• Épuration chimique de l'eau
• Matières plastiques biodégradables ou recyclables
• Chaulage pour réduire les pluies acides
• Recyclage de l'aluminium, de l'acier, des pneus dans le béton
e) Récapitulatif
• La synthèse = fabrication d'une espèce par transformation chimique
• Les espèces naturelles sont synthétisées pour des raisons écologiques et économiques
• La chimie de synthèse permet aussi de créer de nouvelles substances et de restaurer l'environnement

2) Comment réaliser une synthèse ?

a) Le mode opératoire
Définition — Le mode opératoire décrit le déroulement détaillé des opérations à effectuer.

Selon le contexte :
• Industrie → process ou gamme de fabrication
• Agro-alimentaire, pharmacie, cosmétique → recette
• Laboratoire de chimie → protocole expérimental

Le protocole précise : nature et quantités de réactifs, solvant, consignes de sécurité, montage, opérations à effectuer.

b) L'étape de transformation
Conditions de réaction :
• Certaines réactions peuvent avoir lieu à froid ou à température ambiante
• D'autres nécessitent un chauffage pour accélérer la réaction
Chauffage à reflux — pour éviter les pertes par vaporisation.
On utilise un réfrigérant à air ou à eau qui recondense une partie des réactifs et les fait retomber dans le mélange.
Catalyseur — substance qui peut être ajoutée pour accélérer une réaction lente. Il ne participe pas à la réaction (ne figure pas dans l'équation), il ne fait qu'accélérer.
c) Les étapes de séparation et de purification

i) Extraction solide-liquide

Si l'espèce synthétisée est un solide insoluble → séparation par filtration.

Une technique pratique : la filtration sur Büchner (filtration sous vide), plus rapide et efficace que la filtration classique.

ii) Extraction liquide-liquide

• Deux liquides miscibles forment un mélange homogène (1 phase)
• Deux liquides non miscibles forment un mélange hétérogène (2 phases)

Exemples :
• Éthanol + eau → mélange homogène (miscibles)
• Eau + cyclohexane → mélange hétérogène (non miscibles)
L'extraction se fait dans une ampoule à décanter. Après agitation et repos, les solvants se séparent en deux phases : c'est la décantation.

Le solvant ayant la densité la plus faible se place au-dessus : c'est la phase surnageante.
d) L'étape d'identification
Après transformation et traitement, il faut vérifier la présence et la pureté de l'espèce attendue.

Méthodes :
• Propriétés physiques : aspect, solubilité, Téb, Tfus, indice de réfraction, densité
• Chromatographie sur couche mince (CCM)
e) Récapitulatif — étapes d'une synthèse
Protocole expérimental type :
1. Prélèvement des réactifs et solvants (respecter les pictogrammes de sécurité)
2. Réaction du mélange (souvent un chauffage à reflux), respect des conditions de T et durée
3. Isolement de l'espèce désirée (filtration et/ou extraction)
4. Purification de la substance extraite
5. Identification de l'espèce par ses propriétés physiques et chimiques
📖 Vocabulaire essentiel
Formule brute
Atomes + indices (ex : H₂O)
Réactifs
Espèces qui disparaissent (à gauche)
Produits
Espèces qui apparaissent (à droite)
Loi de Lavoisier
Conservation de la masse
Équation équilibrée
Conservation des éléments et charges
Coefficient stœchiométrique
Nombre devant chaque formule
Avancement x
Évolution de la réaction (en mol)
xmax
Avancement maximal (état final)
Tableau d'avancement
Évolution des n(X) en fonction de x
Réactif limitant
Disparaît en premier (n₀/coef minimal)
Réactif en excès
Reste en fin de réaction
Proportions stœchiométriques
n₀(A)/a = n₀(B)/b
Endothermique
Absorbe de l'énergie (T baisse)
Exothermique
Libère de l'énergie (T monte)
Athermique
Bilan énergétique nul
Synthèse
Fabrication par transformation chimique
Espèce synthétique
= identique à l'espèce naturelle (à l'échelle moléculaire)
Espèce artificielle
N'existe pas dans la nature
Saponification
Synthèse du savon (Chevreul, 1823)
Chimie lourde
Grandes quantités, faible coût
Chimie fine
Haute valeur ajoutée
Chauffage à reflux
Avec réfrigérant — évite les pertes
Catalyseur
Accélère sans participer
Filtration Büchner
Filtration sous vide
Ampoule à décanter
Sépare 2 liquides non miscibles
Phase surnageante
Solvant de plus faible densité (au-dessus)
🗂️ Flashcards
Loi de Lavoisier
Clique pour retourner
Conservation de la masse
Conservation
Clique pour retourner
Atomes ET charges conservés
Combustion CH₄
Clique pour retourner
CH₄ + 2 O₂ → CO₂ + 2 H₂O
Limitant — méthode
Clique pour retourner
Min(n₀(A)/a ; n₀(B)/b)
Stœchiométriques
Clique pour retourner
n₀(A)/a = n₀(B)/b
Endothermique
Clique pour retourner
T baisse — absorbe énergie
Exothermique
Clique pour retourner
T monte — libère énergie
Saponification
Clique pour retourner
Synthèse du savon (Chevreul, 1823)
Reflux
Clique pour retourner
Chauffage avec réfrigérant — évite pertes
Catalyseur
Clique pour retourner
Accélère, mais ne participe pas
Büchner
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Filtration sous vide
Phase surnageante
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Solvant le moins dense (au-dessus)
Étapes synthèse
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Prélèvement → Réaction → Isolement → Purification → Identification
Exercice 1⭐ Facile
Équilibrer une équation simple
Équilibre la combustion de l'éthane : C₂H₆ + O₂ → CO₂ + H₂O
  • C : 2 à gauche → 2 CO₂
  • H : 6 à gauche → 3 H₂O
  • O à droite : 2×2 + 3×1 = 7 → 7/2 O₂. Multiplier par 2 :
  • 2 C₂H₆ + 7 O₂ → 4 CO₂ + 6 H₂O
Exercice 2⭐ Facile
Équilibrer avec ions
Équilibre la réaction du fer avec l'acide chlorhydrique : H⁺ + Fe → H₂ + Fe²⁺
  • H : besoin de 2 H à gauche pour faire H₂ → coefficient 2 devant H⁺
  • Vérification charges : à gauche 2×(+1) = +2 ; à droite 0 + 2 = +2 ✅
  • 2 H⁺ + Fe → H₂ + Fe²⁺
Exercice 3⭐⭐ Moyen
Tableau d'avancement
On fait réagir 2,0 mol de Fe avec 3,0 mol de S, selon Fe + S → FeS. Construis le tableau d'avancement, identifie le réactif limitant, calcule xmax et l'état final.
  • n(Fe)/1 = 2,0 ; n(S)/1 = 3,0 → Fe est limitant
  • xmax = 2,0 mol
  • État final : 0 mol Fe, 1,0 mol S restant, 2,0 mol FeS formé
Exercice 4⭐⭐ Moyen
Masse de produit
On brûle 16 g de méthane CH₄ dans un excès de dioxygène. Quelle masse de CO₂ obtient-on ? On donne M(CH₄) = 16 g·mol⁻¹ et M(CO₂) = 44 g·mol⁻¹.
  • n(CH₄) = 16 / 16 = 1,0 mol
  • Équation : CH₄ + 2 O₂ → CO₂ + 2 H₂O → 1 mol CH₄ donne 1 mol CO₂
  • n(CO₂) = 1,0 mol → m(CO₂) = 1,0 × 44 = 44 g
Exercice 5⭐⭐ Moyen
Proportions stœchiométriques
Pour la combustion complète de l'éthanol C₂H₆O + 3 O₂ → 2 CO₂ + 3 H₂O, on dispose de 0,50 mol d'éthanol. Quelle quantité de O₂ faut-il pour être en proportions stœchiométriques ?
  • Condition : n(éthanol)/1 = n(O₂)/3
  • n(O₂) = 3 × n(éthanol) = 3 × 0,50 = 1,5 mol
Exercice 6⭐⭐ Moyen
Équation complexe
Équilibre : Al + O₂ → Al₂O₃
  • Al : 1 à gauche, 2 dans Al₂O₃ → coefficient 2 devant Al → 2 Al + O₂ → Al₂O₃
  • O : 2 à gauche, 3 à droite → 3/2 O₂. Multiplier par 2 :
  • 4 Al + 3 O₂ → 2 Al₂O₃
  • Vérification : Al : 4=4 ✅ ; O : 6=6 ✅
Exercice 7⭐⭐⭐ Difficile
Synthèse de l'aspirine
L'aspirine se synthétise selon : acide salicylique (M = 138 g/mol) + anhydride éthanoïque → aspirine (M = 180 g/mol) + autre produit. Stœchiométrie 1:1. À partir de 6,9 g d'acide salicylique en excès d'anhydride, quelle masse maximale d'aspirine peut-on espérer ? Si on récupère réellement 7,2 g, quel est le rendement ?
  • n(salicylique) = 6,9 / 138 = 0,050 mol → c'est le limitant
  • Stœchiométrie 1:1 → n(aspirine)max = 0,050 mol
  • m(aspirine)max = 0,050 × 180 = 9,0 g (théorique)
  • Rendement = mréelle / mthéorique × 100 = 7,2 / 9,0 × 100 = 80 %
Exercice 8⭐⭐⭐ Difficile
Effet thermique
On dispose de deux réactions :
(a) hydroxyde de baryum hydraté + thiocyanate d'ammonium → la T mesurée passe de 22 °C à 5 °C
(b) HCl + NaOH → la T passe de 20 °C à 35 °C
Caractérise chaque réaction (endo/exo). Justifie en termes d'énergie échangée.
  • (a) T baisse de 17 °C → réaction endothermique : elle absorbe de l'énergie au milieu extérieur, qui se refroidit. Bilan : énergie de rupture des réactifs > énergie libérée par la formation des produits.
  • (b) T monte de 15 °C → réaction exothermique : elle libère de l'énergie qui chauffe le milieu. Bilan inverse : énergie libérée > énergie absorbée.
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Thème 1 · Chapitre 5

Transformations physiques et nucléaires

États · Changements d'état · Transferts thermiques · Radioactivité · Fission · Fusion

I — Transformations physiques

1) Les états de la matière

Trois états caractérisés à l'échelle microscopique
État solide — molécules ou ions en contact et liés les uns avec les autres, dans un empilement régulier (cristal), en vibration constante autour d'une position d'équilibre.

État liquide — molécules ou ions en contact mais en mouvement constant, sans positions fixes.

État gazeux — molécules ou ions très éloignés les uns des autres (distance ≫ taille des entités), en mouvement constant.

2) Transferts thermiques

a) Qu'est-ce qu'un transfert thermique ?
Définition — Lorsque deux corps à des températures différentes sont mis en contact, ils échangent de l'énergie : on parle de transfert thermique.

• Le corps le plus froid reçoit de l'énergie
• Le corps le plus chaud cède de l'énergie
b) Transfert thermique et variation de température
Les molécules/ions, même à l'état solide, sont animés d'un mouvement de vibration appelé agitation thermique.

L'énergie thermique reçue est convertie en énergie cinétique. L'agitation des molécules croît, et la température s'élève.
À retenir :
• Échelle macroscopique → élévation de la température
• Échelle microscopique → augmentation de l'agitation des particules
ÉtatEffet d'un transfert thermique reçu
SolideAugmentation du mouvement de vibration des particules autour de leur position d'équilibre
LiquideAugmentation du mouvement désordonné des particules
GazAugmentation de la vitesse des particules
c) Transfert thermique et changement d'état

i) Changement d'état

Exemple — chauffage de la glace :
• La température de la glace augmente d'abord → vibrations accrues des molécules autour de leurs positions d'équilibre
• À 0 °C, l'eau liquide apparaît, et la T reste constante jusqu'à la fin de la fusion. L'agitation est suffisante pour casser les interactions intermoléculaires
• Une fois liquide, la T augmente à nouveau

Conclusion : sous pression constante, le changement d'état d'une espèce chimique se fait à température constante (palier de température).
Six changements d'état possibles :

• Solide → Liquide : fusion
• Liquide → Solide : solidification
• Liquide → Gaz : vaporisation (ébullition ou évaporation)
• Gaz → Liquide : liquéfaction
• Solide → Gaz : sublimation (ex : neige carbonique CO₂)
• Gaz → Solide : condensation (ex : givre)

Lorsqu'un corps reçoit de l'énergie par transfert thermique, il passe à un état moins ordonné.
Remarque 1 — Dissolution ≠ Fusion : le sel ne fond pas dans l'eau, il s'y dissout. La dissolution met en jeu 2 corps (un soluté et un solvant). La fusion met en jeu un seul corps qui passe de l'état solide à l'état liquide. Le sel solide fond à 800 °C, pas dans l'eau à température ambiante.

Remarque 2 : à pression donnée, la T de changement d'état est caractéristique de l'espèce.

ii) Équation d'un changement d'état

Définition — L'équation de changement d'état est l'écriture symbolique de la transformation physique d'une espèce.

Exemple : fusion de l'eau → H₂O(s) → H₂O(ℓ)

iii) Énergie massique de changement d'état

Énergie massique L (chaleur latente) du changement d'état :

Q = m × L
• Q : transfert thermique en joules (J)
• m : masse en kilogrammes (kg)
• L : énergie massique en J·kg⁻¹
Fusion, vaporisation, sublimation → nécessitent un apport d'énergie pour rompre les interactions attractives entre entités.

L > 0 → transformations endothermiques

Solidification, liquéfaction, condensation → le système cède de l'énergie.

L < 0 → transformations exothermiques

Exemple : énergie massique de fusion de l'eau Lfus,eau = 334 kJ·kg⁻¹

  • Pour faire fondre m = 200 g de glace : Qfus = m × Lfus = 0,200 × 334 = 66,8 kJ (endothermique)
  • Énergie correspondante à la solidification de m = 200 g d'eau liquide : Qsol = −Qfus = −66,8 kJ (exothermique)
Remarque 1 : les énergies massiques d'un état désordonné vers un état plus ordonné sont opposées au processus inverse :
Lsol = −Lfus ; Lliq = −Lvap ; Lcond = −Lsub

Remarque 2 : lors d'une transformation physique, il y a conservation de la masse. Seul le volume peut être modifié.
3) Récapitulatif
• La matière peut se trouver sous 3 états : solide, liquide, gaz
• Fusion, vaporisation, sublimation → l'espèce chimique gagne de l'énergie, le milieu extérieur en perd → endothermique (Q > 0), le milieu refroidit
• Solidification, liquéfaction, condensation → l'espèce chimique perd de l'énergie, le milieu extérieur en gagne → exothermique (Q < 0), le milieu se réchauffe

II — Transformations nucléaires

1) Le noyau d'un atome

a) La représentation symbolique du noyau
Notation : AZX

• A = nombre de nucléons (protons + neutrons)
• X = symbole de l'atome
• Z = numéro atomique (protons)
• N = A − Z (neutrons)

Exemples :

  • Hydrogène 11H : 1 proton, 0 neutron
  • Oxygène 168O : 8 protons, 8 neutrons
Remarque 1 : aucun lien direct entre le nombre de protons et de neutrons d'un noyau.

Remarque 2 — Les 4 interactions fondamentales qui régissent la matière :
• Gravitationnelle — entre corps massiques
• Électromagnétique — entre corps chargés
• Forte — explique la cohésion du noyau
• Faible — apparaît dans certains cas de radioactivité
b) Les isotopes
Définition — Des atomes ou ions qui ont le même Z mais des A différents sont appelés isotopes. Mêmes protons, neutrons différents.

Exemple : les 2 atomes de cuivre 63Cu et 65Cu sont des isotopes (même Z = 29, A différent : 63 et 65).

Remarque 1 — Isobares : mêmes nucléons A, mais Z différent. Exemple : 14C et 14N.

Remarque 2 — Isotones : mêmes neutrons N, mais Z et A différents. Exemple : 13C et 14N comptent tous deux 7 neutrons.
c) Récapitulatif
• Un atome est constitué d'un noyau (protons + neutrons) entouré d'électrons
• Atome neutre → autant de protons que d'électrons (Z)
• Des noyaux du même élément mais ayant des nombres de neutrons différents sont des noyaux isotopes

2) Les réactions nucléaires spontanées

a) Stabilité des noyaux atomiques

i) La radioactivité

La cohésion du noyau résulte d'un équilibre entre :
• L'interaction électromagnétique, répulsive entre les protons
• L'interaction forte, attractive entre tous les nucléons

Un excès de protons, de neutrons, ou des deux, rend certains noyaux instables.
Définition — Parmi les isotopes possibles d'un élément, seuls certains sont stables. Les autres se désintègrent spontanément en émettant des rayonnements (particules chargées et/ou ondes électromagnétiques) : ils sont radioactifs.

Exemple : pour l'aluminium, parmi les isotopes 23Al, 25Al, 26Al, 27Al, 28Al, seul 27Al est stable.

Diagramme de Segré (N en fonction de Z) :
• Pour Z < 20, les noyaux stables ont environ autant de neutrons que de protons (N ≈ Z)
• Pour Z > 20, les noyaux stables ont plus de neutrons que de protons
• L'ensemble des noyaux stables forme la « vallée de stabilité »
• Le type de désintégration dépend de la position du noyau par rapport à cette vallée
La radioactivité naturelle a été mise en évidence par Henri Becquerel (1852–1908), puis expliquée par Pierre (1859–1906) et Marie Curie (1867–1934). Ils ont reçu ensemble le prix Nobel de Physique en 1903.

En 1934, le premier isotope radioactif est créé : la radioactivité artificielle est née.

Application — Carbone 14 : isotope radioactif du carbone formé en haute atmosphère. Il se fixe sur les organismes vivants ; sa proportion reste constante de leur vivant, puis diminue progressivement après leur mort. Sa mesure permet de dater le décès.

Application — Médecine nucléaire : on injecte des isotopes radioactifs d'atomes non radioactifs présents dans le corps. Ils ont les mêmes propriétés chimiques. Le rayonnement permet :
• Imagerie : scintigraphie, TEP (Tomographie par Émission de Positons)
• Traitement : radiothérapie

Activité A d'un échantillon = nombre de désintégrations par seconde. Unité : becquerel (Bq). Mesurée à l'aide d'un compteur Geiger-Müller.

ii) Récapitulatif

• La radioactivité est le phénomène associé à la désintégration spontanée des noyaux instables, accompagnée de rayonnement
• Radioactivité naturelle : noyaux instables existant dans la nature
• Radioactivité artificielle : noyaux instables créés en laboratoire
b) Les différents types de désintégration

i) Bilan d'une désintégration radioactive

La désintégration d'un noyau père AZX s'accompagne de :
• Un noyau fils excité A'Z'Y*
• Une particule A''Z''p
• Le noyau fils se désexcite en émettant un rayonnement γ

Bilan : AZX → A'Z'Y + A''Z''p + γ

ii) Lois de conservation (lois de Soddy)

Lors d'une désintégration nucléaire :
• Conservation du nombre de masse : A = A' + A''
• Conservation du nombre de charge : Z = Z' + Z''
La radioactivité est :
• Spontanée — sans intervention extérieure
• Aléatoire — instant imprévisible
• Inéluctable — un noyau instable se désintégrera tôt ou tard
• Indépendante de la pression et de la température
Remarque : la radioactivité est une réaction nucléaire (concerne le noyau), par opposition aux réactions chimiques qui ne modifient que les électrons (les éléments sont conservés).

iii) Radioactivité α

Noyaux instables par excédent en nucléons. Émission d'un noyau d'hélium 42He, appelé particule α.

