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4 objets d'étude · Textes analysés · Flashcards · Quiz · Citations clés
La littérature d'idées et la presse du XIXᵉ au XXIᵉ siècle
Argumenter · Convaincre · Persuader · Délibérer
C'est l'ensemble des textes qui débattent, argumentent, dénoncent ou défendent. L'auteur cherche à faire réfléchir le lecteur et, souvent, à modifier ses opinions ou ses pratiques.
🧠 Convaincre — raison, logique, arguments, exemples, faits, statistiques
❤️ Persuader — émotions, pathos, interpellation du lecteur, anecdotes, récit
🗣️ Délibérer — peser le pour et le contre avant de conclure
Le XIXᵉ siècle voit naître la presse moderne (quotidiens, grands formats, journalisme engagé). La loi du 29 juillet 1881 consacre la liberté de la presse en France.
• Voltaire — Traité sur la tolérance (1763), affaire Calas
• Victor Hugo — discours sur la peine de mort, l'enseignement
• Olympe de Gouges — Déclaration des droits de la femme (1791)
• Albert Camus — éditoriaux dans Combat
• Simone de Beauvoir — Le Deuxième Sexe (1949)
| Genre | Caractéristique | Exemples |
|---|---|---|
| Essai | Réflexion personnelle construite, ton libre | Montaigne, Camus |
| Pamphlet | Attaque virulente, ton polémique | Voltaire, Hugo |
| Article de presse | Info, tribune, éditorial, lettre ouverte | Zola, Clemenceau |
| Discours | Oral, destiné à convaincre un public | Hugo (Assemblée), Malraux |
| Apologue | Récit court à visée morale | La Fontaine, Voltaire (Candide) |
| Dialogue philosophique | Confrontation d'idées | Platon, Diderot |
• Argument d'autorité — appel à un expert, une figure respectée
• Argument logique — raisonnement, déduction
• Argument d'expérience — exemple vécu, anecdote
• Argument a fortiori — « à plus forte raison »
• Argument a contrario — par opposition
• Cause : car, parce que, puisque, en effet
• Conséquence : donc, par conséquent, ainsi, aussi
• Opposition : mais, cependant, pourtant, néanmoins, or
• Addition : de plus, en outre, par ailleurs
• Concession : certes… mais, il est vrai que… cependant
« Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme. Qu'on ose donc me traduire en cour d'assises et que l'enquête ait lieu au grand jour ! J'attends.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de mon profond respect. »
• Stratégie : lettre ouverte → effet public
• Registre : oratoire, polémique
• Arguments : Zola expose 8 accusations précises, chacune introduite par « J'accuse »
• Anaphore du verbe « j'accuse » pour marteler la dénonciation
« Le droit humain ne peut être fondé, dans tous les cas, que sur ce droit de nature ; et le grand principe, le principe universel de l'un et de l'autre, est, dans toute la terre : "Ne fais pas ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît." »
• Argument universel : la règle d'or morale (commune à toutes les religions)
• Structure : Voltaire énonce un principe puis cherche à démontrer sa validité universelle
• Ton : didactique, posé — contraste avec le pamphlet
« La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. »
• Parodie volontaire de la DDHC de 1789 (« L'homme naît libre… »)
• Substitution du mot « femme » pour pointer l'oubli des femmes dans la Révolution
• Olympe de Gouges sera guillotinée en 1793 — son texte est une lettre ouverte politique de première importance
« Il est absurde d'affirmer que la peine de mort protège la société. Aucun criminel n'a jamais réfléchi à une peine abstraite avant de frapper. L'histoire nous le prouve : les pays ayant aboli la peine de mort n'ont pas vu leur criminalité augmenter. »
Identifier : thèse, arguments (logique / exemple), registre.
Thèse : la peine de mort ne protège pas la société (→ il faut l'abolir).
Arguments :
- Logique / psychologique : « Aucun criminel n'a jamais réfléchi à une peine abstraite » — le passage à l'acte échappe au calcul rationnel.
- Exemple / fait : « les pays ayant aboli la peine de mort n'ont pas vu leur criminalité augmenter » — appel à l'expérience historique.
Registre : polémique (« absurde »), didactique (« l'histoire nous le prouve »).
« Quelle admirable sagesse que celle qui consiste à brûler son prochain pour la paix de son âme ! »
Quel registre ? Quel procédé est à l'œuvre ?
Registre : ironique / polémique.
Procédé : antiphrase — l'auteur dit le contraire de ce qu'il pense. « Admirable sagesse » est un faux éloge qui souligne en réalité l'absurdité et la cruauté du geste (brûler un hérétique).
L'ironie permet au locuteur de prendre ses distances avec le propos qu'il feint de défendre, et d'inviter le lecteur à la critique.
Compléter le texte avec des connecteurs appropriés (cause, conséquence, opposition) :
« L'éducation est un droit fondamental. ____, dans certains pays, des filles ne peuvent toujours pas accéder à l'école. ____ leur refuser cette possibilité constitue une atteinte majeure aux droits humains. ____, il est urgent d'agir. »
Plusieurs formulations possibles. Exemple cohérent :
« L'éducation est un droit fondamental. Cependant, dans certains pays, des filles ne peuvent toujours pas accéder à l'école. Or leur refuser cette possibilité constitue une atteinte majeure aux droits humains. Par conséquent, il est urgent d'agir. »
On peut aussi utiliser : pourtant / malheureusement (opposition), car / puisque (cause), donc / c'est pourquoi (conséquence).