Bilan : AZX → A−4Z−2Y + 42He + γ

Exemple : uranium 238 → 23892U → 23490Th + 42He + γ

Remarque : noyaux trop lourds situés au-delà de la vallée de stabilité.

iv) Radioactivité β⁻

Émission d'un électron 0−1e (particule β⁻) accompagné d'un antineutrino ν̅.

Bilan : AZX → AZ+1Y + 0−1e + ν̅ + γ

Exemple : sodium 24 → 2411Na → 2412Mg + 0−1e + ν̅ + γ

Remarques :
• Noyaux situés au-dessus de la vallée de stabilité
• L'antineutrino ν̅ est une particule élémentaire sans charge, masse très faible, interagissant uniquement par interaction faible

v) Radioactivité β⁺

Émission d'un positon 0+1e (particule β⁺) accompagné d'un neutrino ν.

Bilan : AZX → AZ−1Y + 0+1e + ν + γ

Exemple : néon 19 → 1910Ne → 199F + 0+1e + ν + γ

Remarque : noyaux situés en-dessous de la vallée de stabilité.

vi) Récapitulatif des trois types de désintégration

TypeParticule émiseBilan
αNoyau d'hélium 42HeAZX → A−4Z−2Y + 42He + γ
β⁻Électron 0−1eAZX → AZ+1Y + 0−1e + ν̅ + γ
β⁺Positon 0+1eAZX → AZ−1Y + 0+1e + ν + γ

3) Les réactions nucléaires provoquées

a) Définition
Définition — Une réaction nucléaire provoquée a lieu lorsqu'on bombarde un noyau cible par une particule projectile, donnant naissance à de nouveaux noyaux.

Comme les désintégrations spontanées, elles respectent les lois de Soddy.
Remarque — Équivalence masse-énergie d'Einstein (1879–1955) :
L'énergie libérée par une réaction nucléaire est :

E = Δm × c²

où Δm est le défaut de masse et c la vitesse de la lumière dans le vide.
b) La fission nucléaire
Définition — La fission nucléaire est une réaction au cours de laquelle l'impact d'un neutron sur un noyau lourd provoque son éclatement en deux noyaux plus légers.

Exemple — Fission de l'uranium 235 :
10n + 23592U → 14054Xe + 9438Sr + 3 10n + γ + γ'

Réactions en chaîne : les neutrons émis peuvent à leur tour impacter d'autres noyaux cibles. Phénomène utilisé dans les centrales nucléaires.
c) La fusion nucléaire
Définition — La fusion nucléaire est une réaction au cours de laquelle deux noyaux légers s'associent pour former un noyau plus lourd.

Exemple — Fusion de deux isotopes de l'hydrogène (deutérium + tritium) :
21H + 31H → 42He + 10n + γ

Pour que la fusion se produise, il faut des températures très élevées pour vaincre la répulsion électrostatique entre les noyaux. Les fusions nucléaires se produisent spontanément dans les étoiles, leur conférant leur énergie.
Remarque : la fusion est très intéressante pour produire une énergie « verte » (sans déchets radioactifs), mais elle n'est pas encore suffisamment maîtrisée (projet ITER).
d) Récapitulatif
• Fission = un noyau lourd fissile est scindé en deux noyaux plus légers sous l'impact d'un neutron
• Fusion = deux noyaux légers s'unissent pour donner un noyau plus lourd
📖 Vocabulaire essentiel
Solide
Particules en contact, ordonnées (cristal)
Liquide
Particules en contact, désordonnées
Gaz
Particules très éloignées, mouvement libre
Transfert thermique
Échange d'énergie entre 2 corps de T différentes
Agitation thermique
Mouvement de vibration des particules
Fusion
Solide → Liquide
Solidification
Liquide → Solide
Vaporisation
Liquide → Gaz
Liquéfaction
Gaz → Liquide
Sublimation
Solide → Gaz directement
Condensation
Gaz → Solide directement
Palier de T
T constante pendant un changement d'état
Q = m × L
Transfert thermique lors d'un changement d'état
L (énergie massique)
En J·kg⁻¹
Lfus,eau
334 kJ·kg⁻¹
Endothermique (Q>0)
Fusion, vaporisation, sublimation
Exothermique (Q<0)
Solidification, liquéfaction, condensation
Notation noyau
AZX
Isotopes
Même Z, A différent
Isobares
Même A, Z différent
Isotones
Même N, A et Z différents
Radioactivité
Désintégration spontanée d'un noyau instable
Vallée de stabilité
Ensemble des noyaux stables (diagramme de Segré)
Lois de Soddy
Conservation de A et Z
α (alpha)
Émission de 42He
β⁻ (bêta moins)
Émission d'un électron + antineutrino
β⁺ (bêta plus)
Émission d'un positon + neutrino
γ (gamma)
Rayonnement électromagnétique de désexcitation
Activité A
Désintégrations / s — en becquerels (Bq)
Compteur Geiger-Müller
Mesure A
Fission
Noyau lourd → 2 noyaux légers
Fusion
2 noyaux légers → 1 noyau plus lourd
E = Δm·c²
Équivalence masse-énergie (Einstein)
ITER
Projet de réacteur à fusion
🗂️ Flashcards
Q (chgt d'état)
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Q = m × L
Lfus(eau)
Clique pour retourner
334 kJ·kg⁻¹
Pendant changement d'état
Clique pour retourner
T constante (palier)
Sublimation
Clique pour retourner
Solide → Gaz directement
Endothermique
Clique pour retourner
Q > 0 — fusion, vap, subl
Lois de Soddy
Clique pour retourner
A et Z conservés
α
Clique pour retourner
Émission de 42He
β⁻
Clique pour retourner
Émission d'un e⁻ + antineutrino
β⁺
Clique pour retourner
Émission d'un positon + neutrino
Soleil
Clique pour retourner
Fusion de H en He
Activité A
Clique pour retourner
Désintégrations/s — en Bq
E = Δm·c²
Clique pour retourner
Équivalence masse-énergie (Einstein)
Découvreurs radioactivité
Clique pour retourner
Becquerel, P. et M. Curie (Nobel 1903)
4 interactions fondamentales
Clique pour retourner
Gravitationnelle, électromagnétique, forte, faible
Exercice 1⭐ Facile
Vocabulaire
Identifie le changement d'état pour chaque cas : (a) la rosée du matin sur l'herbe ; (b) la neige qui devient de l'eau au soleil ; (c) un glaçon qui « disparaît » dans un congélateur très froid (sans devenir liquide) ; (d) le brouillard qui se forme.
  • (a) Rosée → vapeur d'eau atmosphérique → eau liquide : liquéfaction
  • (b) Neige → eau : fusion
  • (c) Glaçon qui disparaît sans fondre → solide → gaz : sublimation
  • (d) Brouillard → vapeur d'eau → fines gouttelettes : liquéfaction
Exercice 2⭐⭐ Moyen
Énergie de fusion
On a 200 g de glace à 0 °C. Quelle énergie faut-il pour la faire entièrement fondre ? On donne Lfus = 334 kJ·kg⁻¹.
  • m = 0,200 kg
  • Q = m × L = 0,200 × 334 = 66,8 kJ
  • Pendant tout ce temps, T reste à 0 °C (palier).
Exercice 3⭐⭐ Moyen
Énergie de solidification
Quelle énergie est libérée lors de la solidification de 500 g d'eau à 0 °C ? Caractérise cette transformation (endo/exo).
  • Lsol = −Lfus = −334 kJ·kg⁻¹
  • Q = m × Lsol = 0,500 × (−334) = −167 kJ
  • Q < 0 → transformation exothermique : le système cède de l'énergie au milieu extérieur (qui se réchauffe).
Exercice 4⭐⭐ Moyen
Équation nucléaire α
Le radium 226 (22688Ra) est un émetteur α. Écris l'équation et identifie le noyau fils. Justifie en utilisant les lois de Soddy.

22688Ra → AZY + 42He + γ

  • Conservation de A : 226 = A + 4 → A = 222
  • Conservation de Z : 88 = Z + 2 → Z = 86
  • L'élément Z = 86 est le radon (Rn) → noyau fils : 22286Rn
Exercice 5⭐⭐ Moyen
Équation nucléaire β⁻
Le carbone 14 est un émetteur β⁻. Écris l'équation de désintégration. Quel est l'élément fils ?

146C → AZY + 0−1e + ν̅ + γ

  • Conservation de A : 14 = A + 0 → A = 14
  • Conservation de Z : 6 = Z + (−1) → Z = 7
  • L'élément Z = 7 est l'azote → noyau fils : 147N
  • Application : datation au C14 (méthode développée par Willard Libby, Nobel 1960).
Exercice 6⭐⭐ Moyen
Identifier le type de désintégration
Pour les désintégrations suivantes, identifie le type (α, β⁻, β⁺) :
(a) 22286Rn → 21884Po + ?
(b) 4019K → 4020Ca + ?
(c) 116C → 115B + ?
  • (a) ΔA = −4, ΔZ = −2 → désintégration α (émission de 42He)
  • (b) ΔA = 0, ΔZ = +1 → désintégration β⁻ (émission de 0−1e)
  • (c) ΔA = 0, ΔZ = −1 → désintégration β⁺ (émission de 0+1e)
Exercice 7⭐⭐⭐ Difficile
Bilan énergétique complet
On dispose de 100 g de glace à −10 °C. Quelle énergie totale faut-il pour la transformer entièrement en vapeur à 100 °C ? Données : cglace = 2100 J·kg⁻¹·K⁻¹ ; ceau = 4180 J·kg⁻¹·K⁻¹ ; Lfus = 334 kJ·kg⁻¹ ; Lvap = 2260 kJ·kg⁻¹.

Quatre étapes successives, m = 0,100 kg :

  • Q₁ : chauffer la glace de −10 °C à 0 °C → 0,100 × 2100 × 10 = 2 100 J
  • Q₂ : faire fondre la glace à 0 °C → 0,100 × 334 000 = 33 400 J
  • Q₃ : chauffer l'eau liquide de 0 °C à 100 °C → 0,100 × 4180 × 100 = 41 800 J
  • Q₄ : vaporiser l'eau à 100 °C → 0,100 × 2 260 000 = 226 000 J
  • Total ≈ 2,1 + 33,4 + 41,8 + 226 ≈ 303 kJ

L'étape la plus coûteuse est de loin la vaporisation. C'est pourquoi la transpiration est un excellent système de refroidissement du corps.

Exercice 8⭐⭐⭐ Difficile
Fission de l'uranium 235
Une fission produit : 10n + 23592U → 14054Xe + AZX + 3 10n + γ. Détermine A, Z et identifie X. Pourquoi parle-t-on de réaction « en chaîne » ?
  • Conservation de A : 1 + 235 = 140 + A + 3 → A = 236 − 143 = 93
  • Conservation de Z : 0 + 92 = 54 + Z + 0 → Z = 38
  • Z = 38 → strontium → X = 9338Sr
  • Réaction en chaîne : la fission produit 3 neutrons qui peuvent à leur tour fissionner d'autres noyaux d'235U → multiplication exponentielle. Phénomène contrôlé dans les centrales nucléaires (par les barres de contrôle qui absorbent une partie des neutrons).
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Thème 2 · Chapitre 1

Décrire un mouvement

Référentiel · Trajectoire · Vitesse · Vecteurs position et vitesse

I — La relativité du mouvement

Avant d'étudier un mouvement, il faut préciser l'objet dont on étudie le mouvement et la position de l'observateur.

1) Définition d'un système

Système d'étude

Exemple : les extrémités de la planche et de la voile d'un planchiste n'ont pas les mêmes mouvements. La description du mouvement d'un corps peut être complexe : les différents points de ce corps ont chacun une évolution propre dans l'espace.

→ Il faut au préalable définir le système d'étude.
Remarque : lors de l'étude du mouvement d'une planète, on étudie seulement le mouvement du centre de cette planète.

2) Nécessité d'un référentiel

a) Qu'est-ce qu'un référentiel ?

Exemple : le système Soleil-Terre-Mars ; selon le point d'observation, la description du mouvement n'est pas la même → il faut préciser par rapport à quoi on étudie le mouvement.

Définition — Pour étudier le mouvement d'un corps, il faut préciser le solide choisi comme référence : c'est le référentiel.
À ce référentiel, il faut associer :
• Un repère pour connaître les coordonnées du système étudié
• Une horloge pour connaître les dates des positions occupées
b) Exemples de référentiels

i) Référentiel terrestre

Constitué d'un objet fixe par rapport à la Terre. Utilisé pour l'étude des mouvements à la surface de la Terre.

ii) Référentiel géocentrique

Constitué du centre de la Terre et de 3 étoiles lointaines considérées fixes. Utilisé pour étudier le mouvement des satellites de la Terre.

iii) Référentiel héliocentrique (de Kepler)

Constitué du centre du Soleil et de 3 étoiles lointaines fixes. Utilisé pour étudier le mouvement des planètes du système solaire.

iv) Référentiel de Copernic

Constitué du centre de masse du système solaire et de 3 étoiles lointaines fixes. Utilisé pour étudier le mouvement du système solaire entier.
c) Récapitulatif
• Le système étudié est l'objet (ou le point) dont on étudie le mouvement
• Le référentiel est l'objet de référence par rapport auquel on étudie ce mouvement
• Un même objet peut être à la fois immobile et en mouvement selon le référentiel choisi
• Le mouvement est relatif au référentiel

3) Le temps : instant et durée

a) Mesure d'une durée

Exemples : départ d'un 100 m, franchissement d'une ligne d'arrivée. À un événement particulier (coup de pistolet) est associée une origine des instants t0.

Durée Δt = intervalle de temps entre deux événements :

Δt = t − t₀ (en secondes s)

Si t₀ = 0, alors Δt = t.
b) Précision de la mesure
Le protocole de mesure est élaboré selon la précision attendue. Le chronométrage peut être :
• Manuel (chronomètre)
• Automatique (déclenchement électronique)
• Vidéo (analyse d'images)

Exemple : aux 100 m nage libre à Rome, les trois chronos manuels indiquaient trois durées différentes (55,2 ; 55,1 et 55,0 s).

c) Récapitulatif
• Le temps d'un point est un instant sur la ligne du temps
• Une durée est une différence entre deux instants
• Pour étudier le mouvement, il faut associer une date à chaque position dans le référentiel choisi

II — Comment classer les mouvements ?

1) La trajectoire

Définition
Définition — Dans un référentiel donné, la trajectoire d'un point est l'ensemble des positions successives occupées par ce point au cours de son mouvement.
Types de mouvement selon la trajectoire :
• Rectiligne — la trajectoire est une portion de droite
• Curviligne — la trajectoire est une portion de courbe
• Circulaire — la trajectoire est un cercle ou un arc de cercle
Remarque : dans un référentiel donné, deux points distincts d'un corps ont généralement des trajectoires différentes. Pour étudier les mouvements, on procède à l'enregistrement des positions successives à intervalles de temps identiques τ : c'est une chronographie.

2) Vitesse moyenne

Définition et formule
Vitesse moyenne entre deux instants t₁ et t₂ :

v = d / Δt = (x₂ − x₁) / (t₂ − t₁)

• d : distance parcourue (m)
• Δt : durée (s)
• v : vitesse (m·s⁻¹)

Exemples :

  • Une télécabine parcourt d = 6,0 m en Δt = 1,0 s → v = 6,0 m·s⁻¹ (référentiel terrestre)
  • La vitesse d'un passager dans le référentiel de la télécabine est nulle
  • Le 100 m est parcouru à plus de 10 m·s⁻¹ de moyenne
  • Le meilleur marathonien court à plus de 5,6 m·s⁻¹ de moyenne
  • Une formule 1 peut dépasser 100 m·s⁻¹
Évolution de la vitesse :
• Décéléré (ralenti) — la vitesse diminue
• Accéléré — la vitesse augmente
• Uniforme — la vitesse reste constante

Exemple : le centre du marteau dans le référentiel du lanceur du marteau décrit un mouvement circulaire accéléré puis uniforme avant d'être lâché.

3) Vitesse instantanée

Définition
Un compteur de vitesse mesure une vitesse instantanée = vitesse d'un point à un instant précis.
Pour estimer la vitesse instantanée d'un point en M₁ à l'instant t₁, on calcule la vitesse moyenne sur une durée la plus courte possible autour de cet instant, par exemple entre M₀ et M₂ :

v₁ = (x₂ − x₀) / (t₂ − t₀) = (x₂ − x₀) / (2τ)

(où τ = t₁ − t₀ = t₂ − t₁ est l'intervalle entre deux mesures)
Remarque : un radar indique la valeur de la vitesse à un instant donné — c'est une vitesse instantanée.

4) Exemples de mouvements

Caractérisation d'un mouvement
Caractériser un mouvement = donner des informations sur :
• La forme de la trajectoire
• L'évolution de la vitesse
TrajectoireVitesseType de mouvement
DroiteConstanteRectiligne uniforme
DroiteVariableRectiligne accéléré ou décéléré
CercleConstanteCirculaire uniforme
CercleAugmenteCirculaire accéléré
CourbeConstanteCurviligne uniforme

Exemple : un skieur de kilomètre lancé peut passer d'une vitesse nulle à 200 km·h⁻¹ en moins de 6 s sur une piste de ski → mouvement rectiligne mais non uniforme.

Remarque — relativité du mouvement : la trajectoire et la vitesse dépendent du référentiel. Mars a un mouvement quasi-circulaire et uniforme dans le référentiel héliocentrique, et curviligne dans le référentiel géocentrique.
5) Récapitulatif
• La trajectoire = courbe reliant les positions successives
• Sa forme dépend du référentiel choisi
• Étudier un mouvement = déterminer la trajectoire et l'évolution de la vitesse

III — Comment décrire l'évolution de la vitesse ?

1) Notion de vecteur

a) Vecteur position
Définition — Le vecteur position $\vec{OM}$ repère la position d'un point M le long d'une trajectoire à un instant t, par rapport à l'origine O d'un repère :

$\vec{OM}$ = x·$\vec{i}$ + y·$\vec{j}$ + z·$\vec{k}$
Un vecteur est défini par ses 4 caractéristiques :
• Origine : ici, le point O
• Direction : celle de la droite (OM)
• Sens : de O vers M
• Valeur (norme) : longueur du segment [OM]
b) Vecteur vitesse

Lors d'un mouvement, le vecteur position varie en norme ou en direction, créant ainsi un vecteur vitesse $\vec{v}_M$.

Le vecteur vitesse $\vec{v}_M$ d'un point M est défini par :
• Origine : au point M
• Direction : tangente à la trajectoire
• Sens : celui du mouvement
• Valeur (norme) : ‖$\vec{v}_M$‖ (en m·s⁻¹)
Remarque : en plus du vecteur position et du vecteur vitesse, on peut définir un vecteur accélération (étudié plus tard).

2) Application aux mouvements

a) Mouvement quelconque
Pas de condition sur le vecteur position vis-à-vis de la trajectoire. Toutefois, le vecteur vitesse est toujours tangent à la trajectoire.
b) Mouvement rectiligne
Vecteur position et vecteur vitesse ont la même direction et sont parallèles à la trajectoire.

Si le mouvement est rectiligne uniforme, ‖$\vec{v}$‖ est la même pour chaque position. Sinon, il faut la calculer pour chaque point.
c) Mouvement circulaire
• Le vecteur vitesse reste tangent à la trajectoire
• Le vecteur position $\vec{OM}$ a sa direction qui passe par le centre de rotation
• Vecteur position et vecteur vitesse sont perpendiculaires l'un par rapport à l'autre

Si le mouvement est circulaire uniforme, ‖$\vec{v}$‖ est constante. Sinon, elle change pour chaque position.
3) Récapitulatif
• Un vecteur est défini par 4 caractéristiques : origine, direction, sens, norme
• Le vecteur vitesse d'un point est toujours tangent à la trajectoire, dans le sens du mouvement

Yanis est debout sur un skateboard qui roule à vitesse constante. Sa trajectoire change selon qui regarde.

Yanis trottoir
Définition : un référentiel = un solide de référence + une horloge. Le mouvement est relatif : il change selon le référentiel. Vu du trottoir → droite horizontale. Vu du skate → un point.
Terrestresolide fixe par rapport au sol
Géocentriquecentre Terre + étoiles fixes (Lune, satellites)
Héliocentriquecentre Soleil + étoiles fixes (planètes)
Mémosatellite géostationnaire : immobile dans terrestre, mobile dans géocentrique

La trajectoire est l'ensemble des positions occupées par un point au cours du temps.

Rectiligne uniforme : trajectoire = droite, points équidistants → vitesse constante. ⃗v constant en direction, sens et valeur.
Forme de la trajectoirerectiligne · circulaire · curviligne
Évolution de la vitesseuniforme · accéléré · ralenti

Une voiture parcourt une distance. Joue avec d et Δt pour sentir la formule.

100 km
2 h
Vitesse moyenne (km/h)
50
Vitesse moyenne (m/s)
13.9
Vitesse moyenne
vmoy = d / Δt
vmoym·s⁻¹vitesse moyenne sur le trajet (valeur scalaire).
dmdistance totale parcourue le long de la trajectoire.
Δtsdurée totale = tfinal − tinitial.
Unités SI obligatoires avant calcul. Ne pas mélanger km et s.
Réarrangements
Distanced = v × Δt
DuréeΔt = d / v
Conversion km/h ↔ m/s
v(km·h⁻¹) = v(m·s⁻¹) × 3,6
m/s → km/h× 3,6  ·  ex : 30 × 3,6 = 108 km/h
km/h → m/s÷ 3,6  ·  ex : 90 ÷ 3,6 = 25 m/s
Vitesse instantanée sur chronographie
v(Mi) ≈ Mi−1Mi+1 / (2τ)
v(Mi)m·s⁻¹vitesse à l'instant où l'objet est en Mi.
Mi−1Mi+1mdistance réelle entre la position précédente et la suivante (mesure × échelle).
τsintervalle entre 2 positions consécutives (donné par l'énoncé).
Impossible de calculer v(M0) ou v(Mdernier) : pas de point encadrant.

Le vecteur vitesse ⃗v a quatre caractéristiques. Clique un point pour voir son ⃗v.

Cliquez un point pour voir ⃗v
Les 4 caractéristiques du vecteur vitesse ⃗v
Origine—point d'application = le point étudié Mi.
Direction—tangente à la trajectoire au point Mi.
Sens—celui du mouvement.
Valeurm·s⁻¹norme = v(Mi). Longueur de la flèche proportionnelle à v selon l'échelle.
Exo 7 : v(B3) = 15 cm/s, échelle 1 cm ↔ 5 cm/s → flèche de 3 cm.
Vecteur position OM
OM va de l'origine O du repère jusqu'au point M. Direction et sens en général différents de ⃗v.
MRU⃗v et OM colinéaires (même direction, même sens)
MCU⃗v et OM perpendiculaires, ⃗v tangent au cercle
Vecteur vitesse moyenne (bonus QCM)
⃗vmoy = MiMj⃗ / (tj − ti)
MiMj⃗mvecteur déplacement de Mi (départ) vers Mj (arrivée).
tj − tisdurée écoulée (tj final, ti initial).

Le graphique v(t) de Valentino Rossi dans un virage. Survole la courbe pour lire la vitesse à chaque instant.

t (s) v (km/h)
Avant virage
≈ 320 km/h
Min (dans virage)
≈ 110 km/h
Durée min conservée
≈ 10 s
Distance pendant le min : d = v × Δt = (110/3,6) × 10 ≈ 306 m. Trois phases : freinage → vitesse min uniforme → accélération en sortie.

Récapitulatif complet : neuf formules avec légende détaillée de chaque variable.

1 — Durée d'un évènement
Δt = tfinal − tinitial
Δtsdurée écoulée, toujours positive.
tfinalsinstant de fin.
tinitialsinstant de début.
2 — Vitesse moyenne
vmoy = d / Δt
vmoym·s⁻¹valeur scalaire.
dmdistance totale parcourue.
Δtsdurée totale.
3 et 4 — Réarrangements
d = v × Δttrouver une distance
Δt = d / vtrouver une durée
5 — Conversion
v(km·h⁻¹) = v(m·s⁻¹) × 3,6
3,6—vient de 3600 s/h ÷ 1000 m/km.
6 — Vitesse instantanée
v(Mi) ≈ Mi−1Mi+1 / (2τ)
v(Mi)m·s⁻¹vitesse au point Mi.
Mi−1Mi+1mdistance réelle entre points encadrants.
τsintervalle entre 2 positions consécutives.
7 — Vecteur vitesse ⃗v (4 caractéristiques)
Origine—le point Mi.
Direction—tangente à la trajectoire.
Sens—celui du mouvement.
Valeurm·s⁻¹longueur ∝ v selon l'échelle.
8 — Vecteur position OM
Origine—point O du repère.
Extrémité—point M étudié.
‖OM‖mdistance OM.
MRU⃗v et OM colinéaires
MCU⃗v et OM perpendiculaires
9 — Vecteur vitesse moyenne (bonus)
⃗vmoy = MiMj⃗ / (tj − ti)
MiMj⃗mvecteur déplacement.
tj − tisdurée écoulée.

Pour chaque exo, ce qui est vraiment demandé.

Indispensable
à savoir par cœur
Vocabulaire (référentiel, trajectoire, MRU, MCU). Formule 2 (v = d/Δt) et ses réarrangements. Formule 5 (×3,6). Formule 6 (vitesse instantanée). Formule 7 (4 caractéristiques du vecteur vitesse). Relations vectorielles MRU/MCU.
Utile
à comprendre
Formule 1 (Δt). Vecteur position OM. Lecture d'un graphique v(t) pour identifier phases et calculer d = v·Δt sur un palier.
Bonus théorique
une seule question
Formule 9 (vecteur vitesse moyenne). Apparait uniquement à l'exo 3 question 8.
Ce que chaque exo demande
Exo 1
Vocabulaire pur. Aucune formule.
Exo 2
Vrai/faux : référentiel + reconnaître accéléré sur chronographie.
Exo 3
QCM : v = d/Δt, ×3,6, vocabulaire MRU/MCU. Q8 → formule 9.
Exo 4
Classer trajectoires et tracer les 4 caractéristiques de ⃗v.
Exo 5
Lecture graphique v(t), d = v·Δt sur un palier, identifier 3 phases.
Exo 6
Chronographie jongleur : point coïncidant, v = d/Δt avec durée = 6τ.
Exo 7
Le plus complet : tracer ⃗v selon échelle, v(Mi) = Mi−1Mi+1/(2τ) en plusieurs points.
Stratégie : maîtrise d'abord la zone rouge. Avec ça, 90 % des points sont déjà acquis.

8 questions inspirées des exos. Score en direct.

Score : 0 / 0
📖 Vocabulaire essentiel
Système d'étude
Objet ou point dont on étudie le mouvement
Référentiel
Solide de référence + repère + horloge
Référentiel terrestre
Fixe à la surface de la Terre
Référentiel géocentrique
Centre de la Terre — pour les satellites
Référentiel héliocentrique
Centre du Soleil — pour les planètes
Référentiel de Copernic
Centre de masse du système solaire
Trajectoire
Ensemble des positions successives
Mouvement rectiligne
Trajectoire = portion de droite
Mouvement curviligne
Trajectoire = courbe
Mouvement circulaire
Trajectoire = cercle
Chronographie
Enregistrement à intervalles τ identiques
Vitesse moyenne
v = d / Δt
Vitesse instantanée
v à un instant précis (calcul sur Δt court)
Mouvement accéléré
v augmente
Mouvement décéléré
v diminue
Mouvement uniforme
v constante
Vecteur position
$\vec{OM}$ — du repère au point
Vecteur vitesse
$\vec{v}_M$ — tangent à la trajectoire
4 caractéristiques d'un vecteur
Origine, direction, sens, norme
Mouvement rectiligne (vecteurs)
Position et vitesse parallèles
Mouvement circulaire (vecteurs)
Position et vitesse perpendiculaires
Relativité du mouvement
Dépend du référentiel choisi
🗂️ Flashcards
Référentiel
Clique pour retourner
Solide de référence + repère + horloge
Géocentrique
Clique pour retourner
Centre de la Terre — pour les satellites
Héliocentrique
Clique pour retourner
Centre du Soleil — pour les planètes
v moyenne
Clique pour retourner
v = d / Δt
Conv. km/h ↔ m/s
Clique pour retourner
÷ 3,6 (km/h → m/s) ; × 3,6 (m/s → km/h)
Vecteur vitesse
Clique pour retourner
Toujours tangent à la trajectoire
4 caractéristiques
Clique pour retourner
Origine, direction, sens, norme
Circulaire uniforme
Clique pour retourner
‖v‖ constante, position ⊥ vitesse
Rectiligne uniforme
Clique pour retourner
‖v‖ constante, position ∥ vitesse
Mouvement relatif
Clique pour retourner
Dépend du référentiel
Chronographie
Clique pour retourner
Positions à intervalles τ identiques
Exercice 1⭐ Facile
Choisir le bon référentiel
Pour chaque étude, choisis le référentiel le plus adapté : (a) un coureur sur une piste d'athlétisme ; (b) la Lune autour de la Terre ; (c) Mars autour du Soleil ; (d) un parachutiste.
  • (a) Coureur → terrestre
  • (b) Lune autour de la Terre → géocentrique
  • (c) Mars autour du Soleil → héliocentrique
  • (d) Parachutiste → terrestre
Exercice 2⭐ Facile
Vitesse moyenne
Un train parcourt 450 km en 3 h. Calcule sa vitesse moyenne en km·h⁻¹ et en m·s⁻¹.
  • v = d / Δt = 450 / 3 = 150 km·h⁻¹
  • Conversion : 150 / 3,6 ≈ 41,7 m·s⁻¹
Exercice 3⭐⭐ Moyen
Relativité du mouvement
Deux trains se croisent en sens inverse. Le passager A est dans le train roulant à 80 km/h vers l'est. Le train croisé roule à 60 km/h vers l'ouest. Quelle est la vitesse du passager A : (a) dans le référentiel du sol ? (b) dans le référentiel de son train ? (c) dans le référentiel du train croisé ?
  • (a) Sol → 80 km/h vers l'est
  • (b) Son train → 0 km/h (immobile par rapport à son siège)
  • (c) Train croisé → 140 km/h vers l'est (les deux vitesses s'additionnent puisqu'ils roulent en sens inverse)
Exercice 4⭐⭐ Moyen
Vitesse instantanée — chronographie
Un mobile occupe les positions M₀(0 ; 0) à t₀=0, M₁(2,0 ; 0) à t₁=0,1 s, M₂(4,2 ; 0) à t₂=0,2 s. Calcule la vitesse moyenne sur [M₀M₂], puis estime la vitesse instantanée en M₁.
  • Vitesse moyenne sur [M₀M₂] = (4,2 − 0) / (0,2 − 0) = 21 m·s⁻¹
  • Vitesse instantanée en M₁ ≈ (M₂ − M₀) / (t₂ − t₀) = 4,2 / 0,2 = 21 m·s⁻¹
  • Note : ici les valeurs coïncident, mais en général la vitesse instantanée se calcule en utilisant les points juste avant et juste après celui qu'on étudie.
Exercice 5⭐⭐ Moyen
Caractériser un mouvement
Pour chaque cas, caractérise le mouvement (rectiligne / circulaire / curviligne ; uniforme / accéléré / décéléré) :
(a) Mars dans le référentiel héliocentrique (orbite ≈ circulaire à vitesse ≈ constante)
(b) Une voiture qui freine à un feu rouge
(c) Une fusée qui décolle
  • (a) Mars → circulaire uniforme
  • (b) Voiture qui freine → rectiligne décéléré
  • (c) Fusée qui décolle → rectiligne accéléré (au début, avant que la trajectoire courbe)
Exercice 6⭐⭐ Moyen
Vecteur vitesse
Une voiture parcourt 200 m en 10 s sur une route droite. Donne les 4 caractéristiques de son vecteur vitesse à mi-parcours (mouvement supposé uniforme).
  • v = 200 / 10 = 20 m·s⁻¹
  • Origine : la voiture (point M)
  • Direction : la route (axe du mouvement)
  • Sens : celui du déplacement
  • Norme : 20 m·s⁻¹ (= 72 km·h⁻¹)
Exercice 7⭐⭐⭐ Difficile
Le pendule
Un pendule oscille. À chaque instant, sa trajectoire est un arc de cercle. Décris la trajectoire et le vecteur vitesse aux trois positions clés : passage par la verticale (point bas), montée vers la position extrême gauche, position extrême gauche (instant où le pendule s'arrête).
  • Passage à la verticale : trajectoire = arc de cercle ; vecteur vitesse tangent à l'arc, dirigé horizontalement (vers la gauche par exemple), norme maximale
  • Montée vers la gauche : vecteur vitesse encore tangent à l'arc (dirigé vers le haut et la gauche), norme qui diminue → mouvement circulaire décéléré
  • Position extrême gauche : vitesse nulle à l'instant précis du retournement, puis le mouvement repart dans l'autre sens
Exercice 8⭐⭐⭐ Difficile
L'ISS — vitesse phénoménale
La Station Spatiale Internationale (ISS) tourne autour de la Terre à environ 400 km d'altitude (rayon orbital ≈ 6 770 km). Elle effectue un tour en 90 min. Calcule sa vitesse moyenne en km·s⁻¹ et en km·h⁻¹. Caractérise son mouvement dans le référentiel géocentrique.
  • Périmètre orbital : 2π × R = 2π × 6770 ≈ 42 540 km
  • Durée : 90 min = 5400 s
  • v = 42540 / 5400 ≈ 7,9 km·s⁻¹ ≈ 28 400 km·h⁻¹
  • Mouvement circulaire uniforme dans le référentiel géocentrique
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Thème 2 · Chapitre 2

Forces, mouvements et principe d'inertie

Interactions · Force · Gravitation · Poids · Principe d'inertie · Newton

I — Forces et mouvements

1) Notion d'interaction

a) Qu'est-ce qu'une interaction ?

Expérience des aimants : deux aimants sur des chariots mobiles. Quand on approche un aimant A près d'un aimant B aux pôles opposés, B se met en mouvement vers A (attraction) — sans contact. Plus la distance diminue, plus l'attraction est forte.

Les aimants exercent l'un sur l'autre une attraction magnétique à distance, sans lien matériel.
Remarque : on a observé une interaction d'attraction, mais la répulsion est aussi une interaction.
b) Récapitulatif
Définition — Deux objets sont en interaction si le mouvement de l'un dépend de la présence de l'autre, et réciproquement.

2) Actions de contact et actions à distance

a) Actions mécaniques sur un système

Exemple — un footballeur tape dans un ballon :

  • Système étudié = le ballon
  • Extérieur = tout ce qui ne constitue pas le système
  • Actions exercées sur le ballon :
    • Action de la Terre (à distance) — attire le ballon vers le bas
    • Action du sol (contact) — empêche le ballon de s'enfoncer
    • Action du pied (contact) — pousse le ballon
Diagramme objet-interaction : représentation graphique des actions exercées sur le système.
• Action à distance : double flèche en pointillés ⤳
• Action de contact : double flèche pleine ↔
Remarque : lorsqu'un système est en mouvement, il faut souvent tenir compte de l'action de l'air.
b) Deux types d'actions
Définition — Un corps A exerce une action mécanique sur B si B est mis en mouvement (ou si son mouvement est modifié).

• Actions de contact — nécessitent un contact entre les deux corps
• Actions à distance — aucun contact

Exemples :

  • Haltérophile soulevant des haltères → 2 actions de contact (une par main)
  • Soleil qui attire la Terre → action à distance (gravitation)
c) Récapitulatif
Les actions mécaniques exercées sur un système sont toutes les actions exercées par l'extérieur sur le système. Elles peuvent être de contact ou à distance.

3) Notion de force

a) Représentation d'une force
Une action mécanique exercée par A sur B est modélisée par une force, notée $\vec{F}_{A/B}$.

Sur un schéma, une force est représentée par un segment fléché (vecteur). La longueur est proportionnelle à la valeur de la force selon une échelle.
Remarque : une force subie par un corps peut modifier :
• Uniquement la direction du mouvement
• Uniquement la vitesse
• Les deux à la fois
b) La force d'interaction gravitationnelle

i) L'attraction gravitationnelle

La gravitation, découverte par Isaac Newton, est analogue à l'interaction magnétique mais elle est due aux masses des objets.