Carte mentale — Littérature d'idées
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La poésie du XIXᵉ au XXIᵉ siècle — la construction d'un regard poétique
Formes · Versification · Images · Grands mouvements
La poésie est un art du langage qui joue sur les sonorités, les images et les rythmes pour susciter l'émotion et renouveler notre regard sur le monde.
• Platon — « Les pouvoirs du poète viennent des dieux. » L'inspiration (« enthousiasme » = « dieu en nous ») vient d'ailleurs.
• Shakespeare — « Tout le monde peut faire de la poésie. »
• Goethe — « Il doit y avoir une idée de transparence imaginable derrière la poésie. »
• Baudelaire — « Un poète déchiffre une idée et la traduit à sa manière dans son poème. »
🎭 Fonction cathartique — libérer les émotions
🥚 Formes hybrides — entre l'œuf et l'écrin
🖼️ Créer des images, des sons
🌍 Embellir / revisiter le monde
💭 Expression plus intime
⏳ Temporalité de l'écriture
• Les e muets comptent sauf en fin de vers ou devant voyelle
• Diérèse : on compte deux syllabes (« li-on » = 2)
• Synérèse : on compte une seule (« lion » = 1)
| Vers | Syllabes | Usage classique |
|---|---|---|
| Alexandrin | 12 | Tragédie classique, poésie noble |
| Décasyllabe | 10 | Poésie médiévale (chansons de geste) |
| Octosyllabe | 8 | Ballades, poésie lyrique |
| Hexasyllabe | 6 | Poèmes courts, légèreté |
• Suivies / plates : AABB
• Croisées : ABAB
• Embrassées : ABBA
Qualité : pauvres (1 son commun), suffisantes (2), riches (3 ou +).
| Mouvement | Période | Caractéristiques | Auteurs clés |
|---|---|---|---|
| Pléiade | XVIᵉ | Défense du français, imitation des Anciens | Ronsard, Du Bellay |
| Classicisme | XVIIᵉ | Règles, clarté, raison | La Fontaine, Boileau |
| Romantisme | 1820-1850 | Moi lyrique, nature, mélancolie | Hugo, Lamartine, Musset |
| Parnasse | 1860-1880 | « L'art pour l'art », perfection formelle | Leconte de Lisle, Heredia |
| Symbolisme | 1880-1900 | Correspondances, suggestion | Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé |
| Surréalisme | 1920-1960 | Inconscient, écriture automatique | Breton, Éluard, Aragon, Desnos |
| Contemporaine | 1950- | Libre, diverse, souvent en vers libres | Bonnefoy, Jaccottet, Réda |
• Comparaison (« X est comme Y »)
• Métaphore (comparaison sans outil : « cette faucheuse » pour la mort)
• Personnification (« le vent murmure »)
• Allégorie (incarnation d'une abstraction : la Justice aveugle)
• Métonymie (« boire un verre ») — contenant pour contenu
• Allitération — répétition d'une consonne (« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? »)
• Assonance — répétition d'une voyelle
• Paronomase — mots aux sons proches
• Enjambement — le sens déborde sur le vers suivant
• Rejet — mot court rejeté en début de vers suivant
• Contre-rejet — mot court en fin de vers appelant la suite
• Anaphore — répétition en début de vers
Une image « poétique » ne se limite pas aux mots : l'étude d'une photo, d'un tableau peut aussi révéler les procédés poétiques.
• Composition — cadrage, placement des éléments
• Unité chromatique — jeu de tonalités (ex : tonalités bleues)
• Mélange peinture-photographie — effet sfumato, flou
• Impression d'irréalité — décollement du quotidien
• Effet de présence / absence
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
• Forme : sonnet classique (2 quatrains + 2 tercets), alexandrins, rimes embrassées
• Thème : nostalgie du pays natal (Du Bellay est à Rome en 1558)
• Procédés : anaphore de « reverrai-je », hyperbole (« une province, et beaucoup davantage »), allusions mythologiques (Ulysse, Jason)
• Paradoxe : le poème chante le village en l'éloignant — seule l'absence permet de le voir
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
• Métaphore filée : la nature comme un temple, piliers = arbres, symboles = arbres encore
• Personnification de la nature qui « observe »
• Thèse symboliste : le monde sensible recèle un monde invisible, accessible au poète-déchiffreur
La Colombe poignardée et le jet d'eau (1918) — la forme du poème dessine une colombe et un jet d'eau, thèmes de guerre et de paix, en lettres épelant les mots du texte.
• La disposition visuelle participe du sens — le poème devient image
• Apollinaire innove : poésie visuelle, moderniste
• Inspiration : la guerre, dont il va mourir des suites (1918)
Analyser le premier vers des Regrets de Du Bellay : « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage ». Nombre de syllabes ? Type de vers ?
Décompte : Heu-reux / qui / com-m(e)-U-lysse / a / fait / un / beau / vo-yage.
Attention aux e muets : « comme » devant « Ulysse » voyelle : le « e » s'élide → co-m'U-lysse (2 syllabes).