Tous les objets possédant une masse s'attirent réciproquement, à distance. L'attraction diminue avec la distance.
La gravitation universelle :
• Est une des interactions fondamentales de l'Univers
• Est attractive et s'exerce à distance
• Assure la cohésion du système solaire
• Chaque planète est attirée par le Soleil et par les autres planètes
Différence magnétisme / gravitation : les aimants peuvent se repousser, alors que les masses s'attirent toujours.

ii) Loi de l'attraction gravitationnelle

L'unité de force est le newton (N). Mathématiquement, on représente une force par un vecteur, noté $\vec{F}$.
Loi de Newton — interaction gravitationnelle entre deux corps A et B (assimilés à des points matériels), de masses mA et mB, séparés par d :

‖$\vec{F}_{A/B}$‖ = ‖$\vec{F}_{B/A}$‖ = G × (mA × mB) / d²

• G = 6,67 × 10⁻¹¹ N·m²·kg⁻² (constante gravitationnelle)
• mA, mB en kg
• d en m
• F en N

Exemple — Terre/Lune :
mT = 5,97 × 10²⁴ kg ; mL = 7,33 × 10²² kg ; d ≈ 384 000 km.
FT/L = G × mT × mL / d² ≈ 1,98 × 10²⁰ N
D'après la 3ᵉ loi de Newton : FL/T = FT/L ≈ 1,98 × 10²⁰ N (mêmes valeurs, sens opposés).

iii) Récapitulatif

La gravitation est une interaction attractive à distance entre deux objets possédant une masse, qui diminue avec la distance.
c) Le poids

i) Qu'est-ce que le poids ?

Définition — Le poids d'un corps sur Terre est la force d'interaction gravitationnelle exercée par la Terre sur ce corps.
Vecteur poids : $\vec{P} = m × \vec{g}$

• Point d'application : centre de gravité de l'objet
• Direction : verticale du lieu
• Sens : vers le centre de la Terre
• Valeur : P = m × g

P en newtons (N), m en kg, g en N·kg⁻¹
Remarque : on parle de « poids terrestre ». Sur la Lune, on parlerait de poids lunaire.

ii) Poids et force d'attraction gravitationnelle

Pour un corps de masse m à la surface de la Terre (rayon RT, masse MT), à une altitude h petite (h ≪ RT) :

FTerre/corps = G × MT × m / (RT + h)² ≈ G × MT × m / RT²

Par identification avec P = m × g :

g = G × MT / RT²

Avec MT = 6,0 × 10²⁴ kg et RT = 6,38 × 10⁶ m → g ≈ 9,8 N·kg⁻¹
Remarques :
• g dépend de l'altitude : plus h augmente, plus g diminue
• g dépend de la latitude (Terre aplatie aux pôles) : g = 9,81 N/kg à Paris, 9,78 N/kg à l'équateur
• La masse d'un corps ne varie pas avec le lieu

iii) Récapitulatif

• Le poids est l'attraction à distance que la Terre exerce sur un objet
• Poids et masse sont 2 grandeurs différentes :
  – La masse est invariable
  – Le poids varie avec la latitude et l'altitude
d) La réaction du support
Un corps posé sur une table ne tombe pas. La force exercée par un support sur un objet est la réaction du support $\vec{R}$ ou $\vec{R}_N$. C'est une force de contact.
Caractéristiques :
• Point d'application : centre de la surface de contact
• Direction : perpendiculaire au support
• Sens : vers le haut (du support vers l'objet)
• Valeur : RN
e) Les forces de frottement
Tout corps en mouvement subit des forces de frottement. Ce sont des forces de contact qui s'opposent au déplacement. Elles sont exercées par un solide ou un fluide en contact.
Caractéristiques de $\vec{f}$ :
• Point d'application : centre de la surface de contact
• Direction : parallèle au mouvement
• Sens : opposé au mouvement
• Valeur : f
f) La tension d'un fil
La tension d'un fil est la force qu'exerce un fil tendu sur un corps accroché à l'une de ses extrémités. Force de contact.
Caractéristiques de $\vec{T}$ :
• Point d'application : point d'accroche
• Direction : celle du fil tendu
• Sens : du point d'accroche vers le fil
• Valeur : T
g) Récapitulatif
Une force est caractérisée par 4 éléments : point d'application, direction, sens, valeur (en newtons N).

4) Effet d'une force sur le mouvement

a) Les différents effets
Une force exercée sur un système peut :
• Mettre en mouvement (corde sur la flèche d'un arc)
• Modifier le mouvement (main sur le ballon)
• Arrêter le mouvement (mains qui rattrapent le ballon)
• Déformer le système
Le mouvement d'un objet est modifié lorsque les forces qui s'exercent sur lui ne se compensent pas.
b) Influence de la masse
Exemples :
• Plus un caddie est rempli, plus il est difficile à mettre en mouvement
• Plus une F1 est légère, plus le freinage est efficace
L'effet d'une force sur le mouvement est d'autant plus grand que la masse du système est faible.

La masse d'un corps caractérise son inertie : la difficulté à le mettre en mouvement ou à modifier son mouvement.
c) Récapitulatif
Une force peut :
• Déformer le système
• Modifier sa trajectoire et/ou sa vitesse

Plus la masse est élevée, moins l'effet d'une force est important.

5) Troisième loi de Newton (principe des actions réciproques)

Énoncé
3ᵉ loi de Newton — Si un système A exerce sur B une force $\vec{F}_{A/B}$, alors B exerce sur A une force $\vec{F}_{B/A}$ telle que :

$\vec{F}_{A/B} = − \vec{F}_{B/A}$

(mêmes direction et valeur, sens opposés)

Exemple — propulsion d'une fusée :
La fusée expulse les gaz vers le bas ($\vec{F}_{F/G}$). En retour, les gaz exercent sur la fusée une force vers le haut ($\vec{F}_{G/F}$). C'est cette dernière qui fait décoller la fusée.

II — Principe d'inertie

1) Modèle du point matériel

Définition
Pour simplifier l'étude du mouvement, un système est modélisé par l'un de ses points auquel on associe la masse du système. Ce modèle = point matériel.

En général, le point matériel est le centre de gravité du système.

2) Forces qui se compensent

Définition

Exemple : un livre posé sur une table ne tombe pas → le poids $\vec{P}$ et la réaction $\vec{R}_N$ se compensent.

$\sum \vec{F}_{ext} = \vec{P} + \vec{R}_N = \vec{0}$ et $\vec{R}_N = − \vec{P}$
Les forces s'exerçant sur un corps se compensent si leurs effets combinés n'engendrent aucune modification du mouvement.

$\sum \vec{F}_{ext} = \vec{0}$
Remarque : dans le cas de 2 forces qui se compensent, les vecteurs ont la même direction, même valeur, mais sens opposés : ce sont des vecteurs opposés.

3) Énoncé du principe d'inertie

Histoire et énoncé
En 1638, Galilée (1564–1642) établit expérimentalement que « le mouvement rectiligne et uniforme du centre d'une bille roulant à vitesse constante sur un plan horizontal […] se poursuit indéfiniment si on a écarté tout obstacle ».

En 1687, dans ses Principia Mathematica, Newton (1642–1727) énonce le principe d'inertie.
Principe d'inertie — Si les forces qui s'exercent sur un corps se compensent ($\sum \vec{F}_{ext} = \vec{0}$) :
• Il est au repos s'il n'a pas de vitesse initiale
• Il a un mouvement rectiligne uniforme s'il a une vitesse initiale

Réciproquement, si un corps est au repos ou en mouvement rectiligne uniforme, alors les forces se compensent.
Remarque : le principe d'inertie n'est valable que dans certains référentiels (géocentrique, terrestre — pour des mouvements de courte durée).

4) Mesurer la valeur d'une force

Le dynamomètre
Un objet suspendu à un dynamomètre est soumis à son poids $\vec{P}$ et à la tension $\vec{T}$ du fil. L'objet étant immobile, le principe d'inertie donne :

$\vec{T} + \vec{P} = \vec{0}$  ⟹  $\vec{T} = − \vec{P}$

La valeur lue sur le dynamomètre est donc celle du poids de l'objet.

5) Contraposée du principe d'inertie

Énoncé
Contraposée : si les forces qui s'exercent sur un corps ne se compensent pas ($\sum \vec{F}_{ext} ≠ \vec{0}$), alors le corps n'est pas en mouvement rectiligne uniforme.

Réciproquement, si un corps n'est ni au repos ni en mouvement rectiligne uniforme, alors les forces ne se compensent pas.

Exemple : un skieur descendant une piste sans frottements. $\vec{P} + \vec{R}_N ≠ \vec{0}$ (les vecteurs ne sont pas opposés sur une pente). Donc le skieur n'est pas en mouvement rectiligne uniforme.

6) Variation du vecteur vitesse

a) Comment varie un vecteur vitesse ?
Lors d'un mouvement, on peut tracer les vecteurs vitesse à chaque position. Si l'une des 3 caractéristiques de $\vec{v}$ change (valeur, direction ou sens), alors :

$\Delta \vec{v} = \vec{v}_{après} − \vec{v}_{avant} ≠ \vec{0}$

→ Les forces ne se compensent pas (contraposée du principe d'inertie).
Remarque : inversement, si $\Delta \vec{v} = \vec{0}$, les forces se compensent.
b) Cas de la chute libre
Définition — Un corps est en chute libre si la seule force qu'il subit est son poids.

Dans l'atmosphère, il faut négliger les frottements de l'air (mouvements de courte durée).

Exemple 1 — chute sans vitesse initiale : $\Delta \vec{v}$ et $\vec{v}$ sont de même sens (vers le bas) → mouvement rectiligne accéléré.

Exemple 2 — lancé vers le haut : $\Delta \vec{v}$ (vers le bas, comme $\vec{P}$) est de sens opposé à $\vec{v}$ (vers le haut) → mouvement rectiligne ralenti. Quand $\vec{v} = \vec{0}$, le corps redescend en chute libre accélérée.

Le vecteur $\Delta \vec{v}$ d'un corps en chute libre a la même direction et le même sens que le poids $\vec{P}$.
c) Récapitulatif
MouvementSens de $\vec{v}$Sens de $\Delta \vec{v}$Conclusion
ChuteVers le basVers le bas (= $\vec{P}$)v augmente
MontéeVers le hautVers le bas (= $\vec{P}$)v diminue jusqu'à 0, puis le corps chute
7) Récapitulatif général
• Un système reste immobile ou en mouvement rectiligne uniforme si $\sum \vec{F}_{ext} = \vec{0}$
• Réciproquement, si un corps est immobile ou en mouvement rectiligne uniforme, alors $\sum \vec{F}_{ext} = \vec{0}$
• Contraposée : $\Delta \vec{v} ≠ \vec{0}$ ⟺ $\sum \vec{F}_{ext} ≠ \vec{0}$
• La variation de $\vec{v}$ est due à des actions extérieures qui ne se compensent pas
📖 Vocabulaire essentiel
Interaction
Mouvement de A dépend de B et réciproquement
Action de contact
Nécessite un contact entre corps
Action à distance
Sans contact (gravitation, magnétisme)
Force
Modélise une action mécanique (en N)
Vecteur force
Origine, direction, sens, valeur
Newton (N)
Unité de force
G (constante grav.)
6,67 × 10⁻¹¹ N·m²·kg⁻²
Loi de la gravitation
F = G·mA·mB/d²
Poids P
P = m·g (force gravitationnelle de la Terre)
g (Terre)
≈ 9,81 N·kg⁻¹ (à Paris)
g — formule
g = G·MT/RT²
Masse vs Poids
Masse invariable, poids dépend du lieu
Réaction du support
$\vec{R}_N$ — perpendiculaire au support
Frottement
$\vec{f}$ — opposé au mouvement
Tension d'un fil
$\vec{T}$ — le long du fil tendu
Inertie
Difficulté à mettre en mouvement
3ᵉ loi de Newton
$\vec{F}_{A/B} = − \vec{F}_{B/A}$
Point matériel
Système réduit à son centre de gravité
Forces compensées
$\sum \vec{F}_{ext} = \vec{0}$
Principe d'inertie
$\sum \vec{F} = \vec{0}$ ⟺ MRU ou repos
Contraposée
$\sum \vec{F} ≠ \vec{0}$ ⟺ Δv ≠ 0
Chute libre
Seule force = poids
Galilée
1564–1642, premier énoncé du principe d'inertie
Newton (Isaac)
1642–1727, Principia 1687
🗂️ Flashcards
Loi de la gravitation
Clique pour retourner
F = G·mA·mB/d²
G
Clique pour retourner
6,67 × 10⁻¹¹ N·m²·kg⁻²
Poids
Clique pour retourner
P = m × g
g sur Terre
Clique pour retourner
≈ 9,81 N·kg⁻¹ (à Paris)
Caractéristiques d'une force
Clique pour retourner
Point d'app., direction, sens, valeur
3ᵉ loi de Newton
Clique pour retourner
$\vec{F}_{A/B} = − \vec{F}_{B/A}$
Principe d'inertie
Clique pour retourner
$\sum \vec{F} = \vec{0}$ ⟺ MRU ou repos
Chute libre
Clique pour retourner
Seule force = poids
Réaction $\vec{R}_N$
Clique pour retourner
⊥ au support, vers le haut
Frottement $\vec{f}$
Clique pour retourner
Opposé au mouvement
Galilée
Clique pour retourner
1638 — premier énoncé du principe d'inertie
Newton
Clique pour retourner
1687 — Principia Mathematica
Inertie
Clique pour retourner
Caractérisée par la masse
Δv ≠ 0
Clique pour retourner
⟺ ΣF ≠ 0 (contraposée)
Exercice 1⭐ Facile
Bilan des forces
Une boîte est posée immobile sur une table horizontale. Fais un bilan des forces qui s'exercent sur elle, et précise leurs caractéristiques.
  • Poids $\vec{P}$ : application au centre de gravité, direction verticale, sens vers le bas, valeur P = m·g (force à distance)
  • Réaction du support $\vec{R}_N$ : application au centre de la surface, direction perpendiculaire à la table (verticale), sens vers le haut, valeur RN = P (force de contact)
  • La boîte est immobile → $\vec{P} + \vec{R}_N = \vec{0}$ (forces compensées)
Exercice 2⭐ Facile
Calcul de poids
Calcule le poids d'un objet de masse m = 2,0 kg sur Terre (g = 9,81 N·kg⁻¹) puis sur la Lune (gL = 1,62 N·kg⁻¹).
  • PTerre = m × g = 2,0 × 9,81 = 19,6 N
  • PLune = m × gL = 2,0 × 1,62 = 3,24 N
  • La masse reste 2,0 kg dans les deux cas, mais le poids est environ 6 fois plus faible sur la Lune.
Exercice 3⭐⭐ Moyen
Force gravitationnelle
Calcule la force gravitationnelle entre deux personnes de masse 70 kg distantes de 1,0 m. Compare au poids d'une personne. Conclusion ?
  • F = G × m₁ × m₂ / d² = 6,67×10⁻¹¹ × 70 × 70 / 1² ≈ 3,3 × 10⁻⁷ N
  • Poids d'une personne : P = 70 × 9,81 ≈ 687 N
  • Le poids est environ 2 milliards de fois plus grand → l'attraction gravitationnelle entre 2 humains est totalement négligeable. La gravitation n'est sensible qu'avec des objets très massifs (planètes, étoiles).
Exercice 4⭐⭐ Moyen
g sur Mars
Calcule g sur Mars sachant que MMars = 6,42 × 10²³ kg et RMars = 3,39 × 10⁶ m. Quelle serait alors le poids sur Mars d'une personne de 75 kg ?
  • gMars = G × MMars / RMars² = 6,67×10⁻¹¹ × 6,42×10²³ / (3,39×10⁶)²
  • gMars ≈ 3,73 N·kg⁻¹ (environ 2,6 fois plus faible que sur Terre)
  • PMars = 75 × 3,73 ≈ 280 N (contre 736 N sur Terre)
Exercice 5⭐⭐ Moyen
Principe d'inertie
Pour chaque cas, dis si le système est en mouvement rectiligne uniforme ou non, et conclus sur la somme des forces :
(a) Une voiture roule en ligne droite à 90 km/h sur l'autoroute
(b) Un cycliste freine à un feu rouge
(c) Un parachutiste à vitesse limite (vitesse constante de chute)
(d) La Terre autour du Soleil
  • (a) MRU → $\sum \vec{F} = \vec{0}$ (les frottements compensent la force de traction du moteur)
  • (b) Décéléré → $\sum \vec{F} ≠ \vec{0}$
  • (c) Chute à vitesse constante = MRU vertical → $\sum \vec{F} = \vec{0}$ (le frottement de l'air équilibre le poids)
  • (d) Mouvement circulaire (pas rectiligne) → $\sum \vec{F} ≠ \vec{0}$ (force de gravitation du Soleil)
Exercice 6⭐⭐ Moyen
3ᵉ loi de Newton
Quand tu marches, tes pieds poussent le sol vers l'arrière. Pourquoi avances-tu vers l'avant ? Explique avec la 3ᵉ loi.
  • Le pied exerce sur le sol une force vers l'arrière : $\vec{F}_{pied/sol}$
  • Par la 3ᵉ loi de Newton, le sol exerce sur le pied une force vers l'avant : $\vec{F}_{sol/pied} = − \vec{F}_{pied/sol}$
  • C'est cette force du sol sur le pied (force de réaction) qui te propulse vers l'avant. Sans frottement (sur la glace par exemple), cette force est très faible et il devient difficile d'avancer.
Exercice 7⭐⭐⭐ Difficile
Chute libre — variation de vitesse
Une bille est lâchée sans vitesse initiale d'une hauteur de 5 m. Aux temps t = 0, 0,2, 0,4, 0,6 s, on mesure les vitesses 0, 1,96, 3,92, 5,88 m·s⁻¹. (a) Calcule Δv entre chaque pas et conclus. (b) Quelle est la valeur de g qui se déduit de ces mesures ?
  • (a) Δv entre 0 et 0,2 s : 1,96 − 0 = 1,96 m/s ; entre 0,2 et 0,4 : 3,92 − 1,96 = 1,96 m/s ; entre 0,4 et 0,6 : 5,88 − 3,92 = 1,96 m/s. Δv constante → mouvement uniformément accéléré.
  • (b) g = Δv / Δt = 1,96 / 0,2 = 9,8 m·s⁻² (cohérent avec g ≈ 9,81 N·kg⁻¹ sur Terre — en chute libre, l'accélération vaut g).
Exercice 8⭐⭐⭐ Difficile
Système Terre-Lune
Calcule la force d'attraction Terre/Lune. Données : MT = 5,97×10²⁴ kg ; ML = 7,33×10²² kg ; d = 384 000 km. Cette force est-elle de même intensité que la force exercée par la Lune sur la Terre ? Pourquoi alors la Lune tourne-t-elle autour de la Terre, et non l'inverse ?
  • F = G × MT × ML / d² = 6,67×10⁻¹¹ × 5,97×10²⁴ × 7,33×10²² / (3,84×10⁸)² ≈ 1,98 × 10²⁰ N
  • D'après la 3ᵉ loi de Newton : FLune/Terre = FTerre/Lune ≈ 1,98 × 10²⁰ N (mêmes intensités, sens opposés)
  • Pourquoi la Lune tourne autour de la Terre ? Bien que les forces aient la même intensité, leur effet sur le mouvement dépend de la masse (inertie). La Terre étant beaucoup plus massive que la Lune, elle bouge très peu sous l'effet de cette force, alors que la Lune est facilement déviée. En réalité, les deux corps tournent autour de leur centre de masse commun (situé à l'intérieur de la Terre).
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Thème 3 · Chapitre 1

Le son

Propagation · Période · Fréquence · Hauteur · Timbre · Intensité · Doppler

I — La propagation du son

1) Le son se propage-t-il dans le vide ?

Expérience de la cloche à vide

On place un réveil qui sonne sous une cloche remplie d'air : on l'entend parfaitement. En faisant le vide dans la cloche, le son s'affaiblit jusqu'à devenir pratiquement inaudible.

→ Le son ne se propage pas dans le vide. Il a besoin d'un milieu matériel.

2) Vitesse de propagation du son

Valeurs et milieux
Le son nécessite un milieu matériel (solide, liquide ou gaz). Sa vitesse dépend du milieu et de la température.

Dans l'air à 20 °C : v ≈ 340 m·s⁻¹

En général : vsolide > vliquide > vgaz
(plus le milieu est dense, plus le son est rapide)
MilieuÉtatVitesse (m·s⁻¹)
Air (20 °C)gaz340
Héliumgaz970
Hydrogènegaz1320
Eauliquide1500
Eau saléeliquide2000
Boissolide1200
Bétonsolide3100
Aciersolide5000-5900
Verresolide5300
Diamantsolide7700
Remarque 1 : pour un gaz, plus la température augmente, plus la vitesse du son augmente.

Remarque 2 — Mur du son : phénomène aérodynamique caractérisé par l'atteinte d'une vitesse au moins égale à celle du son (Mach 1 ≈ 340 m·s⁻¹ ≈ 1224 km·h⁻¹ dans l'air à 20 °C), provoquant une onde de choc sous forme de « bang ».

Comparaison avec d'autres vitesses :

Exemplekm·h⁻¹m·s⁻¹
Marcheur51,4
Voiture13036
TGV30083
Son dans l'air1224340
Lumière dans l'air1,1 × 10⁹3,0 × 10⁸

3) Le son comme transmission de l'information

Signaux sonores
Un signal sonore est émis par une source (voix humaine, cloche…). Le signal se propage à la vitesse du son.

L'oreille est un récepteur direct des signaux sonores (comme l'œil pour la lumière).
4) Récapitulatif
• Le son a besoin d'un milieu matériel pour se propager
• Il sert à communiquer, échanger des informations
• Vitesse dans l'air à 20 °C : 340 m·s⁻¹

II — Signal sonore périodique

1) Qu'est-ce qu'un phénomène périodique ?

Définition
Définition — Un phénomène est périodique s'il se reproduit identiquement à lui-même à intervalles de temps égaux.

Exemples :

  • Cycle diurne (levers et couchers du Soleil)
  • Saisons
  • Cycles d'un ordinateur
  • Rythme cardiaque

2) Caractéristiques d'un signal périodique

a) Signal périodique
On parle de signal périodique lorsqu'une grandeur physique (tension, intensité…) liée à un phénomène périodique est mesurable et est une fonction périodique du temps.
b) Période T et fréquence f
Période T — la plus petite durée au bout de laquelle la grandeur reprend la même valeur en variant dans le même sens.
Unité : seconde (s).

Graphiquement : durée du motif élémentaire.
Fréquence f — nombre de fois où le phénomène se reproduit en 1 seconde. C'est l'inverse de la période :

f = 1 / T

Unité : hertz (Hz) = s⁻¹

Exemples :

  • T = 4,0 s → f = 1 / 4,0 = 0,25 Hz
  • T = 250 ms = 0,250 s → f = 1 / 0,250 = 4,0 Hz
  • Rythme cardiaque : f = 1,1 Hz → 66 bpm (battements par minute) — on multiplie f par 60
c) Tension maximale et minimale — amplitude
Sur une période, un signal passe par une valeur maximale Umax (sommet) et une valeur minimale Umin (creux).
Amplitude A :
• Pour un signal symétrique : A = Umax
• Pour un signal non symétrique : A = Umax − Umin (amplitude crête-à-crête)

Exemple : tension Umax = 7 V, Umin = −1 V → A = 7 − (−1) = 8 V

d) Utilisation d'un oscilloscope

Le corps humain émet plusieurs types de signaux électriques mesurés par des capteurs :

  • ECG (électrocardiogramme) — activité électrique du cœur (détection de tachycardie, bradycardie, fibrillation)
  • EEG (électroencéphalogramme) — activité électrique du cerveau (épilepsie)
  • EMG (électromyogramme) — activité électrique des muscles
Un oscilloscope permet de visualiser une tension électrique en fonction du temps. La courbe affichée est l'oscillogramme.

Réglages :
• Base de temps en s/div
• Sensibilité verticale en V/div
3) Récapitulatif
• Un signal est périodique si la grandeur se reproduit à intervalles égaux
• Période T en secondes — durée du motif élémentaire
• Fréquence f en hertz : f = 1/T
• Amplitude = valeur maximale (signal symétrique) ou Umax − Umin

III — Les ondes sonores

1) Analyse d'un son

a) Domaine des sons audibles
L'audition humaine se situe dans la gamme 20 Hz – 20 000 Hz.
PlageFréquencesAudibilité humaine
Infrasonsf < 20 HzInaudibles (taupe, éléphant peuvent les capter)
Sons graves20 Hz – 200 HzAudibles
Sons médium200 Hz – 2000 HzAudibles (zone de la voix)
Sons aigus2000 Hz – 20 000 HzAudibles
Ultrasonsf > 20 000 HzInaudibles (chien, chat jusqu'à 40 kHz ; chauve-souris, dauphin jusqu'à 160 kHz)
Presbyacousie : phénomène naturel lié à l'âge — l'audition s'affaiblit progressivement à partir de 30 ans. On perd la perception des sons aigus, ce qui devient socialement gênant à partir de 50–55 ans. Représente environ 90 % des cas de perte auditive. 60 % des plus de 60 ans ont des troubles auditifs, mais seuls 20 % sont équipés d'aides auditives.
b) Analyse spectrale d'un son
Deux types de sons :
• Son pur — onde sonore sinusoïdale
• Son complexe — onde sonore périodique mais non sinusoïdale
L'analyse spectrale (spectre en fréquence) est la représentation graphique de l'amplitude relative d'un signal en fonction de la fréquence.
c) Récapitulatif
• Sons graves = fréquences faibles ; sons aigus = fréquences élevées
• L'analyse spectrale = amplitude en fonction de la fréquence

2) Hauteur et timbre d'un son

a) Hauteur d'un son
Définition — La hauteur d'un son est la fréquence du signal correspondant à l'onde, appelée fréquence fondamentale (ou simplement fondamental).

Exemple : la note La₃ émise par un diapason a une hauteur de 440 Hz. C'est un son pur.

b) Timbre d'un son
Définition — Le timbre d'un son est défini par la présence et l'amplitude relative des différents pics du spectre, appelés harmoniques.
Les harmoniques sont des multiples de la fondamentale :

fn = n × f₁

où n est le rang de l'harmonique.

Exemple : pour un La₃ de fondamentale f₁ = 440 Hz :

  • Harmonique 2 : f₂ = 2 × 440 = 880 Hz
  • Harmonique 3 : f₃ = 3 × 440 = 1320 Hz
  • etc.

C'est ce qui fait qu'un La₃ joué au piano sonne différemment d'un La₃ joué à la flûte, alors qu'ils ont la même hauteur.

c) Récapitulatif
• Hauteur = fréquence fondamentale
• Timbre = présence et amplitude des harmoniques (multiples de la fondamentale)
• L'évolution du son au cours du temps (attaque, durée, extinction) participe aussi au timbre

3) Niveau d'intensité sonore

a) Intensité sonore
Les ondes sonores sont des ondes mécaniques qui transportent de l'énergie. Le transfert d'une partie de cette énergie à notre système auditif est responsable de l'audition.

Le niveau sonore L se mesure avec un sonomètre et s'exprime en décibels (dB).
Source sonoreNiveau (dB)
Seuil d'audibilité0
Chuchotement30
Conversation60
Trafic intense80
Concert / discothèque100-110
Seuil de douleur120
Avion au décollage130-140
Dangers : les sons trop intenses peuvent provoquer des sensations douloureuses et une surdité précoce. Précautions à prendre :
• Réduire le son des baladeurs
• Éviter la proximité des haut-parleurs en concert/discothèque
• Porter des bouchons d'oreilles si nécessaire
Trajet du son dans l'oreille : le son entre dans l'oreille → est transformé en message nerveux → le nerf auditif conduit ce message au cerveau qui l'interprète.
b) Récapitulatif
La perception des sons dépend de :
• Leur fréquence (Hz)
• Leur intensité sonore (dB)

L'exposition sonore tient compte du niveau et de la durée. Une exposition élevée peut causer une perte auditive temporaire ou permanente, ou des acouphènes.

4) Une originalité sonore : l'effet Doppler

Définition
Effet Doppler — Lorsqu'une source sonore est en mouvement, le son qu'elle génère varie en fonction de sa vitesse et du sens de son déplacement.
Exemple — sirène d'ambulance :
• Quand l'ambulance se rapproche → la sirène est perçue plus aiguë (fréquence augmente)
• Quand elle s'éloigne → la sirène devient plus grave (fréquence diminue)
Application : les radars utilisent l'effet Doppler pour mesurer la vitesse des véhicules. Les astronomes l'utilisent aussi pour étudier la vitesse des galaxies (« redshift » : décalage vers le rouge).
📖 Vocabulaire essentiel
Son
Onde mécanique nécessitant un milieu matériel
vson,air
≈ 340 m·s⁻¹ à 20 °C
v dans solides > liquides > gaz
Plus le milieu est dense, plus v est grande
Mur du son
Atteindre v = 340 m·s⁻¹ (Mach 1)
Phénomène périodique
Se reproduit à intervalles égaux
Période T
Durée du motif élémentaire (en s)
Fréquence f
f = 1/T (en Hz)
Hertz (Hz)
1 Hz = 1 cycle/seconde
Amplitude
Valeur max ou crête-crête
Oscilloscope
Visualise tension en fonction du temps
Oscillogramme
Courbe affichée par l'oscilloscope
ECG / EEG / EMG
Cœur / Cerveau / Muscles
Sons audibles (humain)
20 Hz à 20 000 Hz
Infrasons
f < 20 Hz
Ultrasons
f > 20 000 Hz
Sons graves / aigus
f faible / f élevée
Presbyacousie
Perte auditive liée à l'âge
Son pur
Onde sinusoïdale
Son complexe
Périodique mais non sinusoïdal
Spectre en fréquence
Amplitude relative en fonction de f
Hauteur
Fréquence fondamentale f₁
Timbre
Présence et amplitudes des harmoniques
Harmoniques
fn = n × f₁ (multiples de f₁)
Niveau sonore L
En décibels (dB)
Sonomètre
Mesure le niveau sonore
Seuil de douleur
≈ 120 dB
Effet Doppler
f varie selon le mouvement de la source
Acouphènes
Sons fantômes liés à des dommages auditifs
🗂️ Flashcards
vson dans l'air
Clique pour retourner
≈ 340 m·s⁻¹ à 20 °C
f = ?
Clique pour retourner
f = 1 / T (en Hz)
Période T
Clique pour retourner
Durée du motif élémentaire (en s)
Audible humain
Clique pour retourner
20 Hz à 20 000 Hz
Infrasons
Clique pour retourner
f < 20 Hz
Ultrasons
Clique pour retourner
f > 20 000 Hz
Hauteur
Clique pour retourner
Fréquence fondamentale f₁
Timbre
Clique pour retourner
Présence + amplitudes des harmoniques
Harmonique rang n
Clique pour retourner
fn = n × f₁
La₃
Clique pour retourner
440 Hz (diapason)
Niveau sonore
Clique pour retourner
En décibels (dB) — sonomètre
Seuil de douleur
Clique pour retourner
≈ 120 dB
Effet Doppler
Clique pour retourner
Source qui se rapproche → aigu ; s'éloigne → grave
v = d / Δt
Clique pour retourner
Pour calculer une vitesse de propagation
Exercice 1⭐ Facile
Période et fréquence
Un signal a une période T = 5,0 ms. Calcule sa fréquence en Hz.
  • T = 5,0 ms = 5,0 × 10⁻³ s
  • f = 1 / T = 1 / 5,0×10⁻³ = 200 Hz
Exercice 2⭐ Facile
Audibilité
Pour chaque fréquence, dis si elle est audible par un humain : (a) 15 Hz ; (b) 1500 Hz ; (c) 25 000 Hz ; (d) 50 Hz ; (e) 18 000 Hz.
  • (a) 15 Hz → infrasons, inaudible
  • (b) 1500 Hz → audible (médium)
  • (c) 25 000 Hz → ultrasons, inaudible
  • (d) 50 Hz → audible (grave)
  • (e) 18 000 Hz → audible (aigu, mais peu perceptible avec l'âge)
Exercice 3⭐⭐ Moyen
Distance d'un orage
Lors d'un orage, on voit un éclair et on entend le tonnerre 6,0 s plus tard. La lumière étant quasi-instantanée à cette échelle, à quelle distance se trouve l'orage ? On donne vson = 340 m·s⁻¹.
  • d = v × Δt = 340 × 6,0 = 2040 m ≈ 2 km
  • Astuce : 3 secondes ≈ 1 km (à 340 m/s)
Exercice 4⭐⭐ Moyen
Lecture d'oscillogramme
Un oscilloscope affiche un signal sinusoïdal. La base de temps est réglée à 0,5 ms/div. Le motif élémentaire occupe 4 divisions horizontales. Calcule T et f.
  • T = 4 × 0,5 = 2,0 ms = 2,0 × 10⁻³ s
  • f = 1 / T = 1 / 2,0×10⁻³ = 500 Hz
  • C'est un son médium audible.
Exercice 5⭐⭐ Moyen
Hauteur et harmoniques
Une corde de guitare émet une note dont la fréquence fondamentale est f₁ = 196 Hz (Sol₂). Calcule les fréquences des trois premières harmoniques.
  • Harmonique 2 : f₂ = 2 × 196 = 392 Hz
  • Harmonique 3 : f₃ = 3 × 196 = 588 Hz
  • Harmonique 4 : f₄ = 4 × 196 = 784 Hz
  • La hauteur perçue reste 196 Hz, mais c'est l'ensemble des harmoniques qui donne le timbre caractéristique de la guitare.
Exercice 6⭐⭐ Moyen
Rythme cardiaque
Sur un ECG, on lit que la durée entre deux battements est T = 0,80 s. (a) Calcule la fréquence en Hz. (b) Convertis en battements par minute (bpm). Cette personne a-t-elle un rythme normal (60-90 bpm) ?
  • (a) f = 1 / 0,80 = 1,25 Hz
  • (b) bpm = f × 60 = 1,25 × 60 = 75 bpm
  • 75 bpm est dans la fourchette normale (60-90 bpm) ✅
Exercice 7⭐⭐⭐ Difficile
Mesure de vson
Pour mesurer la vitesse du son, on tape un coup à 100 m d'un mur, on entend l'écho 0,59 s plus tard. Calcule vson. Compare à la valeur attendue à 20 °C.
  • Le son fait l'aller-retour : distance totale = 2 × 100 = 200 m
  • v = d / Δt = 200 / 0,59 ≈ 339 m·s⁻¹
  • Cohérent avec vair,20°C = 340 m·s⁻¹ ✅
Exercice 8⭐⭐⭐ Difficile
Effet Doppler — voiture qui passe
Une voiture klaxonne en passant devant toi. Tu entends un son aigu quand elle approche, puis un son plus grave quand elle s'éloigne. Le klaxon émet en réalité une fréquence f₀ = 440 Hz. À l'approche, tu perçois fapp = 480 Hz ; à l'éloignement, féloi = 405 Hz. (a) Quelle variation de fréquence cela représente-t-il ? (b) En quoi ce phénomène est-il utile pour mesurer la vitesse des voitures (radars routiers) ?
  • (a) Variation à l'approche : 480 − 440 = +40 Hz ; à l'éloignement : 405 − 440 = −35 Hz
  • (b) Les radars routiers émettent une onde radio (équivalent du « klaxon » à 440 Hz). Cette onde est réfléchie par la voiture en mouvement. Le radar mesure le décalage entre la fréquence émise et reçue : plus la voiture roule vite, plus le décalage est important. La formule (à connaître) lie ce décalage à la vitesse de la voiture, ce qui permet de la calculer instantanément.
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Thème 3 · Chapitre 2

Émission et propagation de la lumière

Lumière des étoiles · Spectres · Vitesse · Réfraction · Dispersion

I — La lumière des étoiles

1) Différents types de lumières

a) La lumière polychromatique
Avec un prisme ou un réseau (systèmes dispersifs), il est possible de décomposer la lumière et d'observer son spectre.

Le spectre de la lumière blanche émise par une lampe à incandescence est continu, du rouge au violet, comportant toutes les couleurs visibles.
b) La lumière monochromatique
Le spectre d'une lumière de laser est constitué d'une seule raie colorée. Cette lumière est monochromatique, et est appelée radiation.

Une radiation est caractérisée par sa longueur d'onde λ (lambda), exprimée en nanomètres (nm).
c) La lumière et l'humain
Les longueurs d'onde de la lumière blanche visible vont de 400 nm (violet) à 800 nm (rouge).

L'œil humain est sensible à ces longueurs d'ondes uniquement.
Remarque : la « lumière visible » n'est qu'une partie du spectre électromagnétique. L'œil ne voit ni les ultraviolets (UV), ni les infrarouges (IR), etc.
d) Récapitulatif
• Lumière polychromatique = plusieurs couleurs/radiations (lumière blanche)
• Lumière monochromatique = une seule couleur/radiation (laser)
• Lumière visible : λ entre 400 nm et 800 nm

2) Spectres d'émission et d'absorption

a) Spectre continu et température

i) Lien couleur-température

La couleur d'un corps fortement chauffé dépend de sa température (et non de sa composition).

Quand T augmente, la couleur passe du rouge → jaune → blanc.

Exemples :

  • Vers 850 °C : barre d'acier rouge cerise
  • Vers 1100 °C : jaune
  • À 2700 °C : filament de tungstène blanc éblouissant (lampe à incandescence)

ii) Lien température-spectre d'émission

Fortement chauffé, un corps solide, liquide ou gaz sous forte pression émet un rayonnement thermique dont le spectre est continu.

Quand T augmente, des radiations de longueurs d'onde de plus en plus petites apparaissent : le rayonnement se déplace vers le violet.

iii) Récapitulatif

• Spectre d'un corps dense et chaud = continu
• Couleur passe du rouge sombre au blanc brillant quand T augmente
• Le spectre s'enrichit vers le violet
b) Spectre de raies et signatures des atomes

i) Spectre de la lumière émise par un gaz

Un gaz à basse pression chauffé ou soumis à des décharges électriques émet de la lumière. L'émission est due aux collisions entre atomes/ions/molécules. Le gaz est dit excité.