1-2 (Heu-reux) 3 (qui) 4-5 (com-me) → élidé en 4 (com-m') 5 (U) 6 (lysse) 7 (a) 8 (fait) 9 (un) 10 (beau) 11-12 (vo-yage).
On a 12 syllabes. C'est un alexandrin.
« L'aube somnolente, d'un pas tranquille, poussait les étoiles vers l'ouest. » — Identifier la figure de style et son effet.
Figure : personnification. L'aube est présentée comme un être vivant (« somnolente », « d'un pas tranquille », « poussait »).
Effet : rend le paysage sensible, vivant, mystérieux ; invite le lecteur à une perception plus intime de la nature.
Un poème comprend 2 quatrains et 2 tercets en alexandrins avec rimes ABBA ABBA CCD EED. S'agit-il d'un sonnet ?
Oui, il s'agit d'un sonnet (forme classique française) :
- 14 vers (2 × 4 + 2 × 3 = 14) ✓
- Alexandrins ✓
- Schéma de rimes classique : ABBA ABBA + tercets CCD EED ✓
Note : l'autre schéma classique pour les tercets est CCD EDE. C'est un sonnet « français » ; le « pétrarquien » est ABBA ABBA CDC DCD.
Carte mentale — La poésie
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Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIᵉ siècle
Personnage · Narration · Point de vue · Grands courants
Le roman est un récit en prose racontant des événements — réels ou imaginaires — mettant en scène des personnages dans un cadre spatio-temporel. Genre long, il permet le développement psychologique des personnages et l'ampleur narrative.
🎨 Portrait physique
🧠 Portrait moral (caractère, valeurs)
🏠 Milieu social et familial
⚡ Actions et paroles
💭 Pensées et sentiments
• Moyen Âge — héros chevaleresque, vertus idéales (Tristan, Perceval)
• XVIIᵉ — héros aristocratiques, analyse psychologique fine (Princesse de Clèves)
• XVIIIᵉ — libertin, picaresque, philosophe (Candide, Valmont)
• XIXᵉ — type social, personnage réaliste ou romantique (Julien Sorel, Jean Valjean)
• XXᵉ — anti-héros, personnage en crise, sans nom parfois (Meursault, le « nouveau roman »)
| Focalisation | Principe | Effet |
|---|---|---|
| Zéro (omnisciente) | Le narrateur sait tout | Vision panoramique, jugements possibles |
| Interne | On voit par un personnage | Identification, subjectivité |
| Externe | Caméra extérieure | Mystère, objectivité, froideur |
• Sommaire — on résume rapidement
• Scène — temps réel (dialogue)
• Ellipse — saut temporel
• Pause — arrêt pour description
• Analepse — retour en arrière (flash-back)
• Prolepse — anticipation
| Type | Marque | Exemple |
|---|---|---|
| Direct | Guillemets, verbe de parole | Il dit : « Je pars. » |
| Indirect | Subordonnée, « que » | Il dit qu'il partait. |
| Indirect libre | Ni guillemets ni subordonnée | Il était bouleversé. Il partirait demain, coûte que coûte. |
| Époque | Courant | Auteurs et œuvres |
|---|---|---|
| Moyen Âge | Roman de chevalerie | Chrétien de Troyes, Yvain |
| XVIIᵉ | Roman précieux, classique | Mme de Lafayette, La Princesse de Clèves (1678) |
| XVIIIᵉ | Roman philosophique, épistolaire | Voltaire, Rousseau, Laclos (Les Liaisons dangereuses) |
| XIXᵉ | Romantisme, réalisme, naturalisme | Hugo, Stendhal, Balzac, Flaubert, Zola, Maupassant |
| XXᵉ | Proust, Nouveau roman, autofiction | Proust, Robbe-Grillet, Duras, Ernaux |
| XXIᵉ | Romans divers, récits du réel | Ernaux (Nobel 2022), Jenni, Michon |
« Nous étions à l'Étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail. »
• « Nous » initial — narrateur-témoin (étrange pour un roman qui va ensuite suivre Emma Bovary)
• Scène du « nouveau » (Charles Bovary) moqué à l'école — dès l'incipit, l'infériorité sociale se lit
• Style direct et précis de Flaubert, qui vise l'objectivité
« Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier. »
• Choc de l'incipit : annonce brutale, phrases brèves
• Indifférence apparente du narrateur — incarne l'absurde
• Focalisation interne — pensées de Meursault, anti-héros emblématique
• Passage du présent au passé — brouille du temps
« Oh ! ma pauvre Mathilde ! Mais la mienne était fausse. Elle valait au plus cinq cents francs ! »
• Chute typique de la nouvelle : révélation qui donne un sens nouveau à tout le récit
• Mathilde a passé 10 ans à rembourser une parure… qui n'était pas en diamants.
• Ironie du sort — toute l'économie narrative vise cet effet final.
« Il ouvrit la porte, regarda autour de lui. Personne. Il entra, referma doucement et sentit son cœur battre plus vite. » Quelle est la focalisation ?
Focalisation interne. Indices : « sentit son cœur battre » — on a accès aux sensations intérieures du personnage, pas seulement à ce qu'on verrait de l'extérieur.