La lumière émise est composée d'une ou plusieurs radiations monochromatiques. La figure observée à l'écran est un spectre de raies d'émission.
Remarque : un réseau disperse la lumière par diffraction, alors qu'un prisme le fait par réfraction.

ii) Spectre d'une entité chimique

Les longueurs d'onde des raies d'émission ont des valeurs différentes d'une entité chimique à une autre. Chaque atome ou ion possède une signature spectrale unique.

L'observation des raies caractéristiques d'une entité dans la lumière émise par un gaz excité y révèle la présence de cette entité.

iii) Récapitulatif

Le spectre de la lumière émise par un gaz à basse pression est un spectre de raies. Chaque type d'atome ou d'ion possède un spectre de raies caractéristique permettant son identification.
c) Spectre d'absorption

i) Notion

Si on éclaire un gaz froid à basse pression par une lumière contenant toutes les radiations du visible, certaines radiations sont absorbées par le milieu : on parle de spectre de raies d'absorption.

Les raies d'absorption sont noires et leurs longueurs d'onde sont identiques à celles des raies d'émission du même gaz.
Remarque — Complémentarité : les spectres d'émission et d'absorption d'un même gaz sont complémentaires. En les superposant, on retrouve le spectre continu de la lumière blanche.

ii) Récapitulatif

• Le spectre d'absorption = spectre obtenu après traversée d'une substance par la lumière blanche
• Un gaz d'atomes/ions produit un spectre de raies d'absorption
• Les raies d'émission et d'absorption d'une même entité sont aux mêmes longueurs d'onde
• Une entité ne peut absorber que les radiations qu'elle peut émettre

3) Que nous apprend la lumière des étoiles ?

a) Fond continu et température
Le Soleil est une boule de gaz composée essentiellement d'hydrogène et d'hélium.
• Cœur : ~ 15 millions de °C
• Surface (photosphère) : ~ 6 000 °C — c'est elle qui émet la lumière qui nous parvient
La photosphère est une couche de gaz chaud et dense → spectre continu dont la couleur dépend de la température.
b) L'absorption par l'atmosphère
Après émission par la photosphère, la lumière traverse une couche moins dense (atmosphère stellaire). Certaines radiations sont absorbées par les entités chimiques contenues dans cette atmosphère.

→ L'analyse des raies d'absorption du spectre d'une étoile renseigne sur la composition chimique de son atmosphère.
En 1814, le physicien allemand Joseph von Fraunhofer observa dans le spectre solaire plus de 20 000 raies dues aux gaz de la chromosphère.
c) Composition chimique des étoiles
Les étoiles sont constituées presque exclusivement d'hydrogène et d'hélium. On y trouve aussi tous les éléments présents sur Terre, mais en très petites quantités.
Remarque : l'absence d'une raie d'absorption ne signifie pas l'absence de l'entité dans l'atmosphère. Les conditions de T et de P doivent permettre l'absorption.
d) Récapitulatif
• La couleur d'une étoile dépend de la température de sa photosphère
• L'analyse des raies d'absorption donne la composition chimique de l'atmosphère stellaire
• Toute étoile (comme le Soleil) est principalement composée de H et He

II — La valeur de la vitesse de la lumière

1) La propagation de la lumière

Milieux et lumière
Trois types de milieux :
• Transparents : se laissent traverser par la lumière (air, eau, verre)
• Opaques : arrêtent la lumière (la plupart des solides)
• Translucides : laissent passer la lumière mais on ne distingue pas les détails (papier calque, verre dépoli)
Les milieux transparents deviennent souvent opaques lorsque leur épaisseur est très grande.

2) Vitesse de la lumière dans le vide

Une vitesse exceptionnelle
Vitesse de la lumière dans le vide :

c = 299 792 458 m·s⁻¹
≈ 3,0 × 10⁸ m·s⁻¹
≈ 300 000 km·s⁻¹
La lumière parcourt :
• 1 mètre en 3,3 nanosecondes
• La distance Terre-Lune (384 000 km) en environ 1,3 s
• La distance Terre-Soleil (150 millions de km) en environ 8 minutes

3) Vitesse de la lumière dans les milieux

Indice de réfraction
Dans l'air, on admet en première approximation que la lumière se propage à la même vitesse que dans le vide. Dans les autres milieux transparents, la lumière se déplace moins vite.
Indice de réfraction n d'un milieu transparent :

n = c / vmilieu

• c = vitesse de la lumière dans le vide
• vmilieu = vitesse dans le milieu
• n est sans unité et toujours ≥ 1
MilieuIndice n
Vide1,00 (par définition)
Air≈ 1,00
Eau1,33
Glace1,31
Verre1,52 à 1,62
Diamant2,42

Exemples :

  • Eau : v = c / n = 3,00 × 10⁸ / 1,33 ≈ 2,25 × 10⁸ m·s⁻¹
  • Verre : v ≈ 2,00 × 10⁸ m·s⁻¹
4) Récapitulatif
• La lumière traverse les milieux transparents et translucides ; elle est arrêtée par les milieux opaques
• Vitesse dans le vide : c = 3 × 10⁸ m·s⁻¹
• Indice de réfraction : n = c / v (sans unité, ≥ 1)

III — Réfraction et dispersion de la lumière

1) Les lois de la réfraction

a) Le dioptre
Définition — Un dioptre est constitué d'une surface séparant deux milieux transparents différents. Le dioptre est plan quand la surface est plane.

Exemple : le dioptre air/verre signifie que le trajet va de l'air vers le verre.

b) Le phénomène de réfraction
Définition — La réfraction est le changement de direction que subit la lumière en passant d'un milieu de propagation à un autre.

• Rayon incident : rayon qui arrive sur le dioptre
• Rayon réfracté : rayon qui ressort de l'autre côté
c) Étude de la réfraction
Plan d'incidence = plan contenant le rayon incident et la normale (perpendiculaire à la surface).

• Angle d'incidence i₁ : entre la normale et le rayon incident
• Angle de réfraction i₂ : entre la normale et le rayon réfracté

Les deux angles sont compris entre 0° et 90°.
d) Lois de Snell-Descartes (réfraction)
Lois établies au début du XVIIᵉ siècle par Willebrord Snell (1580–1626) et René Descartes (1596–1650).
Lois de Snell-Descartes :
• 1ʳᵉ loi : rayon incident, rayon réfracté et normale sont dans le plan d'incidence
• 2ᵉ loi : les rayons incident et réfracté sont de part et d'autre de la normale
• 3ᵉ loi : n₁ × sin(i₁) = n₂ × sin(i₂)
3 cas particuliers :
• i₁ = 0° → i₂ = 0° (rayon non dévié)
• n₁ > n₂ (vers milieu moins dense) → i₂ > i₁ (le rayon s'écarte de la normale)
• n₁ < n₂ (vers milieu plus dense) → i₂ < i₁ (le rayon se rapproche de la normale)
e) La réfraction et le cerveau
Phénomène connu des pêcheurs au harpon : le cerveau considère que le rayon perçu est rectiligne. Il imagine donc le poisson à l'intersection des prolongements des rayons réfractés, alors qu'en réalité, le poisson est ailleurs ! Il faut viser en dessous de la position perçue.
f) Récapitulatif
La réfraction est régie par les lois de Snell-Descartes :

n₁ × sin(i₁) = n₂ × sin(i₂)

2) Réfraction de la lumière et indice

a) Indice de réfraction et longueur d'onde
L'indice de réfraction d'un milieu transparent varie avec la longueur d'onde de la radiation qui le traverse.

Plus cette variation est importante, plus le milieu est dispersif.
λ (nm)400 (violet)600 (jaune)800 (rouge)
Air1,000 2831,000 2771,000 275
Verre1,4701,4581,453
• L'air varie peu avec λ → milieu peu dispersif (considéré non dispersif en première approximation)
• Le verre varie plus → milieu dispersif
Remarque — Loi de Cauchy : elle donne la dépendance de l'indice avec la longueur d'onde : n(λ) = A + B/λ², où A et B sont des constantes propres à chaque matériau.
b) Cas de l'atmosphère terrestre

i) L'arc-en-ciel

La formation d'un arc-en-ciel s'interprète par la dispersion de la lumière solaire dans les gouttes de pluie.
Pour observer un arc-en-ciel : pluie devant soi, Soleil dans le dos.

ii) Les mirages

Dans un milieu non homogène, la lumière ne se propage pas en ligne droite.
Dans l'atmosphère, l'indice de réfraction de l'air dépend de la température → courbure des rayons lumineux → mirage.
Deux types de mirages :
• Mirage chaud (inférieur) — observé sur les routes en été. L'œil reçoit la couleur du ciel par un rayon qui s'est rapproché du sol → impression d'une flaque d'eau lointaine
• Mirage froid (supérieur) — couches chaudes en altitude, froides au sol. Tout objet au-delà de l'horizon peut alors apparaître

iii) Scintillation des étoiles

La scintillation = fluctuation rapide de l'éclat des étoiles. Les mouvements de l'atmosphère font varier la densité et la T de l'air → variations de l'indice → la lumière subit de nombreuses réfractions sur différentes couches d'air → scintillation.

iv) Position des astres

La réfraction de l'atmosphère donne au Soleil une image aplatie près de l'horizon. À cause de la réfraction, le Soleil/Lune/étoiles peuvent être visibles au-dessus de l'horizon alors qu'ils sont déjà couchés (ou pas encore levés).

Cela allonge la durée du jour : aux équinoxes, la durée d'éclairement est supérieure à 12 heures.
c) Récapitulatif
• L'indice de réfraction d'un milieu transparent dépend de λ
• La réfraction permet d'expliquer arcs-en-ciel, mirages et scintillation des étoiles

3) Réflexion de la lumière

a) Le phénomène de réflexion
Définition — La réflexion est le changement de direction d'un rayon lumineux qui traverse une surface séparant deux milieux d'indices différents et reste dans le milieu initial.

• i = angle d'incidence
• i' = angle de réflexion (par rapport à la normale)
b) Lois de Snell-Descartes (réflexion)
Lois :
• 1ʳᵉ loi : rayon incident, rayon réfléchi et normale sont dans le plan d'incidence
• 2ᵉ loi : les rayons incident et réfléchi sont de part et d'autre de la normale
• 3ᵉ loi : i = i'
Réflexion totale : quand n₁ > n₂ (passage vers un milieu moins dense), il existe un angle limite au-delà duquel il n'y a plus de rayon réfracté. Toute la lumière est totalement réfléchie.
c) Application à la santé : la fibre optique
Une fibre optique est un fil constitué de 2 milieux d'indices différents (un cœur + une gaine, avec ncœur > ngaine) permettant la propagation de la lumière par réflexions totales successives.

Fibroscopie / endoscopie : technique d'imagerie médicale permettant de visualiser les parois de certains organes par insertion d'un tube souple muni d'une source lumineuse.
d) Récapitulatif
• Réflexion totale : passage vers un milieu d'indice plus faible + angle > angle limite
• Loi de la réflexion : i = i'

4) Dispersion de la lumière

a) Dispersion par un prisme
Pour le verre :
• nviolet ≈ 1,66
• nrouge ≈ 1,61

→ Le rayon violet est plus dévié que le rayon rouge par un prisme.
Remarque : tous les milieux transparents sont plus ou moins dispersifs, excepté le vide.
b) Récapitulatif
• Un milieu dispersif est un milieu dont l'indice dépend de manière non négligeable de λ
• Un prisme dévie plus le violet que le rouge
• Seul le vide n'est pas dispersif (n = 1 strictement)
📖 Vocabulaire essentiel
Lumière polychromatique
Plusieurs couleurs (lumière blanche)
Lumière monochromatique
Une seule couleur (laser)
Radiation
Lumière monochromatique de λ donnée
λ (longueur d'onde)
En nm — caractérise une radiation
Lumière visible
400 nm (violet) à 800 nm (rouge)
Spectre continu
Corps dense et chaud
Spectre de raies (émission)
Gaz chaud à basse pression
Spectre de raies (absorption)
Gaz froid + lumière blanche
Complémentarité
Émission et absorption aux mêmes λ
Photosphère
Surface du Soleil (~6000 °C)
Composition étoiles
Surtout H et He
Fraunhofer
1814 — raies du Soleil
Transparent
Laisse passer la lumière (air, eau, verre)
Opaque
Arrête la lumière
Translucide
Laisse passer mais brouille
c (vitesse lumière)
3,00 × 10⁸ m·s⁻¹ (dans le vide)
Indice n
n = c / v (sans unité, ≥ 1)
neau
1,33
nverre
1,52 à 1,62
Dioptre
Surface entre 2 milieux transparents
Réfraction
Changement de direction au dioptre
Loi de Snell-Descartes
n₁·sin(i₁) = n₂·sin(i₂)
Réflexion
i = i' (rebond)
Réflexion totale
Au-delà de l'angle limite
Au-delà de l'angle limite
Fibre optique
Réflexions totales successives
Milieu dispersif
n dépend de λ (verre)
Prisme
Dévie + le violet que le rouge
Arc-en-ciel
Dispersion dans les gouttes de pluie
Mirage
Indice de l'air variable selon T
🗂️ Flashcards
c (vide)
Clique pour retourner
3,00 × 10⁸ m·s⁻¹
Lumière visible
Clique pour retourner
400 nm (violet) à 800 nm (rouge)
Indice n
Clique pour retourner
n = c / vmilieu
neau
Clique pour retourner
1,33
3ᵉ loi de Snell-Descartes
Clique pour retourner
n₁·sin(i₁) = n₂·sin(i₂)
Loi de la réflexion
Clique pour retourner
i = i'
Spectre étoile
Clique pour retourner
Continu (photosphère) + raies d'absorption (atmosphère)
Composition étoiles
Clique pour retourner
Surtout H et He
Photosphère Soleil
Clique pour retourner
~ 6 000 °C
Réflexion totale
Clique pour retourner
n₁ > n₂ + angle > angle limite
Prisme
Clique pour retourner
Dévie plus le violet que le rouge
Arc-en-ciel
Clique pour retourner
Dispersion dans les gouttes de pluie
Fibre optique
Clique pour retourner
Réflexions totales successives (ncœur > ngaine)
Exercice 1⭐ Facile
Vitesse dans un milieu
Calcule la vitesse de la lumière dans le diamant (n = 2,42). On donne c = 3,00 × 10⁸ m·s⁻¹.
  • v = c / n = 3,00 × 10⁸ / 2,42 ≈ 1,24 × 10⁸ m·s⁻¹
  • La lumière va environ 2,4 fois moins vite dans le diamant que dans le vide.
Exercice 2⭐ Facile
Identifier un type de spectre
Pour chaque source, dis le type de spectre attendu : (a) filament d'une lampe à incandescence ; (b) gaz d'hydrogène excité ; (c) lumière du Soleil après son atmosphère.
  • (a) Spectre continu (corps dense et chaud)
  • (b) Spectre de raies d'émission (gaz à basse pression)
  • (c) Spectre continu avec raies d'absorption (lumière de la photosphère + absorptions par les gaz de l'atmosphère solaire)
Exercice 3⭐⭐ Moyen
Loi de Snell-Descartes
Un rayon lumineux passe de l'air (n₁ = 1,00) à l'eau (n₂ = 1,33) avec un angle d'incidence i₁ = 30°. Calcule l'angle de réfraction i₂.
  • n₁·sin(i₁) = n₂·sin(i₂)
  • 1,00 × sin(30°) = 1,33 × sin(i₂)
  • sin(i₂) = sin(30°) / 1,33 = 0,500 / 1,33 ≈ 0,376
  • i₂ = arcsin(0,376) ≈ 22°
  • Le rayon se rapproche de la normale (n₁ < n₂) ✅
Exercice 4⭐⭐ Moyen
Distance Terre-Soleil
La distance Terre-Soleil est d ≈ 150 millions de km. Combien de temps met la lumière du Soleil pour nous parvenir ?
  • d = 150 × 10⁶ km = 1,5 × 10¹¹ m
  • Δt = d / c = 1,5 × 10¹¹ / 3,0 × 10⁸ = 500 s ≈ 8 min 20 s
  • Quand on regarde le Soleil, on le voit tel qu'il était il y a 8 minutes !
Exercice 5⭐⭐ Moyen
Indice et milieu
Dans un milieu inconnu, la lumière se propage à v = 1,8 × 10⁸ m·s⁻¹. Calcule l'indice n de ce milieu et identifie-le parmi : eau (n=1,33), verre (n=1,52), diamant (n=2,42).
  • n = c / v = 3,0 × 10⁸ / 1,8 × 10⁸ = 1,67
  • Cet indice ne correspond à aucune des 3 valeurs proposées exactement, mais est le plus proche du verre (1,52–1,62) — peut-être un verre dense / cristal optique.
Exercice 6⭐⭐ Moyen
Composition d'une étoile
Le spectre d'une étoile présente des raies d'absorption à λ = 410 nm, 434 nm, 486 nm, 656 nm — qui correspondent toutes à l'hydrogène. Le spectre présente aussi des raies à 589,0 nm et 589,6 nm correspondant au sodium. Que peux-tu dire de l'atmosphère de cette étoile ?
  • L'atmosphère de l'étoile contient au moins de l'hydrogène et du sodium (un ion ou un atome).
  • La présence des raies caractéristiques de ces éléments dans le spectre d'absorption prouve qu'ils ont absorbé certaines radiations émises par la photosphère.
  • Note : on ne peut rien dire des éléments dont les raies n'apparaissent pas — ils peuvent être absents, ou présents sans absorber dans les conditions données.
Exercice 7⭐⭐⭐ Difficile
Réflexion totale dans une fibre optique
Une fibre optique a un cœur d'indice n₁ = 1,52 et une gaine d'indice n₂ = 1,46. Calcule l'angle limite au-delà duquel la lumière subit une réflexion totale dans le cœur.
  • L'angle limite est tel que sin(i₂) = 1 (rayon réfracté à 90°)
  • n₁·sin(ilimite) = n₂ × 1 → sin(ilimite) = n₂ / n₁ = 1,46 / 1,52 ≈ 0,961
  • ilimite = arcsin(0,961) ≈ 74°
  • Au-delà de cet angle, la lumière est totalement réfléchie et reste piégée dans le cœur de la fibre.
Exercice 8⭐⭐⭐ Difficile
Pêche au harpon
Un poisson est observé à 30° sous la surface de l'eau (angle par rapport à la verticale). Le pêcheur regarde dans cette direction depuis la surface. À quelle direction réelle se trouve le poisson ? Explique pourquoi le pêcheur doit viser un peu en dessous de l'image qu'il voit.
  • Le rayon partant du poisson à 30° dans l'eau (n₂ = 1,33) sort dans l'air (n₁ = 1,00) en se réfractant.
  • n₂·sin(i₂) = n₁·sin(i₁) → 1,33 × sin(30°) = 1,00 × sin(i₁)
  • sin(i₁) = 1,33 × 0,5 = 0,665 → i₁ ≈ 42°
  • Le pêcheur voit donc le poisson à 42° par rapport à la verticale (à la surface de l'eau).
  • Le cerveau prolonge le rayon en ligne droite et perçoit le poisson plus haut que sa position réelle. Pour le harponner, il faut viser plus bas que la position perçue.
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Thème 3 · Chapitre 3

La perception de la lumière

Lentilles · Œil · Accommodation · Appareil photo

I — Les lentilles

1) Conditions de visibilité d'un objet

Sources primaires et secondaires
En optique, un objet est tout corps dont sont issus des rayons lumineux. On distingue :
• Sources primaires — créent des rayons lumineux (Soleil, lampe, laser…)
• Sources secondaires (objets diffusifs) — diffusent (réfléchissent) la lumière créée par une autre source (Lune, livre, mur…)

Exemple : le Soleil est une source primaire. La Lune est une source secondaire car elle ne crée pas de lumière mais diffuse celle du Soleil.

Conditions pour qu'un objet soit visible :
• L'objet émet des rayons lumineux (source primaire ou secondaire)
• Aucun obstacle entre l'objet et l'œil
Remarque historique : après des siècles de controverses, la théorie de l'œil récepteur de lumière est aujourd'hui validée. Le sens de la vision va de l'objet vers l'œil.

2) Qu'est-ce qu'une lentille ?

Définition
Définition — Une lentille est un milieu transparent qui possède au moins une face non plane.

Une lentille est dite « mince » lorsque son épaisseur en son centre est petite par rapport à son diamètre.

Exemples d'instruments avec lentilles : appareil photographique, caméscope, rétroprojecteur, vidéoprojecteur, microscope, lunette astronomique, lunettes optiques.

3) Les deux types de lentilles minces

Convergente vs divergente
• Lentille convergente — centre plus épais que les bords. Fait converger les rayons en un point F'
• Lentille divergente — bords plus épais que le centre. Fait diverger les rayons
Test rapide : on pose la lentille sur une page écrite et on l'éloigne :
• Convergente (loupe) → texte plus gros
• Divergente → texte plus petit

4) Éléments caractéristiques d'une lentille

a) Axe optique Δ et centre optique O
• Axe optique Δ — axe de symétrie cylindrique de la lentille
• Centre optique O — point par lequel tout rayon passe sans être dévié
L'axe optique est orienté dans le sens des rayons lumineux et passe par O perpendiculairement à la lentille.
b) Repérage algébrique des distances
L'axe horizontal est orienté dans le sens de propagation (vers la droite). L'axe vertical vers le haut.

Une mesure algébrique est une longueur affectée d'un signe, permettant d'en orienter le sens. Notation : trait au-dessus, ex. $\overline{OF'}$.
c) Foyer, distance focale et vergence
Foyer image F' — point où converge un faisceau parallèle à l'axe optique pour une lentille convergente.

Distance focale image f' — distance entre le centre optique O et le foyer F' :

f' = $\overline{OF'}$
Vergence C — inverse de la distance focale :

C = 1 / f'

Unité : dioptrie (δ) = m⁻¹

Exemples :

  • Lentille de f' = 0,2 m → C = 1/0,2 = 5 δ
  • Lentille de C = 8,0 δ → f' = 1/8,0 = 0,125 m = 12,5 cm
Remarque :
• Convergente → f' > 0 et C > 0
• Divergente → f' < 0 et C < 0
Important : si on place un thermomètre au foyer image F' d'une lentille convergente, on observe une élévation de température. Seules les lentilles convergentes concentrent l'énergie lumineuse à leur foyer.
d) Relation de grandissement
Grandissement γ (gamma) — compare la taille et l'orientation de l'image à celles de l'objet :

γ = $\overline{A'B'}$ / $\overline{AB}$

Le grandissement est algébrique et sans unité :
• γ > 0 → objet et image de même sens
• γ < 0 → objet et image de sens opposé
• |γ| > 1 → image agrandie
• |γ| < 1 → image réduite
e) Récapitulatif
• Axe optique Δ — axe de symétrie
• Centre optique O — rayons non déviés
• Distance focale f' = $\overline{OF'}$
• Vergence C = 1/f' en dioptries
• Grandissement γ = rapport algébrique des tailles

5) Construction de l'image d'un objet

Méthode des trois rayons principaux
À un point B de l'objet correspond un point B' de l'image. Les deux points sont dits conjugués. Tout rayon partant de B émerge de la lentille en passant par B'.
Trois rayons principaux à connaître :
• Rayon 1 — passe par O, n'est pas dévié
• Rayon 2 — arrive parallèle à Δ, émerge en passant par F'
• Rayon 3 — passe par F (foyer objet), émerge parallèle à Δ

Deux rayons suffisent pour construire B'. A' est sur l'axe à la verticale de B'.
Quatre cas typiques :

• Objet avant le foyer F : image réelle, agrandie, renversée (γ < −1)
• Objet au foyer F : image à l'infini (rayons parallèles en sortie)
• Objet entre F et O : image virtuelle, agrandie, droite (γ > 1) — c'est le principe de la loupe
• Objet à l'infini : image réelle, réduite, renversée, formée au foyer F'
d) Récapitulatif
L'image B' d'un point B se forme à l'intersection des rayons émergents. La taille, le sens et la position de l'image dépendent de la position de l'objet et de la distance focale.
6) Récapitulatif général
• Pour qu'un objet soit vu : il doit être source de lumière + aucun obstacle vers l'œil
• Lentilles minces : épaisseur faible / diamètre
• Deux types : convergentes (centre plus épais) et divergentes (centre plus mince)

II — L'œil et l'appareil photographique

1) Modélisation optique de l'œil

a) Anatomie de l'œil réel
Parties de l'œil :
• Cornée — transparente, à l'avant
• Humeur aqueuse — liquide transparent
• Iris — coloré, percé d'un trou (la pupille)
• Cristallin — équivalent à une lentille convergente
• Humeur vitrée — liquide transparent
• Rétine — membrane photosensible où se forment les images, au fond de l'œil
• Nerf optique — assure la liaison avec le cerveau
La lumière traverse cornée → humeur aqueuse → pupille → cristallin → humeur vitrée → atteint la rétine.

L'ensemble équivaut à une lentille convergente. Une image inversée de l'objet se forme sur la rétine.
b) Modèle de l'œil réduit
Comparaison œil / appareil photographique :
Appareil photoŒilFonction
DiaphragmeIrisRégule la quantité de lumière
ObjectifCristallinConcentre les rayons
Capteur / pelliculeRétineCapte l'image
Modèle de l'œil réduit :
• Iris → diaphragme
• Cristallin → lentille convergente
• Rétine → écran (surface plane et blanche)

2) L'accommodation

a) Nécessité de l'accommodation
Œil emmétrope = œil « normal », sans défaut.

Au repos, il voit les objets situés à l'infini (Lune, Soleil, étoiles). L'image se forme alors sur la rétine, qui se trouve donc au niveau du foyer image F' du cristallin.
« Infini » en optique : distance grande devant la distance focale du système. Pour l'œil humain, f' ≈ 1,6 cm. On considère qu'un objet est à l'infini s'il est à plus de 3 à 5 m de l'œil.
• Lune → à l'infini ✅
• TV à 5 m → à l'infini ✅
• Écran d'ordi à 60 cm → objet proche
Pour un objet proche, l'image se formerait au-delà du foyer image (donc derrière la rétine) → image floue.

Deux solutions :
• Mise au point — déplacer la rétine (impossible anatomiquement)
• Accommodation — changer la distance focale du cristallin (mécanisme adopté par l'œil)
b) Mécanisme de l'accommodation
Pour voir un objet proche, le cristallin doit dévier les rayons plus rapidement :
• Son foyer F' se rapproche de O
• Sa distance focale f' diminue
• Sa vergence augmente

→ Plus un objet est proche, plus le cristallin doit être convergent.
Définition — L'accommodation est l'augmentation de la vergence du cristallin pour permettre la vision des objets proches. Le cristallin devient plus bombé sous l'action des muscles ciliaires.
Remarque 1 : sans accommodation, l'œil est dit au repos.

Remarque 2 — Punctum proximum : point limite le plus proche. Pour un jeune adulte, environ 15 cm ; en moyenne, dPP = 25 cm.

Remarque 3 — Presbytie : avec l'âge, la capacité d'accommodation diminue. Se corrige avec des lentilles convergentes. Autres défauts : myopie et hypermétropie.
c) Mise au point d'un appareil photo
Un appareil photo a un objectif de distance focale fixe (par exemple f' = 5,0 cm) et un capteur CCD.

• Objet à l'infini → capteur dans le plan focal image (5,0 cm de l'objectif)
• Objet proche (1,6 m) → l'image se forme à 7,2 cm de l'objectif → l'objectif doit avancer de 2,2 cm

C'est la mise au point (manuelle ou autofocus).
Différence œil vs appareil photo — durée d'exposition :
• Appareil photo : durée d'exposition réglable par l'obturateur. Une longue durée permet de photographier des objets peu lumineux.
• Œil : l'image s'efface et se reforme tous les ~1/10 s (réactions photochimiques sur la rétine). Non réglable.
→ L'œil ne peut pas voir les mouvements trop rapides ni les objets très peu lumineux.
3) Récapitulatif
• Au repos, l'œil emmétrope voit les objets à l'infini (rétine au foyer F' du cristallin)
• Pour voir des objets proches, le cristallin se déforme : c'est l'accommodation (vergence augmente)
• Pour un appareil photo, on parle de mise au point (déplacement de l'objectif)
📖 Vocabulaire essentiel
Source primaire
Crée la lumière (Soleil, lampe, laser)
Source secondaire
Diffuse la lumière (Lune, livre)
Lentille
Milieu transparent à face non plane
Lentille convergente
Centre + épais — fait converger les rayons
Lentille divergente
Bords + épais — fait diverger les rayons
Axe optique Δ
Axe de symétrie de la lentille
Centre optique O
Rayons passant par O non déviés
Foyer image F'
Convergence des rayons parallèles à Δ
Foyer objet F
Symétrique de F' par rapport à O
Distance focale f'
f' = $\overline{OF'}$
Vergence C
C = 1/f' (en dioptries δ)
Dioptrie
δ = m⁻¹
Grandissement γ
γ = $\overline{A'B'}$ / $\overline{AB}$
Image réelle
A'B' > 0, formable sur écran
Image virtuelle
A'B' < 0 (cas de la loupe)
Conjugué
B' est l'image de B par la lentille
Rétine
Membrane photosensible (= écran)
Cristallin
= lentille convergente de l'œil
Iris / Pupille
= diaphragme
Nerf optique
Liaison œil ↔ cerveau
Œil emmétrope
Œil normal, sans défaut
Accommodation
Augmentation de la vergence du cristallin
Muscles ciliaires
Bombent le cristallin
Punctum proximum
Point limite proche (~25 cm)
Presbytie
Perte d'accommodation avec l'âge
Myopie / Hypermétropie
Autres défauts de vision
Mise au point
Déplacement objectif/capteur (appareil photo)
Durée d'exposition
Temps pendant lequel la lumière est captée
🗂️ Flashcards
Vergence C
Clique pour retourner
C = 1 / f' (en dioptries δ)
Convergente
Clique pour retourner
f' > 0, C > 0, centre + épais
Divergente
Clique pour retourner
f' < 0, C < 0, bords + épais
Grandissement γ
Clique pour retourner
γ = A'B' / AB (algébrique, sans unité)
3 rayons principaux
Clique pour retourner
Par O (non dévié) ; ∥ Δ → F' ; par F → ∥ Δ
Loupe
Clique pour retourner
Objet entre F et O — image virtuelle agrandie droite
Œil emmétrope au repos
Clique pour retourner
Voit l'infini (rétine au foyer F')
Accommodation
Clique pour retourner
Cristallin se bombe → C augmente
Iris
Clique pour retourner
= diaphragme (régule la lumière)
Rétine
Clique pour retourner
= écran (capte l'image)
Punctum proximum
Clique pour retourner
≈ 25 cm (point le plus proche net)
Presbytie
Clique pour retourner
Perte d'accommodation avec l'âge
Image objet à l'infini
Clique pour retourner
Se forme au foyer image F'
Exercice 1⭐ Facile
Source primaire ou secondaire ?
Pour chaque cas, dis si c'est une source primaire ou secondaire : (a) une bougie ; (b) un livre éclairé ; (c) une étoile ; (d) une planète ; (e) un écran de smartphone ; (f) un miroir.
  • (a) Bougie → primaire (la flamme crée la lumière)
  • (b) Livre éclairé → secondaire (réfléchit la lumière)
  • (c) Étoile → primaire
  • (d) Planète → secondaire (renvoie la lumière de son étoile)
  • (e) Écran de smartphone → primaire (les pixels créent la lumière)
  • (f) Miroir → secondaire (renvoie la lumière qu'il reçoit)
Exercice 2⭐ Facile
Vergence et distance focale
(a) Une lentille a une distance focale f' = 25 cm. Calcule sa vergence en dioptries. (b) Une lentille a une vergence C = −4,0 δ. Quelle est sa distance focale ? Cette lentille est-elle convergente ou divergente ?
  • (a) C = 1/f' = 1/0,25 = 4,0 δ (lentille convergente)
  • (b) f' = 1/C = 1/(−4,0) = −0,25 m = −25 cm → C < 0 → lentille divergente
Exercice 3⭐⭐ Moyen
Construction d'image
Une lentille convergente a une distance focale f' = 5 cm. Un objet AB de hauteur 2 cm est placé à 15 cm devant la lentille (A sur l'axe). En traçant les rayons principaux, détermine la position et la taille de l'image. Elle est réelle ou virtuelle ? Agrandie ou réduite ? Droite ou renversée ?
  • L'objet est avant le foyer F (situé à 5 cm avant O), à 15 cm de O
  • L'image AB' se forme au-delà du foyer F' (de l'autre côté de la lentille)
  • Tracé : rayon par O non dévié + rayon parallèle à Δ → passe par F' → leur intersection donne B'
  • Calcul fin (relation de conjugaison, hors programme strict mais vérifiable graphiquement) : l'image se forme à environ 7,5 cm de la lentille, hauteur ≈ 1 cm dans l'autre sens.
  • Image : réelle (formable sur écran), réduite (|γ| ≈ 0,5), renversée (γ < 0)
Exercice 4⭐⭐ Moyen
Loupe
Une loupe a une vergence C = 10 δ. Quelle est sa distance focale ? Si on place un timbre à 5 cm de la loupe, l'image obtenue est-elle agrandie et droite (donc utilisable comme loupe) ?
  • f' = 1/10 = 0,10 m = 10 cm
  • Le timbre est à 5 cm — donc entre F et O (puisque le foyer F est à 10 cm avant O)
  • Dans cette configuration, l'image est virtuelle, agrandie et droite ✅ — c'est bien le mode loupe
Exercice 5⭐⭐ Moyen
Identifier le type de lentille
Pour chaque cas, dis si la lentille est convergente ou divergente : (a) Une lunette de myope ; (b) une lunette de presbyte ; (c) une loupe ; (d) un objectif d'appareil photo qui forme une image sur un capteur.
  • (a) Lunette de myope → divergente (la myopie correspond à un œil trop convergent, on compense avec une lentille divergente)
  • (b) Lunette de presbyte → convergente (compense la perte d'accommodation)
  • (c) Loupe → convergente
  • (d) Objectif d'appareil photo → convergente (forme une image réelle sur le capteur)
Exercice 6⭐⭐ Moyen
Grandissement
Un objet de hauteur 1,5 cm donne une image de hauteur 4,5 cm dans le même sens. (a) Calcule le grandissement γ. (b) L'image est-elle réelle ou virtuelle ? Justifie.
  • (a) γ = A'B' / AB = +4,5 / +1,5 = +3,0
  • (b) γ > 0 → image et objet de même sens (droite). |γ| > 1 → image agrandie. Une image droite et agrandie est généralement virtuelle (mode loupe : objet entre F et O).
Exercice 7⭐⭐⭐ Difficile
Accommodation de l'œil
L'œil emmétrope a une distance focale au repos f'repos ≈ 17 mm (entre cristallin et rétine). Quand il regarde un objet à 25 cm (punctum proximum), à quelle distance focale doit-il accommoder ? Sa vergence augmente-t-elle ou diminue-t-elle ? De combien ?
  • Au repos : Crepos = 1/0,017 ≈ 59 δ
  • Pour voir un objet à 25 cm avec l'image qui se forme toujours à 17 mm derrière le cristallin, en utilisant la formule de conjugaison (1/f' = 1/d' − 1/d avec convention algébrique) :
  • 1/f' = 1/0,017 + 1/0,25 = 58,8 + 4,0 ≈ 62,8 δ → f' ≈ 15,9 mm
  • Variation de vergence (« accommodation ») : ΔC = 62,8 − 58,8 = ≈ 4 δ
  • La vergence du cristallin augmente d'environ 4 δ pour voir au punctum proximum.
Exercice 8⭐⭐⭐ Difficile
Mise au point d'un appareil photo
Un appareil photo a un objectif de distance focale f' = 50 mm. Le capteur est initialement placé à 50 mm de l'objectif (réglé pour photographier l'infini). Pour photographier un objet à 1,0 m, on doit déplacer l'objectif de telle sorte que l'image se reforme sur le capteur. (a) Où se forme l'image d'un objet à 1,0 m ? (b) De combien faut-il déplacer l'objectif ?
  • Formule de conjugaison : 1/d' − 1/d = 1/f' avec d = −1,0 m (objet en amont) et f' = 0,050 m
  • 1/d' = 1/f' + 1/d = 1/0,050 + 1/(−1,0) = 20 − 1,0 = 19 → d' = 1/19 ≈ 0,0526 m = 52,6 mm
  • L'image se forme à 52,6 mm de l'objectif, donc 2,6 mm derrière la position initiale du capteur
  • Pour que l'image reste sur le capteur, il faut avancer l'objectif de 2,6 mm (le capteur reste fixe). C'est la mise au point.
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Thème 3 · Chapitre 4

Signaux et capteurs électriques

Circuits · Lois · Loi d'Ohm · Caractéristiques · Capteurs résistifs

I — Les circuits électriques

1) Symboles de quelques dipôles

Symboles normalisés
Pour que chaque utilisateur comprenne l'architecture d'un circuit électrique, les dipôles sont représentés par des symboles normalisés, valables dans tous les pays.
DipôleSymbole
Piledeux barres + et −
Générateurcercle avec G
Lampecercle avec ⊗
Interrupteur ouvertlevier non fermé
Interrupteur fermélevier fermé
Diodetriangle pointant vers une barre
DEL (LED)diode + flèches lumineuses
Moteurcercle avec M
Résistancerectangle
Fil de connexiontrait simple

2) Schéma du circuit électrique

Conventions
On schématise un circuit en reliant les symboles des dipôles par des traits qui représentent les fils de connexion. Ces traits doivent être des segments de droite formant des angles droits entre eux.