Si c'était externe, on aurait : « Il ouvrit la porte, regarda autour de lui, entra, referma doucement. » (Pas d'accès aux sensations.)
Transformer en discours indirect : « Pierre déclara : "Je serai là demain à huit heures." »
« Pierre déclara qu'il serait là le lendemain à huit heures. »
Transformations : « je » → « il », « serai » (futur) → « serait » (conditionnel, concordance des temps), « demain » → « le lendemain ».
Un roman publié en 1880 qui décrit minutieusement le travail à la mine, avec de lourdes observations sociales et scientifiques. À quel mouvement le rattacher ?
Naturalisme. Le terme convient mieux que « réalisme » car :
- Précision scientifique et sociale (observation quasi expérimentale)
- Monde ouvrier / défavorisé privilégié
- 1880 = apogée du naturalisme (Zola, Germinal 1885)
Chef de file : Émile Zola, qui théorise le mouvement dans Le Roman expérimental.
Carte mentale — Le roman
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Le théâtre du XVIIᵉ siècle au XXIᵉ siècle
Tragédie · Comédie · Registres · Mise en scène
Le théâtre est un texte double : destiné à être lu mais surtout joué devant un public.
• Pas de narrateur
• Pas de description : tout passe par les dialogues et les didascalies
• Les personnages se révèlent par leurs paroles et actes
• L'action se déroule en temps réel dans la représentation
| Tragédie | Comédie | |
|---|---|---|
| But | Inspirer terreur et pitié (catharsis) | Faire rire pour corriger les mœurs |
| Personnages | Nobles, héros confrontés au destin | Bourgeois, valets, types sociaux |
| Registre | Tragique, noble, pathétique | Comique, bas, satirique |
| Style | Vers (alexandrin), élevé | Prose ou vers, familier |
| Fin | Malheureuse (souvent mort) | Heureuse (mariage souvent) |
| Auteurs classiques | Corneille, Racine | Molière |
⏱️ Unité d'action — une seule intrigue
📅 Unité de temps — 24 h maximum
📍 Unité de lieu — un seul décor
La vraisemblance : l'intrigue doit paraître crédible.
• Acte — grande division marquée par un changement
• Scène — sous-division marquée par l'entrée ou la sortie d'un personnage
• Réplique — prise de parole ordinaire
• Tirade — longue réplique ininterrompue
• Monologue — personnage seul parle à voix haute
• Aparté — réplique entendue par le public seul
• Stichomythie — échange rapide de répliques courtes (souvent tendu)
Le metteur en scène interprète le texte : il choisit le décor, les costumes, la lumière, le jeu des acteurs. Deux mises en scène d'une même pièce peuvent donner des interprétations radicalement différentes.
| Époque | Mouvement | Auteurs |
|---|---|---|
| XVIIᵉ | Classicisme | Corneille (Le Cid), Racine (Phèdre), Molière (Tartuffe) |
| XVIIIᵉ | Lumières, drame bourgeois | Marivaux, Beaumarchais |
| XIXᵉ | Drame romantique | Hugo (Hernani, Ruy Blas), Musset |
| XXᵉ | Théâtre de l'absurde, engagé | Beckett (En attendant Godot), Ionesco, Sartre |
| XXIᵉ | Théâtre contemporain | Koltès, Lagarce, Mouawad |
ALCESTE — Moi, je veux me fâcher, et ne veux point entendre.
PHILINTE — Dans vos brusques chagrins je ne puis vous comprendre,
Et quoique amis enfin, je suis tout des premiers…
ALCESTE — Moi, votre ami ? Rayez cela de vos papiers.
• Stichomythie : échange rapide et tendu
• Alexandrins à rimes plates — forme classique
• Alceste, le « misanthrope » : refuse la politesse des conventions sociales
• Philinte, son ami, représente le juste milieu — deux caractères opposés
PHÈDRE — […] Oui, prince, je languis, je brûle pour Thésée. Je l'aime, non point tel que l'ont vu les Enfers, Volage adorateur de mille objets divers, Qui va du dieu des morts déshonorer la couche ; Mais fidèle, mais fier, et même un peu farouche, Charmant, jeune, traînant tous les cœurs après soi, Tel qu'on dépeint nos dieux, ou tel que je vous voi.
• Phèdre avoue à Hippolyte sa passion — qu'elle prétend destinée à son mari Thésée, mais qui s'adresse en réalité au jeune homme
• Tension dramatique : elle confesse sans confesser
• Lexique de la passion : « languis », « brûle », passion brûlante venue des dieux
• « Tel que je vous voi » : aveu final, chute terrible de la tirade
VLADIMIR — Allons-y.
ESTRAGON — Allons-y.
Ils ne bougent pas.
• Théâtre de l'absurde : paroles et actes dissociés
• Didascalie (« Ils ne bougent pas ») qui contredit la parole — c'est elle qui porte le sens
• Situation figée : Godot ne vient jamais, Vladimir et Estragon attendent sans fin
• Fin de pièce (et de l'Acte I) : rupture avec toutes les conventions du théâtre classique
Une pièce en 5 actes en alexandrins, avec des héros nobles, une passion fatale et une fin tragique. Unités respectées. De quel genre s'agit-il et à quelle époque ?