3) Le montage électrique en série

a) Le circuit en série

i) Comment réaliser un circuit en boucle simple ?

Pour relier un générateur et deux lampes avec le minimum de fil, on branche les dipôles les uns à la suite des autres : ils sont montés en série.

ii) Si une lampe est dévissée : les deux lampes s'éteignent. Le circuit est ouvert, le courant ne circule plus.

iii) Récapitulatif

• Les dipôles d'un circuit en série forment une seule boucle
• Si un dipôle tombe en panne, les autres cessent de fonctionner
b) L'ordre des dipôles est-il important ?

i) Influence de l'ordre : en inversant deux dipôles dans un circuit en série, le fonctionnement reste identique.

ii) Influence du nombre : en ajoutant un dipôle (par exemple une DEL en série), les dipôles existants brillent moins fort.

Récapitulatif :
• Inverser l'ordre → fonctionnement inchangé
• Changer le nombre → fonctionnement modifié
c) Court-circuit d'un dipôle dans un circuit en série

Un fil de connexion branché aux bornes d'une lampe la « met en court-circuit » : la lampe court-circuitée s'éteint, et la lampe restante brille plus fort.

Un fil de connexion branché aux bornes d'un dipôle met celui-ci en court-circuit. Le courant emprunte le fil plutôt que le dipôle.

4) Le montage électrique en dérivation

a) Le circuit en dérivation

i) Comment réaliser deux boucles ?

Si chaque lampe est reliée directement aux bornes de la pile, on dit que les lampes sont montées en dérivation. Le circuit comporte alors 2 boucles de courant.

ii) Trois boucles : on peut alimenter séparément 3 lampes par la pile → 3 boucles indépendantes.

iii) Si une lampe est dévissée : elle s'éteint, mais l'autre continue de briller normalement (sa boucle reste fermée).

iv) Récapitulatif

• Une association en dérivation comporte plusieurs boucles contenant chacune le générateur
• Si un dipôle tombe en panne, les autres continuent de fonctionner
b) Quel est l'intérêt du branchement en dérivation ?

i) Installations domestiques : classiques en dérivation. On peut allumer indépendamment lumière de la cuisine, du couloir, du séjour, télé, ordinateur…

ii) Un interrupteur par boucle : chaque interrupteur commande l'ouverture/fermeture de sa boucle.

Avantage : chaque boucle peut être commandée séparément.
c) Le court-circuit en dérivation

Si on ajoute un fil aux bornes d'une lampe en dérivation, le fil court-circuite les deux boucles → les deux lampes s'éteignent.

Danger : le court-circuit du générateur entraîne un courant très intense, qui chauffe les conducteurs et le générateur (risque d'incendie). Pour s'en protéger, on utilise un coupe-circuit (fusible ou disjoncteur) qui ouvre le circuit.

5) L'intensité du courant électrique

a) Nature du courant dans les métaux
Un métal contient des atomes (noyaux + électrons). Parmi ses électrons, on distingue les électrons libres, qui se déplacent dans tout le métal.

• Circuit ouvert : déplacement désordonné des électrons libres
• Circuit fermé : déplacement ordonné → c'est le courant électrique
La vitesse des électrons libres en mouvement dans un circuit est de l'ordre du m·s⁻¹. Comme tous les électrons portent une charge négative −e, on les représente par le symbole e⁻.
Remarque : un matériau isolant (plastique) possède aussi des électrons, mais ils ne sont pas libres. L'isolant ne conduit pas le courant.
b) Sens de déplacement des électrons libres
Convention — Le courant électrique circule de la borne + du générateur vers la borne −, à l'extérieur du générateur. Convention décidée par André-Marie Ampère en 1820, bien avant la découverte de l'électron.
Les électrons libres se déplacent dans le sens opposé au sens conventionnel du courant : de la borne − vers la borne + à l'extérieur du générateur.

Le générateur joue le rôle d'une « pompe à électrons ».
Remarque : on mesure l'intensité avec un ampèremètre, toujours branché en série.
c) Récapitulatif
• Le courant électrique = déplacement d'ensemble des électrons libres (e⁻)
• Sens de déplacement des e⁻ opposé au sens conventionnel
• Intensité I exprimée en ampère (A)

6) La tension électrique

a) Notion

Trois générateurs peuvent avoir des potentiels différents à leurs bornes, mais la même différence de potentiel :

GénérateurPôle +Pôle −ddp
a2,0 V0 V2,0 V
b4,3 V2,3 V2,0 V
c1,7 V−0,3 V2,0 V
Les trois générateurs ont la même tension électrique.
b) Écriture d'une tension électrique
Définition — La tension est une grandeur caractérisant une différence d'état électrique entre deux points d'un circuit. Elle est représentée par une flèche.

Exemple 1 — Convention générateur :
Pour un générateur, UBA = VB − VA est représentée dans le sens du courant. S'applique à tout dipôle fonctionnant en générateur (pile, photopile…).

Exemple 2 — Convention récepteur :
Pour un récepteur, UAB = VA − VB est représentée dans le sens opposé au courant. S'applique à tout dipôle fonctionnant en récepteur (lampe, moteur…).

Remarque : on mesure la tension avec un voltmètre, toujours branché en dérivation.
c) Récapitulatif
La tension électrique est la différence de potentiel entre deux points d'un circuit, exprimée en volt (V).

II — Les lois des circuits électriques

1) Préambule

Vocabulaire
Dans un circuit, on peut identifier :
• Nœud = point de connexion entre au moins 3 fils
• Branche = portion de circuit entre deux nœuds consécutifs
• Maille = ensemble de branches formant un circuit fermé (avec ou sans générateur)
Remarque : une maille est orientée dans le sens du courant qui y circule.

2) Loi des nœuds

Conservation de la charge
Loi des nœuds — La somme des intensités des courants qui arrivent à un nœud est égale à la somme des intensités des courants qui en repartent.

Exemple : Au nœud A, le courant entrant I = 150 mA se sépare en I₁ et I₂ = 65 mA. On a I = I₁ + I₂ → I₁ = 150 − 65 = 85 mA.

Loi d'unicité de l'intensité (en série) : dans un circuit en série, il n'y a pas de nœud → le courant a la même valeur dans tout le circuit.

3) Loi des mailles

Énoncé
Loi des mailles — Dans une maille orientée, la somme des tensions le long du parcours est nulle.
Convention de signe :
• + si la flèche de tension est dans le même sens que le parcours
• − si la flèche est dans le sens opposé

Exemple : Dans une maille avec UG = 6,0 V (générateur), U1 et UR = 2,4 V (résistance), avec un moteur en série :
UG − UR − U2 = 0 → U2 = 6,0 − 2,4 = 3,6 V

Remarque : la tension aux bornes d'un fil de connexion ou d'un interrupteur fermé est nulle.

4) Loi d'Ohm

Énoncé
Loi d'Ohm — Si la tension U aux bornes d'un dipôle est proportionnelle à l'intensité I qui le traverse, alors ce dipôle est appelé résistance (ou dipôle ohmique). Il est caractérisé par sa résistance R :

U = R × I

• U en volts (V)
• R en ohms (Ω)
• I en ampères (A)

Exemple 1 : R = 10 kΩ avec U = 12,0 V → I = U/R = 12,0 / 10 000 = 1,2 × 10⁻³ A = 1,2 mA

Exemple 2 : R traversée par I = 150 mA avec U = 3,0 V → R = U/I = 3,0 / 0,150 = 20 Ω

Remarque : on mesure une résistance avec un ohmmètre, hors circuit.

5) Caractéristique d'un dipôle

Définition et types
La caractéristique d'un dipôle permet de connaître ses conditions de fonctionnement. À une valeur de U correspond une unique valeur de I, et réciproquement.
Deux représentations équivalentes :
• Caractéristique tension-intensité : U = f(I)
• Caractéristique intensité-tension : I = f(U)

Exemple 1 — Conducteur ohmique : caractéristique U = f(I) = droite passant par l'origine à température constante. Pente = R.

Exemple 2 — Lampe à incandescence (filament en tungstène) : caractéristique non linéaire car la résistance du filament augmente avec la température. Tous les fils métalliques ont une telle caractéristique si T varie. À T constante, ce sont des conducteurs ohmiques.

Exemple 3 — Générateur de tension : il possède une tension à ses bornes même sans courant : la force électromotrice (fém) notée E. Lorsque le générateur débite, U diminue : U = E − r × I où r est la résistance interne de la pile.

Exemple 4 — Diode : elle n'est passante que lorsque U dépasse un seuil (≈ 0,6 V pour une diode au silicium). Quand passante : U varie peu en fonction de I (≈ fil). Quand bloquée : ≈ interrupteur ouvert.

Remarque : la caractéristique constitue la « carte d'identité » du dipôle.

6) Point de fonctionnement

Définition
Lorsqu'un récepteur est branché aux bornes d'un générateur, le même courant I traverse les deux dipôles, et la même tension U apparaît à leurs bornes. Ces 2 conditions sont satisfaites à l'intersection des 2 caractéristiques.
Le point de fonctionnement F(UF ; IF) est le point d'intersection des caractéristiques du générateur et du récepteur branchés en série.
Remarque : les caractéristiques sont des courbes limitées. Les valeurs minimales et maximales définissent le domaine de fonctionnement. Il faut éviter de dépasser ces limites pour ne pas endommager le dipôle.
7) Récapitulatif
Dans un circuit électrique :
• Loi des nœuds pour les intensités
• Loi des mailles pour les tensions
• Loi d'Ohm qui les relie pour les dipôles ohmiques
• La caractéristique = ensemble des couples (U, I) possibles
• Le point de fonctionnement = intersection des caractéristiques de 2 dipôles en série

III — Les capteurs électriques

1) Définition et étalonnage d'un capteur

Définition
Définition — Un capteur électrique permet de convertir une grandeur physique en signal électrique.

Les capteurs sont présents dans un grand nombre d'objets du quotidien :

  • Gyroscope — orientation d'un avion ou d'un drone
  • Détecteur de mouvement — alarme ou pilotage d'éclairage
  • Télémètre laser — mesure de distance (robots aspirateurs, radars de recul)
  • Thermomètre — pilotage du chauffage
  • Anémomètre — vitesse du vent (mise en sécurité d'éoliennes ou volets roulants)
Courbe d'étalonnage — courbe donnant l'évolution de la grandeur électrique caractéristique du capteur en fonction de la grandeur physique à laquelle il est sensible.

Exemple : une thermistance est une résistance dont la valeur varie avec la température. Sur une courbe d'étalonnage, on peut lire R = 119,7 Ω lorsque θ = 20,0 °C.

2) Cas des capteurs résistifs

Principe
De nombreux capteurs sont basés sur la modification de la résistance d'un matériau en fonction de paramètres extérieurs : ce sont les capteurs résistifs.
Pour utiliser un dipôle résistif comme capteur, il faut :
• Étalonner sa résistance en fonction du paramètre mesuré
• Réaliser un circuit permettant d'obtenir une tension qui dépendra de cette résistance

Trois exemples de capteurs résistifs :

CapteurParamètreVariation RApplications
Thermistance CTNTempératureR diminue quand T augmenteThermomètre, thermostat, détecteur d'incendie
Photorésistance (LDR)ÉclairementR augmente avec la luminosité (en valeur conductrice elle augmente, mais selon le PDF: R augmente avec lumière)Allumage automatique, ouverture de portes, alarmes
Jauge de contraintePressionR augmente avec la pressionBalance électronique, capteur de déformation
3) Récapitulatif
Un capteur électrique convertit une grandeur physique d'entrée (pression, T, humidité, intensité lumineuse, masse…) en un signal électrique de sortie (numérique, analogique ou logique).

La courbe d'étalonnage représente l'évolution de la grandeur de sortie en fonction de la grandeur d'entrée.
📖 Vocabulaire essentiel
Dipôle
Composant à 2 bornes
Circuit en série
Une seule boucle
Circuit en dérivation
Plusieurs boucles indépendantes
Court-circuit
Fil de connexion aux bornes d'un dipôle
Coupe-circuit
Fusible / disjoncteur — sécurité
Électrons libres
Porteurs du courant dans les métaux
Sens conventionnel
+ → − à l'extérieur du générateur
Sens des e⁻
Opposé au sens conventionnel
Ampère (A)
Unité d'intensité I
Volt (V)
Unité de tension U
Tension U
Différence de potentiel entre 2 points
Convention générateur
Flèche de U dans le sens de I
Convention récepteur
Flèche de U opposée à I
Ampèremètre
Mesure I — branché en série
Voltmètre
Mesure U — branché en dérivation
Ohmmètre
Mesure R — hors circuit
Nœud
Point de connexion ≥ 3 fils
Branche
Portion entre 2 nœuds
Maille
Boucle fermée orientée
Loi des nœuds
ΣIentrants = ΣIsortants
Loi des mailles
ΣU = 0 dans une maille orientée
Loi d'unicité (série)
I identique partout en série
Loi d'Ohm
U = R × I
Résistance R
En ohms (Ω)
Caractéristique
Courbe U = f(I) ou I = f(U)
Conducteur ohmique
Caractéristique = droite passant par l'origine
fém E
Tension à vide d'un générateur
Résistance interne r
U = E − r × I
Diode au silicium
Seuil ≈ 0,6 V
Point de fonctionnement
Intersection de 2 caractéristiques
Capteur électrique
Convertit une grandeur physique en signal
Courbe d'étalonnage
Sortie = f(entrée)
Thermistance CTN
R diminue quand T augmente
Photorésistance LDR
R varie avec la luminosité
Jauge de contrainte
R augmente avec la pression
🗂️ Flashcards
Loi d'Ohm
Clique pour retourner
U = R × I
Loi des nœuds
Clique pour retourner
ΣIentrants = ΣIsortants
Loi des mailles
Clique pour retourner
ΣU = 0 dans une maille orientée
Sens du courant
Clique pour retourner
+ → − à l'extérieur du générateur (Ampère, 1820)
Sens des e⁻
Clique pour retourner
Opposé au sens conventionnel
Ampèremètre
Clique pour retourner
Mesure I — en série
Voltmètre
Clique pour retourner
Mesure U — en dérivation
Conducteur ohmique
Clique pour retourner
Droite passant par l'origine
fém E
Clique pour retourner
Tension à vide d'un générateur
Pile en charge
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U = E − r·I
Diode silicium — seuil
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≈ 0,6 V
Point de fonctionnement
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Intersection de 2 caractéristiques
CTN
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R diminue quand T augmente
LDR
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Photorésistance — R varie avec la luminosité
Exercice 1⭐ Facile
Loi d'Ohm — calcul direct
Une résistance R = 220 Ω est traversée par I = 50 mA. Calcule la tension à ses bornes.
  • I = 50 mA = 0,050 A
  • U = R × I = 220 × 0,050 = 11 V
Exercice 2⭐ Facile
Loi d'Ohm — calculer R
Une résistance soumise à U = 6,0 V est parcourue par I = 30 mA. Calcule sa valeur.
  • I = 30 mA = 0,030 A
  • R = U / I = 6,0 / 0,030 = 200 Ω
Exercice 3⭐⭐ Moyen
Loi des nœuds
À un nœud, le courant entrant est I = 250 mA. Il se sépare en deux branches portant respectivement I₁ = 90 mA et I₂. Calcule I₂.
  • Loi des nœuds : I = I₁ + I₂
  • I₂ = I − I₁ = 250 − 90 = 160 mA
Exercice 4⭐⭐ Moyen
Loi des mailles
Dans un circuit série, UG = 9,0 V (générateur), U1 est aux bornes d'une lampe et U2 = 3,5 V aux bornes d'une résistance. Calcule U1.
  • Loi des mailles : UG − U1 − U2 = 0
  • U1 = UG − U2 = 9,0 − 3,5 = 5,5 V
Exercice 5⭐⭐ Moyen
Pile non idéale
Une pile a une fém E = 4,5 V et une résistance interne r = 0,5 Ω. Quand elle débite I = 2,0 A, quelle est la tension à ses bornes ?
  • U = E − r × I = 4,5 − 0,5 × 2,0 = 4,5 − 1,0 = 3,5 V
  • La tension chute à cause de la résistance interne.
Exercice 6⭐⭐ Moyen
Lecture graphique
Sur la caractéristique d'un conducteur ohmique, on lit U = 8,0 V quand I = 40 mA. Calcule R et déduis la valeur de I quand U = 12 V.
  • R = U/I = 8,0 / 0,040 = 200 Ω
  • I = U/R = 12 / 200 = 0,060 A = 60 mA
Exercice 7⭐⭐⭐ Difficile
Court-circuit
Une pile de fém E = 4,5 V et r = 0,5 Ω est mise en court-circuit (R = 0 dans le circuit extérieur). Calcule l'intensité du courant. Pourquoi est-ce dangereux ?
  • Upile = E − r × I et Upile = 0 (court-circuit) → 0 = E − r × I → I = E/r
  • I = 4,5 / 0,5 = 9,0 A — courant très intense !
  • Dangereux : la pile chauffe (effet Joule), peut s'enflammer ou exploser. C'est pour ça qu'on utilise des fusibles/disjoncteurs.
Exercice 8⭐⭐⭐ Difficile
Capteur de température
Une thermistance CTN a une résistance R = 5,0 kΩ à 20 °C, R = 2,5 kΩ à 50 °C. Justifie qu'il s'agit bien d'une CTN. Si on mesure R = 3,3 kΩ, peut-on estimer la température (en supposant l'évolution linéaire entre les deux points) ?
  • CTN = Coefficient de Température Négatif → R diminue quand T augmente. Ici R passe de 5,0 à 2,5 kΩ quand T passe de 20 à 50 °C → ✅ c'est bien une CTN.
  • Linéarisation : (R − 5,0) / (T − 20) = (2,5 − 5,0) / (50 − 20) = −2,5 / 30 ≈ −0,083 kΩ/°C
  • Pour R = 3,3 kΩ : 3,3 − 5,0 = −0,083 × (T − 20) → T − 20 = 1,7 / 0,083 ≈ 20 → T ≈ 40 °C
  • Note : en réalité, la courbe d'une CTN n'est pas linéaire mais exponentielle ; ici on a fait une approximation locale.
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Active recall — Referme ton cours et essaie de reformuler l'idée avec tes propres mots. Les quiz et flashcards de ce site sont parfaits pour ça.
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Sommeil — Ne néglige jamais ton sommeil avant un DST. La consolidation mémoire se fait la nuit.
Spécifique Physique-Chimie — Refais à la main les calculs et schémas (Lewis, vecteurs forces, montages électriques). La compréhension passe par les doigts autant que par les yeux.
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