Tragédie classique du XVIIᵉ siècle.
- 5 actes en alexandrins → forme canonique
- Héros nobles, passion fatale → tragédie
- Respect des trois unités → classicisme
Exemples types : Phèdre (Racine), Andromaque (Racine), Le Cid (Corneille).
« ORGON, à part : Il s'en va, et ne dit presque rien. » Quelle est la didascalie et quelle information donne-t-elle ?
La didascalie est « à part ».
Elle indique que la réplique est un aparté : Orgon parle pour lui-même et pour le public, mais les autres personnages sur scène ne l'entendent pas.
Cet aparté permet au spectateur d'accéder aux pensées intimes d'Orgon, créant un lien privilégié avec lui.
« Que je suis malheureux ! Mon cœur se déchire à chaque parole, le destin s'acharne contre moi, les dieux me haïssent ! » — Quel est le registre dominant ?
Registre tragique / pathétique.
Indices :
- Champ lexical du malheur : « malheureux », « se déchire », « haïssent »
- Référence au destin et aux dieux — soumission à une force supérieure
- Exclamations répétées, amplification — expression de la souffrance
- Grandeur du personnage face à un destin écrasant
(Le tragique mêle souvent pathétique et sublime — la grandeur dans la souffrance.)
Carte mentale — Le théâtre
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Le commentaire de texte
Méthode officielle · Lecture analytique · Plan en axes · Rédaction
Le commentaire de texte (anciennement « commentaire composé ») consiste à analyser un texte littéraire en profondeur pour rendre compte de sa lecture de façon organisée. Il s'agit de montrer comment le texte dit quelque chose et pourquoi il le dit — pas de résumer ce qu'il dit.
- Une introduction rédigée d'un seul tenant
- Un développement en 2 ou 3 axes de lecture, sous-divisés chacun en 2 ou 3 sous-parties
- Une conclusion avec bilan + ouverture
- L'accroche / la situation : on présente le texte dans son contexte (auteur, époque, mouvement, œuvre dont il est extrait).
- Présentation du texte : on décrit brièvement de quoi il parle, son genre, sa nature.
- La problématique : c'est la question centrale qui guide tout le commentaire. Elle doit ouvrir un débat ou une analyse.
- L'annonce du plan : on annonce les 2 ou 3 axes de lecture avec des connecteurs (« d'abord », « ensuite », « enfin »).
Chaque axe doit défendre une idée principale, illustrée par 2 ou 3 sous-parties. Chaque sous-partie suit la structure :
1. Tu poses ton argument (l'idée que tu défends).
2. Tu cites le texte (entre guillemets, courte).
3. Tu analyses comment ce procédé produit du sens.
Exemple :
✅ Bonne analyse : « Le poète utilise la métaphore "géant vert" pour désigner l'arbre, ce qui produit une exagération et met en valeur sa grandeur. On peut considérer qu'il s'agit aussi d'une personnification : le terme "géant" sert habituellement à désigner un être humain. L'effet produit est double : l'arbre est humanisé et grandiose, ce qui rend la description plus poétique. »
Elle se compose de 2 mouvements :
- Le bilan : on rappelle les axes développés et on répond à la problématique posée en introduction.
- L'ouverture : on élargit la réflexion (autre œuvre du même auteur, autre texte du parcours, prolongement artistique).
- Lecture(s) du texte (10-15 min) : lire au moins 2 fois, lire le paratexte (date, auteur, source).
- Analyse linéaire (40 min) : repérer les procédés au crayon, ligne par ligne.
- Problématique + plan détaillé (30 min) : grouper les remarques en 2-3 axes cohérents.
- Rédaction de l'introduction au brouillon (15 min).
- Rédaction du développement au propre (1h30 à 2h).
- Rédaction de la conclusion (10 min).
- Relecture orthographe + syntaxe (15 min).
- Saute 2 lignes après l'introduction et avant la conclusion
- Saute 1 ligne entre chaque axe
- Alinéa au début de chaque sous-partie
- Souligne les titres d'œuvres (ex : Le Rouge et le Noir)
- Les citations sont entre guillemets français « … »
- Pas de « je » : on emploie « on » ou « nous » de modestie
Pour un texte poétique : versification, rimes, sonorités, images, mouvements littéraires.
Pour un texte de théâtre : double énonciation, didascalies, registres (comique, tragique), genre (comédie, tragédie, drame), moment (exposition, dénouement).
Pour un texte de roman : narrateur, point de vue (focalisation), discours rapporté, registre, type de texte (description, narration, dialogue).
Pour un texte argumentatif : visée (convaincre, persuader, délibérer), thèse défendue, types d'arguments, registres (polémique, satirique, ironique).
La dissertation
Méthode officielle · 3 types de plan · Timing 4h · Pièges
La dissertation consiste à mener une réflexion personnelle organisée sur une question littéraire portant sur une œuvre du programme et son parcours associé.
• sa connaissance précise de l'œuvre étudiée en classe,
• sa culture littéraire et personnelle,
• les textes étudiés dans le cadre de l'objet d'étude.
- Une introduction en 4 étapes
- Un développement en 2 ou 3 grandes parties, chacune divisée en 2 ou 3 sous-parties
- Une conclusion avec bilan + ouverture
- L'accroche : une phrase d'amorce qui capte l'attention (citation, fait littéraire, contexte historique). Elle doit avoir un lien précis avec le sujet.
- Présentation du sujet : on cite le sujet (ou on le reformule) et on présente l'œuvre/le parcours.
- Problématique : la question à laquelle la dissertation va répondre. Formules utiles : « Dès lors, on peut se demander si… / en quoi… / dans quelle mesure… »
- Annonce du plan : on présente les grandes parties avec des connecteurs (« d'abord », « cependant », « finalement »).
🔷 Plan dialectique (le plus courant — Thèse / Antithèse / Synthèse) :
• Partie I — Thèse : on défend l'opinion exprimée dans le sujet.
• Partie II — Antithèse : on en montre les limites.
• Partie III — Synthèse : on dépasse la contradiction (PAS une moyenne, mais un nouveau point de vue).
🔶 Plan analytique :
• Partie I : description / présentation du phénomène
• Partie II : causes ou explications
• Partie III : conséquences ou enjeux
🟢 Plan thématique :
Chaque partie présente un aspect différent qui répond à la problématique.
Structure de chaque sous-partie :
L'exemple doit être développé : pas juste « comme dans La Princesse de Clèves », mais une scène ou un passage précis avec analyse.
- Bilan : on récapitule les jalons du raisonnement et on apporte une réponse ferme et définitive à la problématique.
- Ouverture : on élargit vers un sujet proche (autre œuvre, autre auteur, autre forme artistique).
- 10 min — Analyse du sujet : souligner les mots-clés, les définir au brouillon.
- 10 min — Trouver la problématique.
- 30 min — Mobiliser tous les arguments et exemples qui passent par la tête (style télégraphique).
- 40 min — Trier et organiser en 2-3 parties × 2-3 sous-parties.
- 20 min — Rédiger l'introduction au brouillon (point clé !).
- 10 min — Rédiger les transitions au brouillon.
- 5 min — Rédiger la conclusion au brouillon.
- 1h30 à 2h — Rédiger le développement directement au propre.
- 10-15 min — Relecture orthographe + syntaxe.
- Saute 2 lignes après l'introduction et avant la conclusion
- Saute 1 ligne entre chaque grande partie
- Alinéa au début de chaque sous-partie
- Pas de titres apparents aux parties (la structure se dégage du texte)
- Souligne les titres d'œuvres
- Pas de « je » : « on » ou « nous » de modestie
- Le devoir doit être équilibré : 3 parties de tailles comparables
- Bâcler l'analyse du sujet et se lancer directement dans la rédaction.
- Réciter le cours au lieu de répondre au sujet précis.
- Donner des exemples vagues (« comme dans Candide »). Il faut une scène ou un passage précis avec analyse.
- Faire un plan déséquilibré (une partie longue, deux parties courtes).
- Conclure trop vite, sans répondre à la problématique posée en introduction.
- Toujours rédiger l'intro et la conclusion au brouillon, puis les recopier au propre.
- Le développement peut être rédigé directement au propre si le plan détaillé est solide.
- À l'intérieur d'une partie : du plus simple au plus avancé dans l'ordre des arguments.
- Soigner les transitions : ce sont des moments-clés qui montrent la cohérence du raisonnement.
- Ne mêle pas « on » et « nous » : choisis-en un et tiens-le.
Mouvements littéraires
3 mouvements au programme · Romantisme → Réalisme/Naturalisme → Symbolisme
Le Romantisme est un vaste mouvement artistique, littéraire et intellectuel européen qui s'épanouit dans la première moitié du XIXᵉ siècle. Il privilégie l'expression des sentiments, l'exaltation du moi, la rêverie et l'imagination, en réaction contre le rationalisme classique des Lumières. L'écrivain romantique se présente comme un être sensible et inspiré, témoin de son époque et porte-voix d'une humanité tourmentée.
Le mouvement naît en Allemagne et en Angleterre à la fin du XVIIIᵉ siècle (Sturm und Drang, premiers poètes lakistes), puis s'impose en France à partir des années 1820. Il s'inscrit dans une époque de bouleversements : Révolution, Empire, chute de Napoléon (1815), Restauration, monarchie de Juillet (1830), révolution de 1848.
La bataille d'Hernani en 1830, lors de laquelle les jeunes romantiques (menés par Hugo) imposent leur drame contre les classiques, fait figure de manifeste collectif.
- Lyrisme et expression du moi — la poésie devient confidence, le « je » est central, les émotions personnelles (mélancolie, passion, désespoir) sont matière première
- La nature comme miroir de l'âme — tempêtes, lacs, ruines, clairs de lune reflètent les états intérieurs
- Goût du fantastique, du rêve et du surnaturel — revanche de l'imagination contre la raison, fascination pour le Moyen Âge et l'orientalisme
- Engagement politique et social — l'écrivain est un guide, un « mage » (Hugo) qui dénonce les injustices et célèbre la liberté des peuples
- Mélange des genres et rejet des règles classiques — abolition des trois unités au théâtre, drame mêlant le sublime et le grotesque
- Le héros solitaire et inadapté — passionné, mélancolique, en rupture avec la société (René, Lorenzaccio, Hernani)
- Victor Hugo (1802-1885) — Les Contemplations (1856), recueil-cathédrale en deux moments « Autrefois / Aujourd'hui », charnière le deuil de Léopoldine
- Alphonse de Lamartine (1790-1869) — Méditations poétiques (1820), recueil fondateur du lyrisme romantique français, contient « Le Lac »
- Alfred de Musset (1810-1857) — Lorenzaccio (1834), drame politique et étude du désenchantement post-révolutionnaire
- George Sand (1804-1876) — Indiana (1832), roman qui interroge la condition féminine et l'inégalité dans le mariage
- François-René de Chateaubriand (1768-1848) — René (1802), récit fondateur du « mal du siècle » et du héros mélancolique
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
Alphonse de Lamartine, « Le Lac », Méditations poétiques (1820)
L'apostrophe au temps personnifié — figure typiquement lyrique — exprime le désir impuissant de fixer un instant de bonheur déjà fui. Le passage de l'impératif (« suspends », « suspendez ») à l'invitation (« laissez-nous savourer ») traduit un glissement de la prière au constat élégiaque, où le poète sait sa supplique vaine. Le rythme alterné de l'alexandrin et de l'hexasyllabe imite le balancement des vagues du lac et installe une musicalité mélancolique caractéristique du lyrisme romantique : la nature devient l'écho et le complice de la peine intime.
- 1774 — Les Souffrances du jeune Werther (Goethe), premier choc européen du sentiment romantique
- 1802 — René de Chateaubriand, naissance du « mal du siècle »
- 1820 — Méditations poétiques de Lamartine, acte fondateur du romantisme français
- 25 février 1830 — Bataille d'Hernani au Théâtre-Français : victoire publique des romantiques
- 1856 — Les Contemplations, sommet du lyrisme hugolien
- vers 1850 — Le Romantisme cède progressivement la place au Réalisme et au Parnasse
Le Réalisme, qui s'épanouit dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, vise à représenter la vie quotidienne dans toutes ses dimensions, y compris les plus humbles ou les plus déplaisantes, sans idéalisation. Le Naturalisme, mené par Zola à partir des années 1870, en est le prolongement scientifique : il applique au roman les méthodes de l'observation expérimentale et veut faire de la littérature un laboratoire d'analyse sociale, en montrant comment l'hérédité et le milieu déterminent les destinées individuelles.
Ces mouvements naissent dans une France transformée par la révolution industrielle, l'exode rural et l'essor de la bourgeoisie. La défaite de 1870, la Commune de Paris (1871) et l'avènement de la IIIᵉ République nourrissent une volonté de regard lucide sur la société. Le développement des sciences (Darwin, Claude Bernard, Pasteur) et du positivisme d'Auguste Comte impose l'idée que tout phénomène — y compris humain — est observable et explicable.
- Observation minutieuse du réel — description précise des décors, objets, physionomies et classes sociales ; la documentation devient méthode (Zola enquête sur les mines avant Germinal)
- Refus de l'idéalisation — la laideur, la médiocrité, la misère ont droit de cité ; le banal devient digne de littérature
- Le déterminisme (surtout naturaliste) — le personnage est le produit de son hérédité, de son milieu social et du moment historique
- Le roman comme genre dominant — narration à la troisième personne, focalisation interne, style indirect libre (Flaubert)
- Ambition de fresque sociale — cycles romanesques qui balaient les classes (La Comédie humaine, Les Rougon-Macquart)
- Honoré de Balzac (1799-1850) — Le Père Goriot (1835), pivot de La Comédie humaine qui fait revenir les personnages d'un roman à l'autre
- Gustave Flaubert (1821-1880) — Madame Bovary (1857), enquête sur l'ennui provincial et le « bovarysme », sommet du style indirect libre
- Guy de Maupassant (1850-1893) — Bel-Ami (1885), ascension cynique d'un arriviste, peinture acide de la IIIᵉ République
- Émile Zola (1840-1902) — Germinal (1885), épopée des mineurs du Nord, manifeste du naturalisme militant
Le lendemain, à la campagne, fut une journée lugubre. Le presbytère lui sembla mesquin avec ses toitures basses, son petit jardin couvert de buis. Charles, en bras de chemise, fumait sa pipe ; Emma, sur le seuil de la porte, regardait les nuages.
Gustave Flaubert, Madame Bovary, II, 12 (1857)
L'asyndète et la sobriété descriptive — toits bas, petit jardin, buis — installent en quelques objets un univers d'étouffement provincial où l'horizon de l'héroïne se réduit aux nuages qu'elle contemple. La juxtaposition presque cruelle de Charles fumant en bras de chemise et d'Emma figée sur le seuil suffit à dire l'incompatibilité conjugale, sans qu'aucun jugement ne soit formulé : c'est l'art flaubertien de l'effacement, où le narrateur disparaît derrière une scène qui parle d'elle-même. Le souhait initial — « ne plus vivre, ou continuellement dormir » — donné en discours indirect libre, fait passer la voix d'Emma dans le récit lui-même.
- 1830 — Le Rouge et le Noir de Stendhal, prélude au réalisme par son enquête sociale
- 1842 — Avant-propos de La Comédie humaine de Balzac, manifeste programmatique
- 1857 — Madame Bovary et son procès retentissant pour outrage aux bonnes mœurs
- 1880 — Le Roman expérimental de Zola, théorisation du Naturalisme
- 1885 — Germinal, sommet du cycle des Rougon-Macquart
- 1898 — « J'accuse… ! » de Zola : l'écrivain naturaliste devient figure de l'engagement intellectuel
Le Symbolisme est un mouvement poétique qui s'épanouit en France entre 1880 et 1900, en réaction contre le Réalisme et le Parnasse. Il cherche à suggérer plutôt qu'à décrire, à évoquer le mystère du monde par la musique des mots, les correspondances entre sens et l'usage du symbole. Pour le poète symboliste, la réalité visible n'est qu'une surface : derrière les choses se cache un monde d'idées, d'émotions et d'analogies que seule la poésie peut entrevoir.
Le mouvement émerge dans la France de la fin du siècle, dans une époque marquée par le scientisme triomphant, l'industrialisation et le matérialisme bourgeois auxquels les jeunes poètes opposent une exigence d'idéal et de spiritualité. Le mot apparaît officiellement en 1886 avec le Manifeste du Symbolisme publié par Jean Moréas dans Le Figaro.
Les revues, les cafés littéraires (la Plume, le Mercure de France) et les célèbres « mardis » de Mallarmé rue de Rome structurent un milieu d'avant-garde fasciné par Wagner, les peintres préraphaélites et l'ésotérisme.
- Théorie des correspondances — le monde sensible est un réseau d'analogies (parfums, couleurs, sons) qui renvoient à un sens caché
- Suggestion plutôt que description — « Nommer un objet, c'est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème, qui est faite du bonheur de deviner peu à peu » (Mallarmé)
- Musicalité du vers — le poème vise l'effet musical avant l'effet sémantique ; Verlaine veut « de la musique avant toute chose »
- Symbole et image rare — objets et figures concrets (cygne, tour, azur, fenêtre) deviennent les emblèmes d'idées abstraites
- Vers libre et hermétisme — libération progressive de la métrique, syntaxe disloquée, vocabulaire précieux jusqu'à l'opacité voulue chez Mallarmé
- Charles Baudelaire (1821-1867) — Les Fleurs du mal (1857), recueil-matrice qui fonde le symbolisme par anticipation
- Paul Verlaine (1844-1896) — Romances sans paroles (1874), recueil de la musicalité et de l'impressionnisme poétique
- Arthur Rimbaud (1854-1891) — Illuminations (publication 1886), proses-visions qui inventent la modernité poétique avant un silence définitif à 21 ans
- Stéphane Mallarmé (1842-1898) — Poésies (1899), œuvre exigeante qui pousse la suggestion jusqu'à l'hermétisme, animateur des « mardis »
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Charles Baudelaire, « Correspondances », Les Fleurs du mal (1857)
La métaphore filée du temple-nature pose d'emblée le programme symboliste : le monde n'est pas opaque mais lisible, à condition d'en deviner les signes. L'inversion des rôles entre observateur et observé — ce sont les arbres-symboles qui regardent l'homme — renverse la vision réaliste d'une nature passive et instaure un dialogue entre l'humain et le sensible, gros de mystère. Le rythme régulier de l'alexandrin et la richesse des sonorités (allitération en « r » et « l », assonances en « i ») mettent en pratique ce que le poème énonce : le sens passe par la musique avant de passer par la raison.
- 1857 — Les Fleurs du mal de Baudelaire, matrice théorique avec « Correspondances »
- 1874 — Romances sans paroles de Verlaine, manifeste implicite du chant pur
- 1886 — Manifeste du Symbolisme de Jean Moréas dans Le Figaro : l'école se nomme
- 1886 — Publication des Illuminations de Rimbaud par Verlaine
- 1897 — Un coup de dés jamais n'abolira le hasard de Mallarmé, sommet typographique et matriciel des avant-gardes du XXᵉ siècle
Figures de style — exercices
15 phrases · Identifie la figure · Correction au clic
Pour chaque phrase, essaie d'identifier la figure de style principale parmi : métaphore, comparaison, métonymie, hyperbole, litote, oxymore, anaphore, allitération, assonance, antithèse, personnification, gradation, ellipse, chiasme, périphrase. Clique ensuite sur « Voir la correction » pour valider.
1. « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. » (Corneille, Le Cid)
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2. « Va, je ne te hais point. » (Corneille, Le Cid)
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3. « Ô temps, suspends ton vol ! » (Lamartine, « Le Lac »)
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4. « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, Andromaque)
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5. « Paris a froid, Paris a faim. » (Éluard, « Courage »)
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6. « Il versa des torrents de larmes. »
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7. « La Faucheuse l'a emporté. »
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8. « Le navire glissait, courait, volait sur les flots. »
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9. « Le ciel est, par-dessus le toit, / Si bleu, si calme ! » (Verlaine)
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10. « Boire un verre. »
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11. « Sa vie fut un long sommeil. »
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12. « Elle est belle comme le jour. »
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13. « Pierre travaille à Paris, Marie à Lyon. »
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14. « Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger. » (Molière)
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15. « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » (La Fontaine, Les Animaux malades de la peste)
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